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La stratégie des voitures toujours plus coûteuses : une voie sans issue ?

L’industrie automobile se dirigerait-elle droit dans le mur en pratiquant une augmentation constante des tarifs des véhicules neufs ?

Cela n’a échappé à personne, le secteur automobile est depuis quelques années en roue libre au niveau des prix des véhicules neufs. Les prix explosent, l’accès aux voitures diminue pour les clients et pourtant, les grands constructeurs maintiennent des marges assez confortables. Cette situation, provoquée par des facteurs multiples, frustre nécessairement les consommateurs. D’où la nécessité de s’interroger sur la viabilité de cette stratégie d’augmentation exponentielle au long terme.

Une inflation très lourde à soutenir

8 % : voilà la hausse de prix moyenne des modèles de véhicules neufs rien qu’au premier semestre 2023. Les constructeurs ont toujours de quoi se justifier, comme Renault ou Stellantis qui invoquent la croissance des coûts des matières premières et de l’énergie. Parallèlement à cela, leurs bénéfices restent tout de même considérables. Des excuses qui ne passent pas forcément auprès de tout le monde.

Cet écart entre le discours officiel et les rendements des constructeurs qui se maintiennent est un vecteur de tension. Consommateurs, fournisseurs ou salariés, la pilule a du mal à être avalée sereinement.

La situation post-COVID, notamment la pénurie de semi-conducteurs, reste encore dans les mémoires et a largement amplifié cette tendance à l’augmentation tarifaire. Une situation qui a poussé les constructeurs à majorer davantage leurs prix. Si les gains financiers étaient partagés équitablement, cette situation pourrait s’entendre, mais c’est loin d’être le cas. Le mécontentement des équipementiers automobiles atteint des sommets, eux-mêmes ne profitant pas de l’effet de ruissellement.

L’électrification : un catalyseur de cette inflation ?

Parmi les facteurs de cette inflation galopante, l’essor des véhicules électriques est un élément déterminant. Fabriquer une voiture électrique est plus cher qu’un simple véhicule thermique. Leur conception fait appel à des composants de plus en plus complexes, étirant ainsi la liste des fabricants et des chaînes de production. La parfaite équation pour que les prix s’envolent davantage.

Une compétition qui se fait de plus en plus rude, entre Tesla, l’arrivée récente de firmes chinoises très sérieuses et les constructeurs automobiles historiques du Vieux Continent. Ces derniers vont devoir redoubler d’effort pour rester compétitifs face à des concurrents toujours plus agressifs.

La stratégie de certains constructeurs européens est également questionnée par certains experts du secteur : pourquoi vouloir proposer des véhicules électriques toujours plus autonomes, plus puissants, et donc dotées de batteries lourdes et onéreuses ? Face à ça, la demande des consommateurs est plutôt claire : les véhicules électriques doivent proposer une autonomie plus élevée pour être intéressants à l’achat. C’est un peu le serpent qui se mord la queue, et les constructeurs doivent faire face à cette contradiction.

Le véhicule abordable, populaire est-il amené à disparaître ? Si certains industriels, comme Renault et Citröen travaillent sur des modèles accessibles (C3 électrique à 25 000 euros et R5), rien n’est certain à l’avenir. L’époque des 4L, 205 ou Clio à prix normaux est belle est bien révolue ; peut-être faudra-t-il se faire à la multiplication des véhicules low cost étrangers sur nos routes dans un futur proche.

  • Le prix des véhicules neufs a explosé ces dernières années.
  • Un phénomène qui s’est accéléré après la pénurie des semi-conducteurs.
  • La promotion des véhicules électriques est un élément clé dans la compréhension de ce phénomène.

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3 commentaires
3 commentaires
  1. il faut également regarder les choses en face. En plus d’atteindre des prix délirants, ces voitures non plus leur place en France, pays en voie de tiers mondialisation. Pas pour rien si Dacia est numéro 1 des ventes.

    1. Tout a fait d’accord avec ton commentaire mais les constructeurs ne voudront jamais balancer leurs marges actuelles sur les voitures en général (thermique et hybride et électrique).Les constructeurs ont délibérément fait augmenter leurs prix et peu importe si ils vendent moins, puisque moins de production, moins de salarié a payer, plus de marge.En plus ils suppriment tous les modèles d’accès progressivement et les citadines, tout pour faire augmenter le prix de base.Et pour finir, les constructeurs ont masqué ou dilué leurs augmentations de prix avec les LOA, LLD (location crédit) et la prix a la casse jusqu’a ce que ses mêmes offres augmentent tellement que le client a fini par le comprendre a force et ne peux plus suivre pour beaucoup.Les constructeurs ont toujours dit que les voitures électriques couteraient le même prix que les thermiques, mais le seul moyen d’y arriver était d’augmenter le prix des modèles thermiques.A oui 25000 euros une citadine électrique abordable dixit l’article, mais c’est complètement fou et 20000 euros pour une citadine thermique de base en motorisation c’est aussi dingue, on y arrive voir on le dépasse a force.Mais que faut il faire pour arrêter d’aller dans le mur, comme disait coluche, il suffirait juste de ne pas acheter et faire blocus complet, mais on en est pas encore la, parait il…me dit on a l’oreille.Donc pour l’instant la seule manière de faire pour ceux qui n’ont pas,le choix est de garder son vehicule le plus longtemps possible.

  2. Vous oubliez le malus sur le CO2 qui va baisser à 118 CO2 à un malus de 50€ jusqu’à au-delà de 194 CO2 avec malus max de 60 000 € au lieu de 50 000 €

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