Le tribunal de commerce d’Orléans a choisi, mercredi 14 octobre, l’offre de Cédric Meston pour la reprise de Duralex. Malgré la proposition du groupe de fonderies stéphanois Carlesimo, c’est l’entrepreneur français et son holding Tomé qui récupèreront la marque française née en 1945. Avec elle, le tribunal de commerce d’Orléans a déclaré qu’il s’agissait de la meilleure offre en terme de sauvegarde d’emplois, même si une soixantaine de personnes se verront écartés.
155 emplois seront sauvegardés du Duralex sous la forme de SCOP (société coopérative de production), à la main des salariés depuis deux ans, qui en comptait 220. Auprès du journal Le Monde, Cédric Meston a déclaré : « Nous sommes profondément désolés pour la soixantaine de personnes qui vont perdre leur emploi, mais c’était la meilleure des solutions pour faire perdurer l’activité et éviter une réaction en chaîne sur les partenaires industriels de Duralex ».
Le repreneur, qui a récupéré la branche française de Tupperware ainsi que trois autres entreprises françaises en difficultés en seulement deux ans (Jay&Joy, Les Nouveaux Affineurs, Bluedigo) dit mesurer l’enjeu. « À nous d’être à la hauteur », déclarait-il dans un entretien avec Le Parisien. Il ajoutait : « L’aspect social est important mais ne fait pas tout. Il y a aussi le sérieux industriel du projet et notre expertise en restructuration et en relance d’entreprise. Nous avons fait plusieurs fois nos preuves ».
Xavier Niel parmi les actionnaires
Lors de cet échange, l’homme à la tête de la holding Tomé révélait que la masse salariale de Duralex représentait aujourd’hui 50 % du chiffre d’affaires de l’entreprise, la laissant dans une situation financière difficile, avec des coûts de production limités et d’investissement presque impossible sans devoir être déficitaire. Pour aider, l’Etat posera 4 millions d’euros sur la table, via le Fonds pour le développement économique et social (FDES), destiné aux entreprises en restructuration.
La holding de Cédric Meston possède aussi d’autres investisseurs et notamment Xavier Niel, le patron de Free. Le repreneur de Duralex en faisait la mention lors de son entretien, déclarant que rien n’aurait été possible sans la participation du milliardaire français.
Le verre le plus vert au monde
En terme de stratégie commerciale, Duralex va changer. À l’annonce du tribunal de commerce d’Orléans, Cédric Meston a annoncé que l’entreprise française devra « vivre avec l’évolution des attentes des consommateurs ». Il ajoutait qu’aujourd’hui, « chez Duralex, ce sont les mêmes produits qu’il y a 40 ans. On va lancer des innovations, des nouveaux produits le plus rapidement possible ».
L’innovation passera aussi par les méthodes de production de la fonderie, et l’abandon du four de fusion à gaz avec des travaux de mars 2028 à 2029, et la mise en place d’un four électrique. En vue de la production électrique française par le nucléaire et les énergies renouvelables, Cédric Meston prévoit déjà de faire des verres Duralex les verres les plus écologiques.
Pour établir une relation de confiance avec des salariés qui étaient, sous le statut de SCOP, actionnaires de la société, son repreneur a aussi annoncé que le bilan comptable sera partagé à tous les collaborateurs chaque mois. « Tout le monde saura si on gagne de l’argent ou si on en perd. Ensemble, on va réussir à relancer la société ».
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