[La Start-Up française de la Semaine] : Gostai

Des robots qui permettent de la téléprésence que ce soit pour travailler en télétravail avec un système mobile de téléconférence ou pour réaliser de la télésurveillance ou télémédecine.

Cet article fait partie d’un nouveau rendez-vous hebdomadaire sur Presse-Citron. Une nouvelle start-up française vous sera présentée chaque semaine : le Jeudi à 11h.

Le mois de Mars sera consacré aux start-ups qui se sont spécialisées dans le hardware et la création de matériel électronique.

A la fin du mois, les lecteurs de Presse-Citron seront amenés à voter pour l’une des 4 start-up présentées et élire la Start-Up du mois.

Que fait Gostai ?

Des robots qui permettent de la téléprésence que ce soit pour travailler en télétravail avec un système mobile de téléconférence ou pour réaliser de la télésurveillance ou télémédecine.

Les robots sont donc parmi nous, mais ils ne ressemblent pas exactement à ce que nous pouvions l’imaginer au regard des films de science-fiction à la I, Robot. Les robots de Gostai, et notamment le dernier né «Jazz», s’apparentent davantage à l’étrange union entre R2D2 et un aspirateur balai.

Concrètement, vous contrôlerez très simplement le robot depuis une interface web. Cliquez à droite ou à gauche sur l’image et la tête du robot pivotera pour vous permettre de balayer du regard l’environnement où se trouve le Jazz. Double-cliquez sur un point du sol pour le faire se déplacer jusque là.

Gostai imagine le Jazz comme un nouvel outil de communication qui va vous permettre d’éviter un voyage inutile ou plutôt de voyager plus, selon l’angle que vous adoptez. Il veut vous permettre d’être un acteur à distance avec un impact beaucoup plus fort qu’au travers d’un système comme Skype par exemple, puis psychologiquement parlant, votre interlocuteur vous sentira davantage présent que si vous apparaissiez simplement sur son écran d’ordinateur.

De plus, vous n’avez pas besoin d’avoir un interlocuteur pour utiliser le Gostai puisque votre interlocuteur peut aussi bien être votre environnement.

Mais si ces robots sont la partie visible de cet iceberg robotique, Gostai a une importante activité softwaire puisqu’ils sont avant tout les créateurs d’Urbi, un système d’exploitation Open Source qui vise à rendre tous les robots compatibles.

Qui est derrière Gostai ?

Jean-Christophe Baillie n’est pas exactement un passionné de science-fiction. Il n’est pas contre le visionnage d’un bon film de SF, mais il ne faut pas l’imaginer à lire Asimov pendant son adolescence, rêvant à des robots humanoïdes.

Il faut plutôt imaginer Jean-Christophe dans un laboratoire de recherche fondamentale chez Sony CSL (Computer Science Laboratory) à mettre en place une expérimentation avec 2 robots qui vont construire un langage pour décrire ce qu’ils voient (avec la création de notions de couleur, de haut-dessus, en-dessous, etc.) avec quelque chose de très proche du développement du langage humain au final.

A l’origine, Jean-Christophe Baillie est un passionné de physique théorique. Il avait pourtant conscience que les découvertes possibles à réaliser dans ce domaine restaient très restreintes. C’est pourquoi il décida de s’intéresser à l’Intelligence Artificielle qui lui semblait être un domaine avec énormément plus de potentiel.

Et pour faire avancer ce domaine de l’IA, il avait besoin de robots. C’est à ce moment là qu’il commença à développer Urbi, cet OS qui allait être à l’origine de tout ce que Gostai a pu réaliser par la suite.

Pour le futur, Jean-Christophe se voit créer des machines qui seront vierges de connaissance et qui vont ensuite apprendre, avec un système plus proche de l’instruction que de la programmation. On pourrait ainsi livrer ce robot dans une famille japonaise ou allemande et lui apprendre différemment.

Pour un créateur de robots, le fondateur de Gostai sait se montrer très terre à terre. Il sait déjà que nous ne verrons pas de robots-majordomes avant très longtemps. Jean-Christophe Baillie se montre ainsi très réaliste, avec la conscience que pour faire avancer les recherches dans le domaine de l’intelligence artificielle, il faut d’abord que les robots soient une réalité économique viable.

C’est pourquoi Gostai réalise des produits robotiques relativement simples pour les vendre sur un marché bien ciblé qui en a les moyens, et avec l’argent de ces ventes, ils investissent pour réaliser des robots plus perfectionnés et plus autonomes.

Les robots sont parmi nous, mais C3PO reste dans une galaxie lointaine, très lointaine…

Carte d’identité

Nom : Gostai

Date de lancement : Mars 2006

Lieu des bureaux : Paris 13ème

Nombre d’employés : 15

Modèle économique : la vente de leurs «outils de téléprésence» (comprenez robots), et la vente de leurs services à toutes les entreprises robotiques qui auraient besoin de support ou d’aide concernant notamment la partie logicielle.

Anecdotes :

  • Le nom Gostai a été choisi (outre pour sa disponibilité en .com) à cause du manga Ghost in the Shell. Le «h» de Ghost a été retiré pour que le nom ne ressemble pas trop à fantôme et les deux dernières lettres de Gostai sont tout simplement le AI de Artificial Intelligence. L’idée sous-jacente était de mettre un fantôme, ou plus précisément une âme, dans l’intelligence artificielle.
  • Vous connaissez peut être Jean-Michel Billaut, pionnier de l’internet français. A mobilité réduite suite à une lourde opération, il voyait ses chances de participer à l’événement LeWeb’11 très réduites également. Il s’est vu offrir un corps d’emprunt par Gostai, ce qui lui a permis de déambuler à LeWeb sans quitter son salon. Son visage apparaissait sur le petit écran présent sur la tête du robot et il pouvait ainsi dialoguer avec de vieilles connaissances ou en faire de nouvelles.

Points forts :

  • Un véritable pionnier dans son domaine qui fait véritablement avancer le monde de l’intelligence artificielle et de la robotique
  • Une approche très réaliste avec une stratégie sur le long terme
  • Leur système d’exploitation Urbi qui veut permettre la compatibilité future des différents robots mis sur le marché

Points faibles :

  • Produit inaccessible pour le grand public et pour une grande majorité d’entreprises à cause de son prix tournant entre 6000 & 8000€


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13 commentaires

  1. Pingback: digital homing | Pearltrees

  2. Impressionant ce petit robot ! Espérons que d’ici quelques années nous pourrons voir une généralisation de ces machines à des couts plus résonables pour les grand public que 6000 à 8000 € !

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  4. @Rencontre j’espère bien oui !
    Je ne suis pas aussi réservé concernant la disponibilité « prochaine » (< 5 ans) de robots domestiques à un prix accessible (<1000 euros).
    Certes probablement réduit en compétences et autonomie (un peu mieux que les Roomba quand même hein !) dans un premier temps mais une fois le grand public touché ce n'est qu'une question de cycle, d'implémentation de consommation de masse et de baisse de prix ? non ? 🙂

  5. Pingback: WeekLette : Gazette de la semaine [09/03/2012]

  6. 8000€ pour faire de la téléprésence pour un outil non scalable, developpé sur une technologie qui s’eteindra en meme temps que la boite et non integré aux outils de communication existants de l’entreprise j’ai du mal à voir un grand avenir pour Gostai dans l’état actuel des choses. J’espere qu’ils sauront prendre le bon pivot pour continuer à avancer dans ce domaine passionant qu’est la robotique.

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  10. Excellent comme idée de startup.
    Je viens juste de m’en aprecevoir, et l’article date quand même un peu.

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