L’édito du lundi : drones de loisir, et si on arrêtait un peu la parano ?

Et si on arrêtait avec les réglementations limitant abusivement l’usage des petites « caméras volantes » de loisirs ?

Bonjour, c’est l’heure de L’Edito du lundi, que je publie tous les lundi matin à 8 heures pétantes. Ça parle de digital, de geekitude, mais aussi d’autres sujets plus éloignés de nos thèmes habituels. Bonne lecture, bisous.

L’annonce de présentation du DJI Spark, le dernier mini-drone du géant chinois DJI, a déjà fait tourner les têtes, et on peut sans trop se mouiller parier sur un succès phénoménal pour cette petite merveille de technologie volante, à condition que les premiers utilisateurs – dont je fais partie – ne soient pas déçus lorsqu’ils recevront la machine, disponible à partir de mi-juin prochain. Le bouche-à-oreille fera le reste.

Mais au-delà du tsunami commercial annoncé, l’arrivée du DJI Spark s’accompagne d’un effet probablement plus inattendu : celui de mettre en évidence l’inadaptation de la réglementation actuelle sur l’utilisation des drones de loisirs, et de certaines dispositions. Des dispositions que le constructeur DJI prend en compte avec la dernière mise à jour de ses machines, une mise à jour imposée et sur certains aspects assez discutable.

De quoi parle-t-on exactement ? DJI est conscient que son fond de commerce, et donc la formidable valorisation de sa marque (plus de 10 milliards de dollars), sont fondés quasi-exclusivement sur la production des meilleurs drones du marché. Une valeur qui repose sur des bases fragiles et dépendantes des réglementations. DJI a donc pris les devants pour se protéger (et protéger les consommateurs) en développant une nouvelle version de son application de pilotage, dont l’installation sera obligatoire sur tous les drones de sa gamme à l’exception de deux modèles plus anciens. Que se passera-t-il si l’on n’installe pas cette mise à jour ? Votre drone DJI sera tout simplement limité de façon logicielle à un périmètre de vol de 50 mètres de distance et 30 mètres de hauteur, et la fonction de flux vidéo sera désactivée. Bref, même si vous disposez d’un Phantom 4 dernière génération à plus de 1500 euros et que vous ne faites pas la mise à jour, celui-ci sera réduit au rang de jouet aveugle et quasiment inutilisable.

Pourquoi ces restrictions ? Parce-que DJI inclut dans la dernière version de son logiciel des fonctionnalités de Geofencing et de No Fly Zone. Le Geofencing est une fonction qui utilise le GPS pour délimiter le champ d’action d’un objet, et les No Fly Zones sont tout simplement les zones répertoriées comme interdites de survol par drone. Mais ce n’est pas tout : dans cette dernière mise à jour obligatoire, DJI vous impose de vous inscrire et de vous identifier en tant que possesseur utilisateur du drone. Et oui, ça y est, souriez, vous êtes fiché.

Les algorithmes remplacent le bon sens

A priori on pourrait penser que ces contraintes imposées par un constructeur privé sont une bonne chose puisqu’elles vont dans le sens de la réglementation de plus en plus draconienne, et qu’en remplissant ces conditions on montre patte blanche et en quelque sorte que DJI nous protège de nous-même. On peut comprendre aussi que DJI n’ait pas trop envie que son business et sa marque s’effondrent suite à un incident ou un accident dont l’une de ses machines ou l’un de ses clients serait à l’origine. Sauf que cela pose quand même problème. Outre les questions sur le respect de la vie privée et la confidentialité des données personnelles, DJI impose des restrictions qui vont certainement tenir compte des législations en vigueur dans chaque pays. Or en France, pays champion du monde des règlements en tous genres, on sait que les contraintes imposées par la DGAC (Direction Générale de l’Aviation Civile) sont particulièrement drastiques. Concrètement, avec la nouvelle application DJI, que se passera-t-il si vous résidez dans un périmètre de moins de 5 kilomètres (à vol d’oiseau) d’un aéroport ou d’une autoroute, et que vous voulez juste faire voler votre petit drone dans votre jardin pour faire un selfie aérien familial ou prendre votre maison en photo ? Et bien vous ne pourrez plus car votre drone refusera tout simplement de démarrer. Vous avez dit liberté individuelle ? Circulez, y a plus rien à voir : les algorithmes remplacent le bon sens. On pourrait citer des dizaines d’autres exemples démontrant que l’application aveugle et logicielle d’une réglementation va avoir des effets de bord aussi désastreux que ridicules. Tout cela avec la bénédiction d’un constructeur et probablement d’autres, qui suivront à n’en pas douter.

La sortie du DJI Spark jette une lumière crue sur le ridicule de certaines dispositions réglementant les drones de loisir

Pourquoi la sortie du DJI Spark jette-t-elle une lumière crue sur l’inadéquation de certaines dispositions réglementant les drones de loisir ? Parce-que justement le Spark est présenté comme un drone grand public axé sur les loisirs, avec principalement une utilisation de proximité, à savoir des vols à quelques mètres ou dizaines de mètres tout au plus, et un contrôle à vue à base de gestes. Bien sûr l’engin a une portée théorique de 2 kilomètres, mais gageons que ce ne sera pas son usage principal, d’autant que pour atteindre cette portée il faut investir dans une télécommande qui coûte 150 euros de plus, et que l’autonomie de la batterie limitera de toute façon la portée des vols.

En fait, depuis le début et le premier document de la DGAC réglementant l’usage des drones sorti en avril 2012, le sujet est à mon avis traité de la mauvaise façon, et du mauvais côté, celui des professionnels du drone. Il faut bien sûr une réglementation, je suis parfaitement légaliste et je m’y plie aussi même si ce n’est pas de gaité de cœur. Mais quand on voit le jargon littéralement imbittable de la loi actuelle dans un document de plus de 30 pages, on comprend tout de suite qu’elle n’est pas adaptée aux drones de loisirs, aux caméras volantes de monsieur Tout le monde. Autant il est nécessaire de cadrer sérieusement l’usage de drones professionnels pesant plusieurs kilos mus par de puissants moteurs et six, voire douze hélices de 20 centimètres en carbone tranchantes comme des lames de rasoir, autant il est stupide de vouloir faire rentrer tous les drones dans cette catégorie, y compris des mini-drones pesant moins de 500 grammes, voire moins de 200 grammes pour certains. D’ailleurs les rares incidents répertoriés concernent la plupart du temps les gros drones professionnels, dont la construction est souvent artisanale et dont la technologie parfois moins évoluée que celle des machines que fabriquent DJI ou Parrot, qui sont bardées de systèmes de sécurité (détection d’obstacles notamment pour DJI). Est-ce qu’on pourrait par exemple nous expliquer pourquoi il est interdit de faire voler son drone au-dessus de l’océan et que la quasi-totalité du littoral est classée en No Fly Zone ?

Finalement, si l’on considère que les drones doivent être réglementés, c’est qu’ils représentent probablement un danger potentiel. Alors allons-y et soyons logiques jusqu’au bout : quels dangers représente réellement un drone de loisirs de 200 à 500 grammes ? Revue de détail en quatre points les plus souvent évoqués.

Un drone peut tomber sur des personnes. Ok, ça peut arriver, mais quelle est la probabilité que cela se produise réellement, et quelles en seraient les conséquences ? Vous avez sûrement plus de risques de vous prendre un pot de fleurs sur la tête en ville un jour de vent qu’un drone tous les autres jours. Et si l’on considère que cela représente réellement un danger, alors la solution est simple : imposer un parachute à ouverture automatique pour tous les drones à partir d’un certain poids. Avec la techno actuelle, c’est possible et c’est simple, et cela existe déjà pour certaines catégories de drones. Cela conduirait probablement à une augmentation des prix, mais peu importe, c’est le prix de la sécurité puisque si l’on en croit les autorités il pleut des drones. Problème réglé.

Un drone peut heurter un avion. Pourquoi un drone heurterait-il un avion puisque par construction les drones sont désormais limités à une altitude de 150 mètres, et que par conséquent les couloirs aériens sont respectés ? Un drone trafiqué sur lequel l’utilisateur aurait fait sauter la limite de sécurité ? Aucune réglementation n’empêchera les hackers de sévir et certains de contourner la loi et de faire des incursions stupides près des aéroports. Concernant l’écrasante majorité des utilisateurs, respectueux des règles et qui ne bidouillent pas leur machine, problème réglé.

Un drone est intrusif et peut servir à des fins d’espionnage ou de violation de la vie privée. Là encore il y aurait des solutions techniques. On pourrait imaginer un algorithme qui coupe la caméra lorsqu’un drone vole en stationnaire trop longtemps à proximité d’une personne ou d’une habitation, ou de tout autre lieu considéré comme sensible ou privé. Un peu d’intelligence artificielle et de reconnaissance visuelle et le tour est joué. Problème réglé.

Un drone peut emporter une bombe. Non mais sérieusement, vous croyez qu’on peut mettre une bombe sur un drone de 500 grammes qui a déjà du mal à décoller avec une GoPro ? Et de toute façon qui empêchera un terroriste déterminé d’équiper un gros drone professionnel avec une charge explosive ? Sûrement pas la DGAC. Et ce n’est pas en limitant l’usage bienveillant et « familial » des drones de loisirs qu’on va régler le problème. Encore une fois on voit que les craintes qu’inspirent les drones concernent surtout les gros porteurs.

Sérieusement, toute cette agitation autour des drones de loisirs et de leur prétendue insécurité frise le délire. Rappelons à toutes fins utiles (mais à contrecœur car réduire des drames à des chiffres n’est jamais très satisfaisant) que la route tue 3500 personnes en France chaque année, les suicides plus de 10000 personnes et les accidents domestiques encore bien davantage. Avez-vous seulement entendu parler une seule fois d’un accident mortel avec un drone de loisir ? Bien sûr je prends souvent l’avion et je n’ai pas envie de me crasher à cause d’un drone, bien sûr je n’ai pas envie de me faire ouvrir le crâne par un drone qui tomberait du ciel, bien sûr je n’ai pas envie de subir une attaque terroriste par drone, bien sûr je ne tiens pas spécialement à ce qu’on vienne survoler ma résidence avec un drone (comme j’habite en ville ça serait difficile), mais faut-il pour autant restreindre à ce point l’usage de ces machines ? Je pense qu’il y a d’autres voies, plus adaptées, plus intelligentes et moins contraignantes de garantir la sécurité tout en préservant la liberté de voler pour les passionnés d’images aériennes.

Même certains professionnels jettent l’épongent

Autre effet de bord : même des professionnels jettent l’éponge. Sachez entre autres bizarreries que pour obtenir la certification de télé-pilote professionnel agréé DGAC, autrement dit pour piloter un drone à des fins commerciales, vous devez obtenir votre brevet théorique d’ULM… J’ai dialogué récemment avec un ex-futur opérateur professionnel qui a lâché l’affaire au vu des contraintes imposées. La capture d’écran montrant ci-dessous un extrait de notre conversation sur Facebook permet de mesurer l’ampleur des dégâts et du dépit ressenti.

Pilote drone DGAC

La réglementation est en train de tuer à petit feu un métier naissant et prometteur

De tous temps les autorités, probablement sous pression de certains lobbies, ont été effrayées par les nouvelles technologies, et, par une sorte de réflexe pavlovien, en limitent systématiquement les usages par des lois inadaptées et liberticides. Comme dirait l’autre : « Si ça bouge, taxez-le. Si ça continue à bouger, régulez-le. Si ça s’arrête de bouger, subventionnez-le. » Nous en sommes à l’étape 2, mais faisons confiance à nos autorités pour vite se rattraper sur les deux autres…

L’homme a de tous temps rêvé de voler. Aujourd’hui avec les drones de loisirs, ce rêve est rendu possible et accessible à tout un chacun, même si c’est par procuration et par caméra interposée. Concernant la réglementation, peut-être serait-il temps de s’asseoir autour d’une table et de repartir d’une feuille blanche en tenant compte des évolutions technologiques et des usages, en segmentant par exemple la réglementation selon plusieurs catégories de machines, avec d’un côté les drones légers de loisirs et d’un autre les gros porteurs à usage professionnel ?

Est-il encore possible de rêver un peu, de s’évader, ou pas ?


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25 commentaires

  1. Très intéressant, comme toujours, mais là, n’y a-t-il pas contradiction entre « Les algorithmes remplacent le bon sens » et « Un peu d’intelligence artificielle et de reconnaissance visuelle et le tour est joué. Problème réglé. » ?

    • Eric

      Bonne remarque, mais dans les exemples que je donne la situation est différente. D’un côté le particulier qui veut prendre sa maison en photo, de l’autre des risques d’intrusion qu’il faut prévenir, et le seul moyen de le faire est d’utiliser la technologie.

  2. J’habite au dessus du Tunnel de Fourvière, à peu près à la verticale de l’autoroute, donc sur l’autoroute pour un gps. Je me demande si cet appareil peut voler chez moi …

  3. Le vrai drame dans tout ça c’est qu’à cause de ce muselage règlementaire on va se retrouver sérieusement à la traine (voir absent) du marché des drônes. Coréens, américains, japonais, chinois déposent des brevets à tours de bras. Et dans quelques années on dira: « faut qu’on rattrape notre retard dans ce domaine »
    Un peu comme le retard numérique dont on souffre encore aujourd’hui…

  4. Il faut tout simplement que tout le monde les utilise et ce ne sera plus « interdisable »…
    Comme le téléchargement illégal de films… Quand il y a trop de contrevenants, la loi ne peut plus suivre et devient obsolète 🙂

  5. Article très intéressant. Il y a aussi de nombreuses autres situations problématiques. J’ai 2/3 exemples en tête :

    – Le passage à basse altitude d’un hélicoptère du CHU… (moins de 150 mètres).
    – le problème des prisons françaises « attaquées » par ces petits drones de loisirs.
    – Et le transport de produits illicites ? Bien moins lourds que des « bombes » ou une « GoPro »…

    L’ONU organisera prochainement une consultation internationale sur l’harmonisation des législations afin de suivre les drones en temps réel (appareil & émetteur). Il faudra certainement accepter d’être identifié…

    • Quentin Devillers on

      Les hélicoptères mais aussi les parapentistes, deltistes et autre ULM pour qui la rencontre avec un drone serait quasi certainement mortel… comme vous le dîtes Eric, « Il faut bien sûr une réglementation » mais pas n’importe laquelle on est d’accord.
      Pour moi parapentiste j’ai une grande peur de voler dans un site touristique comme Annecy depuis l’arrivée des drones…
      Oui il y a des morts sur la route mais certainement une grande partie à cause d’un non respect des règles.
      Il faut un permis pour conduire, je pense qu’il faut un permis pour faire voler un engin motorisé peut importe la taille c’est sûr mais un permis accessible à tous en effet, pas comme actuellement.

      Bien à vous.

      • Eric

        Oui, c’est là que je pense que la réglementation n’est pas cohérente et pensée par des bureaucrates. Elle est à la fois trop permissive (n’importe-qui peut acheter et faire voler un drone) et trop restrictive (l’interdiction absolue de vol en ville est idiote, il y a plein de situations ou c’est possible en toute sécurité, le matin tôt au-dessus d’un square désert ou d’un fleuve par exemple). Je plaiderais pour une obligation de déclaration à l’achat d’un drone à partir d’un certain poids ou une certaine portée, une immatriculation du drone, un système de tracking ou autre (genre IP) et une épreuve pratique de pilotage.

        • Il faudra que l’état se rapproche des constructeurs afin de multiplier les No Fly Zone. Que les professionnels identifiés puissent y avoir accès via un code (DJI le propose déjà).

          En ville, ce sera très très compliqué dans le contexte actuel. Les prefectures sont déjà réticentes pour autoriser la couverture de manifestations publiques et/ou sportives, type Marathon.

          PS : Mention spéciale pour le gars qui a survolé avant-hier le Mont-Saint-Michel sans autorisation, vol au-dessus du public et sans visibilité sur son Drone. #ChapeauLartiste

  6. Article intéressant mais quelques points me font réagir. Je pratique depuis 4/5 ans le « drone », que cela soit sur DJI ou sur des machines de type FPV Racing et je suis l’évolution de la législation bien entendu.

    – les algorithmes remplacent le bon sens => depuis quand on peut quantifier ou qualifier le bon sens ? le bon sens, c’est exactement comme cet adage sur la liberté : la liberté des uns s’arrête la où comme celle des autres.

    Le « bon sens » pour un pilote (voler à 30 ou 50m de haut au dessus d’un parc pour filmer le pique nique familial) sera perçu comme de la connerie par le père de famille qui se dira que si cet engin tombe, cela fera des dégâts au sol, surtout sur la tête de son enfant.

    Paranoïa ou réalité ? chacun son point de vue, justement.

    En clair, le bon sens est à géométrie variable.

    la loi est là pour imposer un cadre et les algorithmes ont dû être mis en place pour que le « bon sens » reste dans ce cadre.

    Résultat : A part filmer des champs de patates ou de blé, avoir un drone DJI devient presque inutile. Mais en même temps, un drone qui tomberait en pleine ville sur une voiture , toiture, passant et dont le propriétaire serait non identifiable est-il envisageable ?

    Si on impose « l’identification » du propriétaire, on connait le résultat à l’avance : ça criera à la violation des libertés individuelles, liberticide, et tout le tralala qui ira avec.
    MAIS ca criera au scandale si aucun système n’existe dans ce cas là… (paradoxe français 😀 )

    – Quant à comparer les drones professionnels avec les drones de – de 500/200gr, il n’y a pas qu’une question de poids.

    La tendance du FPV Racing et DJI (avec le mavic, le spark) est à la réduction de taille. mais pas à la réduction de puissance.

    Résultat, en FPV Racing, sur de petites machines (taille inférieure à 180mm), les moteurs sont (par exemple) capables de pousser 1500gr chacun ! Pour une machine pesant seulement 300gr. Donc au total, 6kg de poussée, et les hélices se transforment la aussi en hachoir sans parler de la vitesse !

    Et là, que faire ? interdire ? autoriser ? on est dans du loisir pourtant … on fait une sous catégorie ?

    – Enfin, la question du « Avez-vous seulement entendu parler une seule fois d’un accident mortel avec un drone de loisir ? »

    c’est l’oeuf et la poule :

    => a t-on besoin d’une législation aussi forte vu qu’il n’y a jamais eu d’accident mortel ?
    ou
    => il n’y a eu jamais d’accident mortel grâce à cette législation ?

    2 façons de voir les choses, et votre édito est quelque peu contradictoire avec l’interrogation sur l’intérêt d’avoir une loi aussi pénible car c’est cette même loi qui vous a évité ce que vous redoutez !

    Je vous propose d’aller jeter un oeil sur l’évolution de DAESH , qui utilise des drones DJI qui emporte des grenades et autre obus de mortier, le tout en FPV.

    On n’est plus dans la science fiction, on est dans la réalité, certes, loin de nous, mais qui se rappelle à notre mauvais souvenirs lors d’évènement dramatique.

    Vous n’avez rien pris sur la tête, ni subi une attaque terroriste par drone, ni vu votre résidence survolée par un drone.

    OK.

    Mais n’est-ce pas justement grâce a cette législation que vous décriez que, pour le moment, vous y échappez ? 🙂

  7. Quelques points me font réagir également :
    La réglementation en vigueur date de 2015, pas de 2012 et elle est parfaitement claire quant à l’utilisation de loisir puisqu’identifiée comme telle. En substance la réglementation gère 3 cas : le loisir, le professionnel et l’expérimentation. Ni plus, ni moins.
    Ensuite, il n’y a pas que DJI dans la vie, la plupart des aéromodélistes que je connais fabriquent eux-mêmes leur machines mues la plupart du temps par des SPracing et autres CC3D. Ils n’ont et n’auront jamais de limitation imposée mais doivent eux-aussi se conformer à la réglementation.
    Enfin, les pros qui ferment leur porte ne sont que la conséquence de l’engouement irréfléchi qui ont poussé bon nombre d’opportunistes à faire de l’imagerie aérienne. Les gros donneurs d’ordre ne sont cependant que peu nombreux et n’ont pas envie d’avoir des dizaines d’interlocuteurs donc seuls les professionnels les plus talentueux et les plus commerciaux ont pu tirer leur épingle du jeux provoquant la raréfaction des contrats juteux d’antan. Ces donneurs d’ordre ayant eux aussi des restrictions budgétaires préfèrent former une équipe en interne qui leur coutera bien moins cher.

    • Je précise également que la législation ne s’applique pas aux drones mais aux aéromodèles. Toutes les disciplines sont donc concernées (avion, planneur, hélico, drone, montgolfière, etc) et un aéromodèle de catégorie A pèse jusqu’à 25kg … en cas de chute ça peut piquer.

    • Eric

      Au sujet de la réglementation, je dis bien dans l’article « le premier document de la DGAC réglementant l’usage des drones sorti en avril 2012 ». L’actuelle n’est qu’une légère évolution de la première dans laquelle il a été ajouté « loisirs » sans changer grand chose sur le fond.

      • Et pourtant les textes de 2015 autorisent le vol en CTR qui était interdit, ils autorisent la prise de vue pour usage personnel qui était également interdit, ils autorisent le FPV avec un assistant quant les textes de 2012 imposaient la double commande. Autant de mesures qui ont sensiblement assoupli la pratique et qui la rende légitime sur de nombreux aspects interdits auparavant.

        • Eric

          C’est vrai, mais je pense que cela reste insuffisant et mal adapté. Je peux me tromper et ce n’est qu’un avis et une intuition personnels, mais j’ai le sentiment que la DGAC n’aime pas les drones et fait tout pour en dissuader l’usage au lieu de l’accompagner de façon intelligente.

          • Ce n’est pas la DGAC qui est à blâmer mais l’intense lobbying des modèlistes qui font tout depuis une décennie pour tuer les drônes en Francer.

          • C’est un peu plus compliqué que ça mais en effet, je doute que la DGAC ait un réel assentiment envers les drones. La FFAM dialogue avec la DGAC pour que la discipline soit prise en compte mais la vague drone a sorti l’aéromodélisme de sa torpeur (moyenne d’âge des membres FFAM de 62 ans). Le problème étant qu’avec le nombre de machines viennent de nombreux inconscients qu’on peut difficilement blâmer puisqu’ils n’ont justement pas conscience du danger qu’il font courir aux autres (qu’ils soient en l’air ou sur terre).
            Les « modélistes » ont peur de voir leurs libertés disparaitre, ils bénéficiaient d’une certaine indifférence de la législation du fait de leur discrétion et il faut admettre que les textes en préparation qui devraient sortir d’ici la fin de l’année pourraient décourager un certain nombre de reprendre la voie des airs et c’est en ça qu’ils souhaitent se différencier des drones.
            En terme de loisirs, la législation actuelle n’est pas inadaptée et permet de voler assez librement. Les restrictions sont encore méconnues du public et j’ai justement passé deux WE complet à informer à l’occasion de deux importantes manifestations régionales.
            Je ne traiterai pas du volet professionnel qui lui est autrement plus cadré et rigoureux.
            Les nouveaux arrêtés qui prendront en compte la fameuse loi drone n’altèrera en rien les libertés actuelles, les 4 conditions supplémentaires ne seront un frein que pour ceux qui sont de mauvaise fois si tant est que les équipements additionnels soient effectivement conformes aux requêtes de la FFAM (<10g et <10€).

  8. Tiens, mon commentaire a disparu. je le reposte donc.

    Article intéressant mais quelques points me font réagir. Je pratique depuis 4/5 ans le « drone », que cela soit sur DJI ou sur des machines de type FPV Racing et je suis l’évolution de la législation bien entendu.

    – les algorithmes remplacent le bon sens => depuis quand on peut quantifier ou qualifier le bon sens ? le bon sens, c’est exactement comme cet adage sur la liberté : la liberté des uns s’arrête la où comme celle des autres.

    Le « bon sens » pour un pilote (voler à 30 ou 50m de haut au dessus d’un parc pour filmer le pique nique familial) sera perçu comme de la connerie par le père de famille qui se dira que si cet engin tombe, cela fera des dégâts au sol, surtout sur la tête de son enfant.

    Paranoïa ou réalité ? chacun son point de vue, justement.

    En clair, le bon sens est à géométrie variable.

    la loi est là pour imposer un cadre et les algorithmes ont dû être mis en place pour que le « bon sens » reste dans ce cadre.

    Résultat : A part filmer des champs de patates ou de blé, avoir un drone DJI devient presque inutile. Mais en même temps, un drone qui tomberait en pleine ville sur une voiture , toiture, passant et dont le propriétaire serait non identifiable est-il envisageable ?

    Si on impose « l’identification » du propriétaire, on connait le résultat à l’avance : ça criera à la violation des libertés individuelles, liberticide, et tout le tralala qui ira avec.
    MAIS ca criera au scandale si aucun système n’existe dans ce cas là… (paradoxe français 😀 )

    – Quant à comparer les drones professionnels avec les drones de – de 500/200gr, il n’y a pas qu’une question de poids.

    La tendance du FPV Racing et DJI (avec le mavic, le spark) est à la réduction de taille. mais pas à la réduction de puissance.

    Résultat, en FPV Racing, sur de petites machines (taille inférieure à 180mm), les moteurs sont (par exemple) capables de pousser 1500gr chacun ! Pour une machine pesant seulement 300gr. Donc au total, 6kg de poussée, et les hélices se transforment la aussi en hachoir sans parler de la vitesse !

    Et là, que faire ? interdire ? autoriser ? on est dans du loisir pourtant … on fait une sous catégorie ?

    – Enfin, la question du « Avez-vous seulement entendu parler une seule fois d’un accident mortel avec un drone de loisir ? »

    c’est l’oeuf et la poule :

    => a t-on besoin d’une législation aussi forte vu qu’il n’y a jamais eu d’accident mortel ?
    ou
    => il n’y a eu jamais d’accident mortel grâce à cette législation ?

    2 façons de voir les choses, et votre édito est quelque peu contradictoire avec l’interrogation sur l’intérêt d’avoir une loi aussi pénible car c’est cette même loi qui vous a évité ce que vous redoutez !

    Je vous propose d’aller jeter un oeil sur l’évolution de DAESH , qui utilise des drones DJI qui emporte des grenades et autre obus de mortier, le tout en FPV.

    On n’est plus dans la science fiction, on est dans la réalité, certes, loin de nous, mais qui se rappelle à notre mauvais souvenirs lors d’évènement dramatique.

    Vous n’avez rien pris sur la tête, ni subi une attaque terroriste par drone, ni vu votre résidence survolée par un drone.

    OK.

    Mais n’est-ce pas justement grâce a cette législation que vous décriez que, pour le moment, vous y échappez ? 🙂

  9. Et si le lobbying mené depuis des années par les modèlistes pour freiner le développer des drônes arrêtait de faire ch… tout le monde ?!

  10. Lobbying des professionnels qui veulent limiter à 850 g les drones de loisirs alors qu’eux sont tous au-dessus des 2 kgs ! Lobbying des professionnels (une très bonne partie) qui, sentant que la poule aux oeufs arrive, veulent de garder le magot pour eux !

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