Au mois de juin, le Danemark, par l’intermédiaire de sa ministre du Numérique, Caroline Stage Olsen, a pris une décision spectaculaire. L’objectif du gouvernement est en effet de remplacer des logiciels Microsoft qui sont aujourd’hui indispensables à ses services, comme Windows et Office 365 par des logiciels libres comme Linux et LibreOffice. Cette initiative s’inscrit dans la lignée d’autres pays, comme l’Allemagne. Cela dit, il n’est jamais simple de se passer totalement des produits du géant américain…
Microsoft banni du Danemark ?
La ministre a donc décidé que son propre ministère n’utilisera plus de produits estampillés de la firme de Redmond. C’est chose faite depuis cet été. Elle explique sa décision par des motifs légitimes de souveraineté numérique du fait notamment des décisions soudaines et imprévisibles prises par Donald Trump et son gouvernement :
Il ne s’agit pas d’isolation ou de nationalisme numérique. Nous ne devons pas tourner le dos aux grandes entreprises technologiques ; nombre d’entre elles continuent de nous fournir des solutions utiles. Mais nous ne devons jamais rendre notre infrastructure publique digitale dépendante de si peu de fournisseurs. Cela nous rend vulnérables.
Sur le papier, il s’agit d’un choix courageux, qui lance un mouvement au sein du pays nordique. Cela dit, le Danemark est loin d’avoir totalement renoncé à faire appel à Microsoft. Et pour cause, il se lance dans un projet technologique majeur qui reposera en grande partie sur l’infrastructure du groupe américain.
Un projet quantique avec l’appui de Microsoft
Comme nous vous en parlions en juillet dernier, le pays d’Europe du Nord s’associe à Microsoft et à Atom Computing pour assembler l’ordinateur quantique le plus complet jamais créé. L’idée est en effet de réaliser l’union entre volume de qubits physiques et fiabilité logique.
Dans le détail, ce projet est baptisé QuNorth. Il est financé à hauteur de 80 millions d’euros par EIFO, le fonds public d’investissement danois, et la fondation Novo Nordisk. Microsoft intervient ici en fournissant la pile logicielle Azure Quantum et son expertise en correction d’erreurs. Quant à la compagnie californienne, Atom Computing, elle construit le processeur quantique lui-même.
Même le nom de cet ordinateur n’est pas banal : Magne. C’est un hommage à la mythologie nordique, car il s’agissait du fils de Thor, le dieu du tonnerre, connu pour sa force et sa puissance.
La construction de cette machine doit démarrer cet automne avec une mise en service prévue à la fin de l’année prochaine ou en 2027. S’il va au bout, le pays de l’Union européenne sera parvenue à réaliser ce qu’aucune entreprise américaine n’a pu faire à ce jour, même si les géants de l’Oncle Sam restent indispensables dans ce processus.
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