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La réponse cinglante de Google aux éditeurs de presse (était prévisible)

Les éditeurs de presse ont exigé par une directive européenne que Google paie pour faire des liens vers leurs titres. Mauvaise idée.

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Et pan sur les doigts

Les éditeurs de presse, le « droit voisin » et Google, comment dire…

Posted by Presse-citron on Monday, September 30, 2019

Parfois on se demande si les éditeurs de presse vivent sur la même planète que le reste du monde. Ou en tout cas s’ils ont seulement acquis les principes de base d’internet.

Des éditeurs de presse (généralement toujours le même bataillon regroupant une pognée de médias de l’ancien temps à la gloire passée mais toujours gavés aux subventions de l’état, gage de leur survie) ont bataillé ferme et déployé tout leur talent en lobbying pour faire passer une directive européenne, puis française, contraignant Google et autres plateformes à payer pour les extraits d’articles qu’elles publient sur leurs sites.

Concrètement, c’était un peu Facebook, mais surtout Google, via son moteur de recherche et Google Actualité, qui étaient visés. L’idée derrière tout ce pataquès (largement appuyé par un ministre certainement soucieux de se faire bien voir des puissants – hum – médias en question) : puisque les plateformes gérées par les GAFA « piquent » ou pillent leurs contenus, il faut qu’ils paient !

C’est simple, basique, et tellement évident. Google fait un lien vers ton site et le place en haut des résultats de recherche et des actualités, t’apportant des dizaines de milliers de visiteurs ? IL FAUT QU’IL PAIE.

Avant les français, les allemands et les espagnols avaient voulu jouer, ils le regrettent encore…

Malheureusement, ce que ne semblent pas avoir compris les fameux éditeurs, c’est que ça ne marche pas vraiment de cette manière. Google n’a jamais payé pour faire des liens et ne le fera probablement jamais. Ce n’est pas sa façon de fonctionner, qu’on aime ou qu’on n’aime pas. Certains s’y sont essayés avant les français, et ils l’on amèrement regretté. En 2014, le groupe de presse allemand Axel Springer avait tenté bien imprudemment de se passer des services de Google, en ne lui permettant plus de référencer gratuitement les liens vers ses articles. Bien mal lui en prit : le groupe, qui avait orienté toute sa stratégie vers le digital, vit son audience s’effondrer de presque moitié suite à la désindexation de ses contenus de Google. Inutile de dire qu’en quelques semaines une demande de réintégration fut faite. Même histoire en 2015 avec la presse espagnole, qui, à force de harcèlement, finit par conduire Google à fermer Google News, déclenchant un véritable séisme dans le pays.

Google a donc annoncé la semaine dernière, que suite à la mise en application de la directive sur les droits voisins (ce nom…), il ne paierait pas, et il pourrait faire disparaitre de ses index les sites exigeant une rétribution en échange des contenus référencés sur les plateformes, à savoir les « snippets » contenant le titre d’un article, l’extrait d’introduction (chapô en termes de presse) et une vignette image d’illustration. Google propose deux alternatives : soit que les sites demandeurs envoient un engagement de renoncement à réclamer une obole, soit que ceux-ci n’apparaissent dans le moteur de recherche et dans Google Actualités que sous la forme d’un lien brut, sans extrait, et sans image. Bon courage, les gars.

Alors bien sûr, comme l’indique très justement Seb Mayoux, un internaute en commentaire de cette vidéo, que je reprends in extenso ici : « On ne peut pas (plus) résumer les moteurs de recherches à des pourvoyeurs de trafic. Une étude récente a montré que 50% des résultats sur une SERP seulement résultaient sur un clic. Google est davantage un moteur de réponses, la position zéro et les features snippets « pompent » du contenu d’éditeurs sans leur renvoyer le moindre trafic. (par exemple, les recherches « météo » n’apportent plus aucune visite sur le site de Météo-France… Le trafic vers Wikipedia s’est aussi effondré depuis la généralisation du moteur de réponses et de la recherche vocale). »

Ce que confirme un autre internaute, avec ces arguments complémentaires : « Le problème est que Google est passé d’un moteur de recherche à un moteur de réponse, s’ils avaient fait ça dès le début personne n’aurait autorisé à se faire indexé. Aujourd’hui ils ont une position dominante, c’est la porte d’entrée du Web pour 90% des gens. C’est devenu impossible de refuser l’indexation sinon on meurt, et en étant indexé on livre notre contenu à un moteur qui fait tout pour que l’internaute trouve la réponse sans avoir à cliquer sur un lien. La seule solution serait d’interdire les moteurs de recherche de donner la réponse à la requête de l’internaute autrement que par un lien (…) »

C’est incontestable, mais la directive voulue par les éditeurs français est une mauvaise réponse à une bonne question, et montre à quel point ils méconnaissent les rouages des moteurs de recherche. Ou en tout cas ils font mine de ne pas les connaitre, car en revanche quand il s’agit de se battre pour arriver en tête des résultats ou de bien ranker dans Google Actus, ils savent très bien investir dans les techniques de SEO. Et ils savent aussi très bien blinder leurs articles – y compris ceux sous abonnement payant – de publicité.

Cette directive leur revient donc dans la figure comme un boomerang, et ce ne sont pas les imprécations d’un ministre pris au piège de sa propre vacuité qui changeront quoique ce soit. Google apporte des masses de trafic aux sites d’actualités, comme une agence de voyage apporte des clients aux compagnies aériennes et aux hôtels. A votre avis, est-ce que ces derniers demandent aux agences de payer pour chaque client apporté ? Pas vraiment. Il semble même que ce soit l’inverse. Que les éditeurs de presse s’estiment heureux…

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8 Commentaires

8 Commentaires

  1. Nawak

    1 octobre 2019 at 7 h 39 min

    Euh… Attendez c’est un journaliste ou un ado qui a écrit cette bouse à charge ? L’objectivité et la neutralité ça vous parle ? On retrouve tous les caciques d’un certain parti d’extrême droite à l’égard de la presse. Sans exception.
    Indiquez qu’il s’agit d’une tribune. Pas d’un article.
    Faites votre boulot bordel !

  2. Frousse_Wayne

    1 octobre 2019 at 8 h 59 min

    Complètement d’accord avec le commentaire de Nawak, article à charge présentant UNE opinion parmi tant d’autres sur le sujet et sans en prévenir le lecteur.
    Ton méprisant envers ses cibles et argumentation assez faible.

    Mais vous avez raison, couchez-vous devant la toute puissance de google, n’essayez surtout pas d’instaurer un rapport de force et encore moins au niveau européen. Abandonnez vos droits d’auteurs, votre indépendance, vos acquis

  3. Ilikegoogleactualité

    1 octobre 2019 at 11 h 02 min

    Désolé je suis en désaccord avec les commentaires ! Tout les articles de presse ont toujours un parti pris… L’objectivité et la presse ça fait bien deux. Google actualités est une formidable opportunité de pouvoir regrouper en fonction de nos centres d’intérêts des articles en provenance de plusieurs éditeurs.. on est automatiquement redirigé vers leurs sites et ils en bénéficient. Leurs travail est de réussir à faire souscrire des abonnements derrière. Et concernant le « moteur de réponse » il me semble que Google utilise beaucoup wikipédia pour nous répondre mais il est également un généreux donateurs. Non, Google n’est pas le mal absolu…

    • olivier demontant

      2 octobre 2019 at 9 h 33 min

      D’où on peut demander une rémunération sur des liens qui remonte dans un flux ?

      Un client RSS est bien gratuit ?

      Quand un article apporte des millions de clics et ça génère des revenus sur la pub, les abonnements, les articles payants… Ect… Le journal est bien heureux d’avoir du traffic et d’être dans les premiers résultats de recherche !

      Vous êtes tellement contre la machine Google que tout ce qu’il fait vous souhaitez donner votre avis pour protester ses décisions. Si vous n’êtes pas content de leurs services, utilisez d’autres services Web dans votre quotidien. Lâchez vos smartphones Android, n’utilisez plus Google Maps ! C’est incroyable d’être aussi partagé sur des services qui ne sont même pas payant.

      La presse se gavent bien assez avec une TVa à 2.10% pour commencer puis avec les acquis fiscales des journaliste. Si demain la presse française disparaît des flux d’actualités… Vous allez vous cantonner à 2/3 sites… Ça va etre compliqué pour vous d’aller sur tous les anciens sites de votre flux !

  4. pomme10

    1 octobre 2019 at 14 h 13 min

    Tiens, je ne savais pas qu’on prenait un parti pris sur presse-citron. Vous êtes pas censés seulement relater les faits en tant que journaliste?
    Effectivement, il s’agit plutôt d’une tribune qu’un article lambda, il faudrait créer une catégorie spéciale et l’afficher clairement.
    Je suis complètement esclave de l’écosystème Google, je ne sais pas si cette directive va changer quelque chose mais il est sûr que le moteur de réponse ne peut pas tout simplement citer des sites (les résultats météo par ex) sans donner un peu aux personnes qui passent leur temps à créer du contenu valorisant. D’ailleurs, presse-citron, vous aussi à un moment, vos lecteurs vont diminuez si tout le contenu des articles est sur Google…

  5. Pierre

    1 octobre 2019 at 16 h 19 min

    Quel tissu d’âneries…

    Ce n’est pas le fait que Google fasse apparaître les articles de presse dans les résultats de ses recherches que à presse conteste, c’est que Google Actualités permette de lire ces articles sans se rendre sur le site de l’organisme de presse concerné, et capte donc le trafic auquel l’organe de presse aurait pu légitimement prétendre, fruit du travail de ses journalistes.

    Cet article écrit avec les pieds témoigne d’ailleurs d’un problème plus large : le contenu journalistique N’EST PAS un contenu comme un autre. Il est encadré par des règles d’éthique et de bonne pratique, et il est produit par des professionnels formés pour cela. Ce qui implique d’eux choses : la première est qu’on ne peut pas en faire ce qu’on veut et le monétiser sans rétribuer ces professionnels. La deuxième, au moins aussi importante, est qu’on ne peut pas prétendre produire du contenu journalistique quand on est un simple rédacteur de contenu web, et qu’on a pas professionnellement enquêté sur le sujet qu’on traite. Ce qui est manifestement le cas de l’auteur de ces lignes parfaitement INDIGENTES, dont la prose m’a convaincu d’une chose : Presse-citron, pour moi, c’est terminé.

  6. Yann Luxo

    1 octobre 2019 at 19 h 37 min

    C’est un éditorial, le parti pris est normal. Par contre le tag #editodulundi n’est pas très visible.

    Pour le reste, l’article est juste, logique et factuel. La vérité blesse, et la haine des GAFA de certains leur a ôté toute raison dans cette pseudo bataille qui frise l’absurdité…

  7. Xld

    2 octobre 2019 at 13 h 50 min

    En regardant le niveau de certains commentaires, c’est l’expression de l’ancien monde et de celui des dinosaures, tel que notre bonne vieille presse subventionné. Je vois pas pourquoi je paierai un droit d’auteur pour faire un relink sur un blog d’un article de presse et pourquoi ce serait différent pour Google ? Allons nous atteindre l’ère du socialisme aggregator ? J’espère que non, car c’est ne pas comprendre les fondamentaux du fonctionnement d’Internet. Google est un moteur de recherche, le fait qu’il indexe et agrégue des contenus, c’est ce qu’on attend de lui. L’éventuel danger selon moi, et qui commence déjà à se produire, c’est que Google devienne un moteur de réponse en nous donnant directement le résultat que nous attendons à partir du contenu d’un site sans même que nous soyons obligés de le visiter et donc de détruire ainsi son audience.

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