69 milliards de dollars. Voilà le montant de l’opération de rachat du studio de jeux vidéo Activision-Blizzard par le géant Microsoft. Un rachat historique qui traîne à être validé par les autorités.
La Commission européenne a annoncé ce mardi 8 novembre l’ouverture d’une enquête approfondie sur ce projet de rachat. Elle craint que cette opération puisse « sensiblement réduire » la concurrence sur le marché. Plus précisément, Bruxelles a peur que Microsoft puisse « verrouiller l’accès aux jeux vidéo d’Activision Blizzard pour consoles et PC » et qu’il soit tenté de mettre en place « des stratégies d’éviction des distributeurs concurrents de jeux vidéo pour consoles ». Des craintes déjà évoquées il y a plusieurs semaines par les autorités européennes.
Concrètement, la Commission a peur que de grosses licences comme Call of Duty ne soient disponibles que sur les Xbox, consoles développées par l’américain ou par le biais du Game Pass, son offre souvent assimilée à un « Netflix du jeu vidéo ». Bruxelles estime qu’une position dominante de Microsoft pourrait entraîner « une hausse des prix, une baisse de la qualité et une réduction de l’innovation » sur ce marché générant des milliards de dollars chaque année.
Bruxelles rendra sa décision début 2023
L’enquête de la Commission européenne a donc pour but de « déterminer si ses craintes initiales sont confirmées ». Au-delà du volet vidéoludique, l’enquête portera sur le marché des systèmes d’exploitation pour PC. « Elle estime que les utilisateurs pourraient être découragés d’acheter des PC ne fonctionnant pas sous Windows » explique Le Monde. La Commission européenne rendra sa décision le 23 mars 2023 au plus tard.
D’autres institutions surveillent de près ce rachat. Les autorités de la concurrence britannique ont aussi lancé une enquête en septembre 2022. En début d’année, les Etats-Unis s’étaient déjà emparés du dossier.
Face aux inquiétudes, Microsoft a déjà envoyé des signaux apaisants. Alors que l’industrie craignait une exclusivité des licences les plus fortes d’Activision, Microsoft assurait que Call of Duty, franchise la plus célèbre du studio, resterait disponible sur tous les supports. Le dernier Modern Warfare II, par exemple, est bien commercialisé sur Xbox et PC, mais aussi sur PS5.
Par ailleurs, même avec ce rachat historique, Microsoft n’est pas le plus grand développeur de jeux vidéo. Avec cette acquisition l’américain devient troisième distributeur sur le marché mondial, derrière le chinois Tencent et son grand rival Sony.
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