L’édito du lundi : des compteurs Facebook qui s’affolent, un parfum d’océan et le défi de Manu

Dans l’édito du lundi on se lâche sur tous les sujets qui nous passent par la tête.

Bonjour, c’est l’heure de L’Edito du lundi. Ça parle de digital, de geekitude, mais aussi d’autres sujets plus éloignés de nos thèmes habituels. Bonne lecture, bisous.

Quand les compteurs s’affolent sur Facebook. Il s’est passé un truc étonnant, que dis-je dingue, que dis-je hallucinant il y a quelques jours sur la page Facebook de Presse-citron. Un truc unique, inédit, et qui risque de ne pas se reproduire de sitôt. Setra a relayé tranquillement cet article comme nous le faisons avec tous nos contenus, et devant nos yeux ébahis la machine s’est emballée. Totalement. Alors que le reach moyen d’un post se situe généralement entre 8000 et 15000 personnes atteintes, ce post avait déjà dépassé les 100 000 quelques heures après sa publication. 24 heures plus tard il franchissait la barre des 200 000 personnes, pour finalement se stabiliser aux alentours de 225 000. Le tout en à peu près 72 heures. Les autres indicateurs d’engagement sont à l’avenant avec plus de 1300 commentaires (je ne comprends pas ce qui fait que selon le moment où j’affiche le post j’ai des variations de 700 à 1300), plus de 1000 Likes (!) et 100 partages, juste pour Facebook. Nous en avons parlé avec la team Presse-citron et il ressort que, outre le thème Ages of Empire qui visiblement déchaine encore les passions 20 ans après, c’est aussi le fait que Setra était fan de ce jeu qui a probablement transpiré dans l’article. Je vous vois venir : vous imaginez certainement qu’avec de tels chiffres le trafic de Presse-citron a littéralement atteint des chiffres stratosphériques la semaine dernière. Détrompez-vous, que nenni. Certes les deux jours en question n’ont pas été mauvais, mais la différence avec les autres jours est infime. Ce qui dit beaucoup sur la « bulle » Facebook et sur le fait que les gens n’en sortent plus, et cliquent de moins en moins sur les articles pour les lire. Les internautes qui sont venus de Facebook pour lire l’article sur Presse-citron représentent moins de 5% des 224 000 personnes ayant été atteintes par le post. Les choses auraient probablement été bien différentes si l’article avait fait la une de Google News ne serait-ce que pendant quelques heures. Ainsi va Facebook. C’est un canal de distribution incontournable pour nous mais seuls les grands sites d’actualité, les usines à buzz et les putaclics en tirent réellement un avantage substantiel. Pour les autres, c’est la portion congrue. Deal with it.

Biarritz Paris, le ticket gagnant ? La semaine dernière s’enchainaient deux grands rendez-vous incontournables pour tous les acteurs du digital (et même trois si l’on compte les Big Boss) : iMedia Brand Summit à Biarritz, suivi comme son ombre par Vivatech à Paris. En tout cinq jours de tourbillon high tech où se sont succédés conférences, keynotes, workshops, rendez-vous, interviews et autres débats autour de la transformation digitale, des startups et des enjeux du numérique sur l’économie et sur nos vies. l’IMBS de Biarritz, mené de main de maitre par la même équipe que le E-Commerce One to One de Monaco, avec qui nous sommes partenaires média, a ma préférence, tant dans son format que dans la pertinence des interventions, axées sur des cas concrets, avec une part importante dédiée à la question des contenus et du marketing d’influence. Ajoutez à cela le lieu et le site de la conférence (le centre Bellevue en surplomb de la mythique plage et de l’océan) au cœur d’un Biarritz inondé de soleil et vous avez forcément un cocktail parfait. Easy. Quant à Vivatech, disons que c’est important pour l’écosystème numérique français d’avoir une conférence d’une telle envergure, et je suis heureux d’y avoir fait de belles rencontres tout au long d’une journée marathon, mais je me reconnais moins dans ce format dont le gigantisme frôle parfois la caricature, avec toutes les grosses boites du CAC40 qui viennent vous montrer à quel point elles sont cool et « digitales ». Petit indice rigolo : pour décrocher son accréditation média à Vivatech, la grand’ messe de la transformation digitale, il faut fournir « sa dernière publication » au format JPG, PNG ou PDF 🙂

Je vous prépare un compte-rendu sur iMedia Brand Summit, avec un peu de vidéo (vous verrez comme l’océan est somptueux sous les couleurs de juin).

Quand Manu lance un défi. Lors de sa visite à Vivatech justement, Emmanuel Macron a beaucoup twitté sur son compte personnel, lançant entre autres un défi aux acteurs du digital français « Je vous lance un défi : être le CES français« . C’est beau, c’est ambitieux, et au fond de nous on en rêve tous un peu. Sauf que, malgré tout le respect que j’ai pour vous monsieur le Président, je n’y crois pas beaucoup. Tout d’abord parce-que Vivatech et le CES n’ont, de par leur nature, pas grand chose en commun. Le CES est un salon avant d’être une conférence, et même si c’est devenu un énorme business, cela reste avant tout le salon du génie inventif, de la passion pour la technologie, les gadgets et ces petits trucs stupides qui font battre le cœur des geeks et accessoirement changent un peu le monde, après. Un salon où des inventeurs montrent des choses qu’on peut toucher, prendre dans la main, des produits manufacturés dont certains arriveront sur le marché dans les mois qui suivent, et qui souvent envoient pas mal de rêve. C’est important de toucher. Vivatech, malgré tout son intérêt, garde ce petit parfum de truc né de nulle part, sans histoire et sans racines, grâce à quelques chéquiers bien garnis. Sauf erreur je ne crois pas avoir souvenir d’une seule annonce importante à Vivatech, d’un lancement de produit, d’une keynote ayant retourné les foules. Je pense que les bonnes conférences sont comme les bons vins : il faut commencer petit, il faut du temps, un terroir et des passionnés à la baguette. C’est plus une question de talent(s) que de dollars. Souvenons-nous qu’avant de devenir Le Web, la conférence imaginée et créée par Loic Le Meur s’appelait « Les Blogs » et réunissait seulement quelques centaines de potes du web (on ne disait pas digital à l’époque) pour réseauter, picorer (et picoler) autour de keynotes dont certaines avaient de la gueule. Idem pour des rendez-vous tellement prisés aujourd’hui comme SXSW, Slush, The Next Web, ou plus près de chez nous Web2Day ou Blend Web Mix. Des trucs qui ont grandi tranquillement comme s’élève la vigne, et qui donnent aujourd’hui les meilleurs crus. Et si l’on se disait plutôt que le défi serait de faire que Vivatech reste… Vivatech, avec ses deux bonnes idées fondatrices : mettre en valeur un système symbiotique entre startups et grands groupes, et s’ouvrir le samedi au grand public ? Ce serait déjà pas mal, non, monsieur le Président ?

Allez, c’est l’été, tralala youpi, joie dans les cœurs et bonne semaine à tous !


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2 commentaires

  1. Marylise DUSUEL on

    À propos de l’affolement du compteur Facebook : vous confirmez ce que je soupçonnais. Internaute depuis peu, j’ai très vite été surprise par la rapidité de bon nombre d’abonnés de ce réseau à poster des articles ou des videos de parfois deux heures. C’est pourquoi j’y suis de moins en moins souvent car étant donné le nombre de sites intéressants (dont le vôtre !), je n’ai plus vraiment le temps de « tailler le bout de gras ». Je ne lis pas systématiquement tous les articles (sélectionnés par centre d’intérêt… ou d’étonnement) mais il est sûr que je n’imagine pas iker » et encore moins recommander un article à la seule lecture du titre. Et dans quelques cas, bien m’en a pris. J’en profite pour rendre hommage à votre travail et au caractère ecclectique de vos articles : du plus populaire ou médiatique au plus spécialisé, aide précieuse pour les geeks (dont je ne suis pas… encore !). Pour tout cela, MERCI !

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