« C’est un coup de massue » pour Suzanne Smrekar, chercheuse à la tête du programme Veritas de la NASA. Alors que le budget de la NASA pour l’année 2024 est à l’étude au Sénat, l’agence spatiale américaine est obligée de se serrer la ceinture.
Avec 3,38 milliards de dollars dédiés aux sciences planétaires, Lori Glaze, la directrice de cette section de la NASA regrette de devoir faire « des choix difficiles ». En ce qui concerne la mission Veritas, c’est la douche froide. Sur les 56,7 millions de dollars promis, seul 1,5 arrivera finalement au centre de recherche.
Une question de gros sous
Le programme va donc être abandonné, sans même que la NASA ose le reconnaître, elle qui finance toujours cette mission, sur le papier du moins. À la place l’agence américaine a mis l’accent sur des missions plus « contemporaines ». Le retour d’échantillons depuis Mars va coûter bien plus cher que prévu. La NASA a également renouvelé sa confiance en Psyche, la sonde qui doit explorer l’astéroïde du même nom avant 2030.
Lori Glaze essaye de justifier le choix de ses équipes « il n’y avait pas de bonne option », assure-t-elle. Le « retard de Veritas » n’est pas irrémédiable à ses yeux, et la mission a toujours des chances de voir le jour, dans de nombreuses années. Veritas devait initialement prendre son envol en 2027, mais un premier retard en novembre 2022 avait décalé la date de lancement à 2031. Aujourd’hui il serait plutôt question de 2035, au plus tôt.
Mettre de l’ordre dans les affaires du JPL
Mené par le JPL (un laboratoire de la NASA qui gère aussi la mission Psyche ou le rover Persévérance), la mission Veritas a été repoussée pour des questions économiques, mais aussi humaines. Les ingénieurs du JPL souffrent d’une « charge de travail sans précédent » selon un rapport externe réalisé en fin d’année 2022.
Si la mission Veritas ne consomme pas beaucoup de ressources, elle qui fonctionne avec quelques ingénieurs à peine, ces forces ont été redistribuées autrement au sein du JPL par la NASA. Le laboratoire a été touché ces derniers mois par plusieurs affaires, notamment sur les conditions de travail en interne.
Veritas : pour quoi faire ?
Initialement la mission Veritas devait permettre à la NASA de lancer une sonde en direction de notre voisine Vénus. Cette dernière serait alors capable de cartographier avec précision Vénus, donnant au passage une analyse précise de la composition des sols.
Avec cette mission la NASA ouvrait un nouveau chapitre de son histoire contrastée avec Vénus. L’agence spatiale américaine a toujours délaissé cette planète, la dernière sonde à en avoir pris la direction était Magellan, parti en 1989 de la Terre.
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