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L’ancien PDG de Devialet lance Greenback, une agence de notation pour les terres agricoles

Et si la protection de l’environnement pouvait être mise en œuvre avec des outils du monde de la finance ?

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Greenback
© Bruno /Germany / Pixabay

Depuis qu’il s’est mis au vert en Normandie après avoir quitté son poste de PDG de l’entreprise Devialet en 2018, Quentin Sannié a continué à developper des projets. Le dernier en date : lancer une startup capable sur le même modèle qu’une agence de notation, d’évaluer la qualité des terres agricoles.

Le cofondateur de cette jeune pousse dénommée Greenback fait part de ses inquiétudes et constate que plus de la moitié des terres agricoles sont aujourd’hui abîmées par les différents traitements qui leur sont réservés.

«[…] Le sol n’est pas un simple support de la plante c’est un espace biologique, pas que physico-chimique. Or, on a nié cette réalité-là. Les rendements agricoles commencent à décroître, la moitié des terres agricoles mondiales sont abîmées ou très abîmées» déclare Quentin Sannié. Un constat qui prend toute sa dimension quand on sait que 95% de la nourriture mondiale provient de la terre, le restant provenant de la mer.

Une notation mêlant les prélèvements des sols avec des métadonnées

Afin de sensibiliser les acteurs du secteur, il a choisi de développer depuis deux ans un outil d’évaluation. Au croisement de l’agence de notation et de l’entreprise de diagnostics techniques très connue du monde immobilier, il met au point depuis 2 ans sa méthodologie avec des laboratoires européens et américains.

C’est ainsi que 200 critères ont été retenus pour déterminer une note. Le projet n’est qu’en phase pilote actuellement, mais est déjà présent aux États-Unis, en Europe et en Afrique.

La méthodologie employée permet de compiler de la data (bases de données agricoles, environnementales, relevés satellites, bases de données topographiques, etc.) avec l’analyse de prélèvements sur place qui permettent de déterminer la teneur en pollution, la réserve carbone, mais également la biodiversité, la présence de bactéries et de champignons qui contribuent à la fertilité d’une terre.

Le but : aider les acteurs pour la prise de décision en leur donnant des informations fiables sur la santé d’une terre. Ils pourront ainsi adapter le choix des cultures et des produits utilisés. Cela permettra aussi de remettre l’agriculteur au cœur du système, et de lui offrir la possibilité de s’émanciper de la toute-puissance des industries.

Parler le même langage que les acteurs du système économique en alliant les données environnementales avec les outils des traders, c’est faire avancer les choses sans attendre les décisions politiques qui risquent de prendre du temps. Prendre le contrepied, et avoir une vision business et pragmatique tout en se préoccupant de la problématique environnementale permet de contribuer à changer les choses.

La force de cet outil c’est aussi son côté universel. Plusieurs indicateurs sont compilés dans une seule et même notation. En termes de communication c’est facile à comprendre. Cela pourra évidemment avoir un impact sur la valeur de la terre agricole.

Actuellement la jeune société compte un effectif de 10 personnes dont 4 s’occupent exclusivement de la science des sols et 3 s’occupent de l’analyse des données.

Les diagnostics pourront intervenir selon les besoins du client, soit de façon ponctuelle, lors d’une vente, d’une location, d’un apport en société, soit à intervalles réguliers afin d’avoir une vision d’ensemble au plus juste et pouvoir adapter régulièrement la stratégie de culture de la terre.

Cet outil peut potentiellement intéresser d’autres acteurs comme les industriels de l’agroalimentaire et du textile, les assureurs, les banques qui financent des projets, mais également le consommateur final. Greenback n’en est qu’à ses débuts et Quentin Sannié espère faire une première levée de fonds d’ici un an.

Nous avons pu observer récemment la croissance folle des heathteh, mais d’après le baromètre Cleantechs de France Invest, les agritech connaissent elles aussi l’une des croissances les plus fortes de ces dernières années. En 2019, elles constituaient même le deuxième secteur le plus attractif pour les investisseurs avec 257 millions d’euros investis dans 22 startups.

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1 commentaire

1 Commentaire

  1. Patrick BIESSY

    7 juillet 2020 at 13 h 52 min

    Nul doute que l’agriculture de demain devra puiser dans les meilleurs exemples de l’industrie pour rendre durable le futur modèle. La culture pleine terre est à réserver à qq productions et le consommateur doit être raisonnée, un légume hydroponique qui consomme jusqu’à 100 fois moins d’eau et qui à pousser sans pesticide avec bien souvent le même voire moindre niveau d’apport pour fournir à la plante les nutriments nécessaires est bien souvent une solution indispensable pour nourrir correctement la population et le bio ne saura pas assurer cette fonction dans son entièreté.
    Mieux vaut une salade hydroponique française qu’une salade bio de la banlieue de Rouen, proche des usines Lubrizol (ceci sans parler des cahiers des charges bio tellement différents selon les pays européens…)

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