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Startups : la croissance record des healthtech

Longtemps mises de côté par les investisseurs, les « healthtech » ont connu une croissance fulgurante marquée par une collecte de fonds record pour le premier trimestre 2020.

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© Gerd Altmann /Pixabay

Les healthtech ont le vent en poupe ces derniers mois. Avec une collecte de fonds record pour le premier trimestre 2020 s’élevant à 8,2 milliards de dollars à travers le monde, on observe une augmentation 76% comparée au premier trimestre 2019.

Même si les investisseurs se sont montrés plus frileux de manière générale avec la crise sanitaire pour soutenir les jeunes pousses, ce constat ne semble effectivement pas s’appliquer aux startups spécialisées dans le domaine de la santé. C’est même l’inverse qui s’est produit. Il n’est finalement pas si étonnant que ces entreprises soient celles qui arrivent à tirer leur épingle du jeu en cette période économique très compliquée liée à une pandémie.

Quelques exemples de startups françaises confirment d’ailleurs cette tendance. C’est notamment le cas avec Owkin, spécialisée dans l’analyse de data médicale qui a levé 22,2 millions d’euros en mai dernier et Alan, la plateforme de complémentaire santé qui a réussi à gagner la confiance des investisseurs au mois d’avril dernier à hauteur de 50 millions d’euros.

La diversité des secteurs d’intervention mis en exergue avec la crise sanitaire

L’innovation dans le domaine de la santé se développe sous différentes formes. On note que plusieurs secteurs sont privilégiés dans le choix d’une jeune entreprise et parmi lesquels on peut citer la télé-consultation, l’analyse de données médicales et la dématérialisation d’un service comme une complémentaire santé. La rapidité du système et son efficacité sont souvent mises en avant pour convaincre les investisseurs et les futurs utilisateurs. Les techniques de pointe mises au service des professionnels de la santé via l’IA sont également des débouchés possibles.

Cette crise a aussi été l’occasion pour les jeunes pousses de montrer leurs compétences et l’étendue de leurs services. Le Covid-19 se révèle comme un accélérateur dans le développement et la croissance de celles-ci. Des campagnes ont été diffusées à l’attention des utilisateurs de ces plateformes pour les tenir toujours mieux informés sur la conduite à tenir et les gestes barrières à respecter. L’innovation en matière de santé prend effectivement tout son sens pendant une crise sanitaire d’envergure.

Quant à la méfiance des investisseurs envers la heathtech, elle s’est tout simplement évaporée. Cette branche de la tech semble s’émanciper du manque de souplesse et d’adaptabilité qui leur était reproché. La crise a ouvert la possibilité d’un certain assouplissement de ce secteur très réglementé au niveau légal. Maintenant, c’est même le mouvement inverse qui se produit, alors qu’on note une croissance du nombre d’investisseurs à vouloir financer ce domaine.

La télé-consultation a d’ailleurs profité de ces adaptations forcées. Souvent décriée avant la crise, elle a tout à coup été vue comme la solution miracle pour limiter la propagation du virus. Une grande partie des médecins et patients réticents ont même été convaincus que ce mode de consultation était finalement acceptable dans ces conditions. Il est possible que les habitudes prises pendant la crise ne se perdent pas et deviennent une nouvelle norme parmi d’autres. La santé reste pourtant un des domaines les moins numérisés actuellement.

Concernant le modèle économique, il doit être pensé de manière différente car il ne peut pas se baser sur une prise en charge par le patient qui préféra voir le service rendu intégré à un parcours de soin pris en charge par l’assurance maladie. Ainsi leur fonctionnement doit se concentrer sur un service pour lequel les médecins, les assureurs ou les laboratoires pharmaceutiques sont prêts à payer.

13 startups soutenues par Bpifrance

Un autre évènement qui démontre que ce secteur est en pleine expansion est le programme NEXT French Healthcare. Organisé par Business France et Bpifrance, il a permis de sélectionner en début de mois 13 startups françaises de la santé numérique parmi les 20 qui avaient concouru. On y trouve notamment Ellcie-Healthy, PKvitality ou Imageens. Les jeunes pousses lauréates remportent une immersion en Amérique du Nord qui se déroulera en plusieurs étapes. Celle-ci débutera par un bootcamp digital puis un roadshow qui se déroulera aux États-Unis et au Canada.

Ces startups évoluent toutes dans des spécialités très diverses du domaine de la santé comme la découverte de médicaments, le traitement par thrombectomie, la dépendance, les lunettes intelligentes ou la détection de maladies cardiovasculaires.

Ce programme a pour ambition de devenir le moteur de la révolution de la healthtech. Même si ce secteur semble avoir la faveur des investisseurs, un accompagnement semble nécessaire pour les jeunes pousses françaises afin de pouvoir les laisser se développer au mieux. Parmi les 80 entreprises qui ont bénéficié de cet accompagnement lors des éditions des années précédentes, plus de la moitié ont débuté des collaborations avec des entreprises nord-américaines.

Dans ce paysage qui semble vivre sa période de grâce, dynamisée par un cercle vertueux de croissance, une question reste toutefois en suspens : un conflit d’intérêts majeur demeure entre la protection des données personnelles liées à la santé – données intrinsèquement sensibles – et le traitement de la data opérée par la grande majorité de ces entreprises. Les intérêts divergents en présence sont d’une part la nécessité de la protection de la vie privée et d’autre part l’analyse des données de santé. La simple anonymisation des informations serait-elle une piste satisfaisante ?

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