Surveiller les mers est une tâche au combien compliquée. Vu la taille des Océans, il est impossible pour l’armée française, ou pour aucune marine du monde, de quadriller chaque recoin des mers. Alors afin de toujours avoir une idée de ce qui se passe au large, les forces armées se sont tournées, depuis quelques décennies, vers d’autres systèmes de surveillance.
C’est notamment le cas de la France qui avec une ZEE (Zone Économqiue Exclusive) immense, repartie aux quatre coins de la planète, elle doit en permanence surveiller ses eaux, afin d’éviter la pêche illégale, et de multiples autres activités contraires aux lois. Alors afin d’aider l’armée dans cette tache, la société française Unseenlabs, basée à Rennes, envoie dans l’espace des nanosatellites, qui sont capables de cartographier avec une grande précision les mers.
Des satellites pour surveiller les océans
Aujourd’hui cinq appareils sont déjà en orbite, et deux autres devraient rejoindre la constellation au cours du mois d’avril. Mais toute la force du système d’Unseenlabs ne repose pas sur le nombre de satellites mais sur leur fonctionnement. En effet, la société ne se concentre pas sur les balises AIS, qui sont un système d’identification automatique des navires en mer.
Si ces balises sont très performantes, elles peuvent avoir des bugs, et peuvent surtout être déconnectées au bon vouloir des personnes présentes à bord. Ainsi une étude datant de janvier 2020, réalisée par le CNRS, assure que dans l’océan Austral « plus d’un tiers des bateaux rencontrés dans les eaux internationales n’étaient pas identifiables ».
Si cette pratique est très dangereuse, elle est très répandue dans les océans, et les bateaux de toutes les tailles jouent avec la règle. C’est notamment le cas d’un navire mexicain, qui a été arrêté fortuitement au large de l’île française de Clipperton fin 2020. Ce dernier avait désactivé son AIS afin de ne pas être suivi après avoir pêché plus de 1000 tonnes de thon, illégalement donc.
Un risque qui ne freine pas les pêcheurs pour autant, prêt à tout ou presque pour améliorer leur rentabilité. Alors afin de rendre la tâche plus difficile à ces navires illégaux, Unseenlabs travaille avec sa constellation de nanosatellites afin de capter les radiofréquences, couramment utilisées pour la navigation ou la radio.
Les radios trahissent les navires
Grâce à ces données, les satellites sont capables de situer précisément un navire, et ainsi savoir si sa position est justifiée ou non. L’entreprise explique pouvoir « fournir une connaissance unique pour les opérations de sécurité nationale, la protection de l’environnement et un nombre croissant d’applications dans le secteur commercial ». Elle qui travaille avec l’armée française depuis 2018 espère maintenant faire grandir sa constellation.
À terme la startup bretonne voudrait avoir une vingtaine de nanosatellites en orbite autour de la Terre pour offrir une couverture complète et quasi constante des océans.
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Le bateau qui n’a pas sa balise est arraisonné, le personnel interpellé et le bateau coulé.
On dépose ce petit monde au port le plus proche.
C’est à ce prix que les règles seront appliquées.