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L’alternative européenne au soja vient d’un champignon

Le soja reste un gouffre écologique en Europe. Une solution finlandaise dérivée du champignon a des chances de nous en faire sortir.

La Finlande pourrait bientôt offrir à l’Europe une porte de sortie au soja. Cette alternative à la viande, pour continuer à consommer des protéines, et aussi et surtout un des aliments les plus importants dans l’élevage animal. Particulièrement dans l’aquacole si l’on regarde en Europe, autrement dit l’élevage de poisson. Malgré tout, il reste un véritable gouffre écologique au regard de son impact carbone, dû à l’importation massive de la plante en provenance du Brésil.

Dans le pays d’Europe du Nord, une startup du nom d’eniferBio vient de lever 11 millions d’euros pour poursuivre le développement de son procédé de production de mycoprotéine appelée Pekilo. La biomasse cellulaire est dérivée du champignon. Malgré sa présentation loin d’être attrayante, elle peut comprendre jusqu’à 70 % de protéine, 20 à 30 % de fibre de bonne qualité et environ 10 % de graisse et de minéraux. Qui plus est, la Pekilo est particulièrement riche en Vitamine B.

Qui est eniferBio ? Sur son site, la startup explique être née en 2020 de l’idée de cinq scientifiques, inspirés par un procédé “oublié depuis longtemps”, particulièrement utilisé par le passé dans l’industrie forestière. “Passionnés de champignons”, ces scientifiques “ont vu une occasion unique de transformer une innovation oubliée en une source future de l’alimentation durable pour des millions de personnes”, ajoutaient-ils sur leur site.

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© EniferBio

Le problème du soja en Europe

Le soja, en plus de continuer à polluer en vue des importations, demande davantage d’eau pour sa production que la nouvelle mycoprotéine Pekilo. Sous la forme d’aliments pour les poissons d’élevage, il pose aussi problème tant certaines espèces de poisson peuvent en avoir des lésions intestinales lorsqu’ils le digèrent. Pas de quoi redorer l’image de la première culture en termes de volumes de protéine à l’hectare, et dont la production doit doubler d’ici 2050 pour pouvoir suivre la demande.

Habituellement, c’est du côté des porcs et des poulets que le soja est la plupart du temps consommé. Mais en Norvège par exemple, l’élevage de poisson a rapidement fait augmenter la demande européenne en soja brésilien. Selon les chiffres de Statista, la consommation aquacole en 2021 a atteint 160 millions de tonnes métriques et la part de poisson d’élevage est passée au-dessus de celle des poissons sauvages. En même temps, le Brésil produisait 152 millions de tonnes de soja.

À l’avenir, ce seront aussi les entreprises de l’alimentation des animaux de compagnie qui seront fournies en Pekilo. La startup finlandaise eniferBio a levé 12 millions d’euros depuis son lancement chez l’incubateur VTT en Finlande, et dit avoir signé des contrats avec différents gros clients de l’alimentation animale. Sur place, un partenariat a aussi été signé avec Valio, très connu du marché finlandais, mais aussi à l’international pour son poids dans les produits laitiers.

L’argent frais levé permettra à eniferBio de lancer de nouvelles chaînes de production de son alternative au soja et obtenir des autorisations de commercialisation à plus grande échelle.

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3 commentaires
3 commentaires
  1. C’est bien sympa, mais ça ne remet pas en question le problème principal : l’agriculture intensive !
    Donc, cette alternative sera bien inutile à moyen et long terme…

  2. Si on parle de pollution, le problème n’est pas le soja, mais l’élevage. C’est l’élevage qui pollue le plus, pour un rendement tout à fait dérisoire. Si l’humanité mangeait du soja plutôt que de la chaire animale, nous aurions besoin de beaucoup moins d’espaces cultivés, et des milliards d’animaux ne seraient pas envoyés à la mort inutilement.

    1. Bien dit Nausikaa,
      C’est exactement ça le problème, en moyenne 7 protéines végétales sont nécessaire pour produire 1 protéine animale.
      Et c’est sans compter l’eau, la production massive de CO2, les conséquences style algues vertes, pollution des sols, etc… créé par l’élevage.
      Et sans compté le pire du pire, on sait que les animaux consommés par l’humain sont dotés de sentiments, d’un système social et souvent de communication complexe, mais on continue à en tuer 1380 milliard par an … c’est juste hallucinant.
      Et après on vient nous dire que le problème c’est la production de soja, mais quelle bêtise.

Les commentaires sont fermés.