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La Sécurité sociale commence à rembourser une invention française récompensée au concours Lépine

C’est une victoire majeure pour l’innovation « Made in France » et, surtout, pour la mobilité inclusive. Désormais, le système de freinage Dreeft, conçu par la pépite lilloise EPPUR, intègre officiellement la Liste des Produits et Prestations Remboursables (LPPR) : elle intégralement prise en charge par l’Assurance Maladie.

Pendant des décennies, freiner ou ralentir un fauteuil roulant manuellement s’est avéré un calvaire. Car la seule solution consistait à serrer les mains courantes à mains nues, entraînant brûlures, plaies et, à long terme, de graves troubles musculosquelettiques (TMS).

Le système Dreeft a radicalement changé la donne. En s’inspirant du mécanisme de rétropédalage des bicyclettes, les ingénieurs Colin Gallois et Lancelot Durand ont créé un moyeu capable de freiner par une simple pression vers l’arrière. Leur dispositif garantit une réduction de l’effort de 80 % et un contrôle millimétré, même en descente ou sous la pluie.

« En supprimant le risque de blessures liées au freinage, Dreeft offre une tranquillité d’esprit aux utilisateurs de fauteuil roulant et limite le recours à l’aide d’autrui », étaye la jeune pousse.

uppur dreeft lepine 2023
© EPPUR

Du concours Lépine à la reconnaissance médicale

Si le grand public a découvert cette invention en 2023, lorsqu’elle a reçu le prestigieux Prix du Président de la République au concours Lépine, le passage de « gadget ingénieux » à « dispositif médical remboursé » a nécessité un marathon administratif et scientifique.

Pour convaincre les autorités de santé, la start-up a dû passer par une étude clinique rigoureuse en 2024. Et les résultats ont été sans appel, prouvant une amélioration nette de la qualité de vie des patients. La Haute Autorité de Santé (HAS) a ainsi accordé un niveau de service élevé (ASA III), reconnaissant l’utilité publique du produit. « On a prouvé que ce n’était pas un simple gadget, on a réussi notre mission », confie Colin Gallois au journal Le Télégramme.

Dreeft Medecine
© EPPUR

Un enjeu d’accessibilité universelle

Jusqu’ici, le prix de 2 000 euros la paire de roues constituait un frein financier infranchissable pour beaucoup, malgré le soutien ponctuel de certaines Maisons Départementales des Personnes Handicapées (MDPH). Cette barrière tombe enfin. « On a compris que l’accessibilité d’un produit comme celui-là passerait par le remboursement », souligne l’ingénieur, précisant qu’il était impensable de laisser un tel reste à charge aux utilisateurs. Le système est remboursé à 100 % par la Sécurité sociale sur prescription médicale.

Aujourd’hui assemblées dans les ateliers de Decathlon à Lille, les roues Dreeft s’apprêtent à passer à l’échelle industrielle pour répondre à une demande qui s’annonce massive. 400 000 personnes sont potentiellement concernées en France.

EPPUR entend désormais dupliquer ce modèle social à l’international. « C’est un rêve qui devient réalité, c’est historique », conclut Colin Gallois dans les colonnes du quotidien breton.

  • À compter de ce 28 avril 2026, le système de freinage Dreeft est pris en charge à 100 % par la Sécurité sociale sur prescription médicale.
  • La technologie par rétropédalage divise l’effort par cinq et élimine les brûlures ainsi que les risques de troubles musculosquelettiques aux épaules et aux bras.
  • Initialement primée au concours Lépine 2023, cette invention française est désormais reconnue comme un dispositif médical d’intérêt de santé publique.

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Par : Gouvernement français
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