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Fintech

Les clients N26, premières victimes du Brexit

La néo-banque N26 va mettre fin à son activité au Royaume-Uni, où quelque 200 000 clients avaient souscrit à ses offres bancaires.

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© N26

Le Brexit a fait mal à N26. Quelques jours seulement après le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne, la néo-banque vient d’annoncer qu’elle allait se retirer du marché local, et ainsi fermer les comptes de plus de 200 000 clients. Sur place, la concurrence était très compétitive, alors que Revolut et Monzo comptaient chacun plus de 3 millions d’utilisateurs.

C’est bien la première fois qu’une néo-banque déclare se retirer d’un marché, alors que la course au déploiement de leurs services à travers le monde est devenue l’un des principaux facteurs de prospérité face aux banques en ligne. N26 est implanté dans 25 pays et compte plus de 5 millions de clients, et apour objectif d’atteindre la barre des 100 millions d’utilisateurs d’ici cinq ans. Son départ du Royaume-Uni aura-t-il des conséquences ? Les premières victimes seront les clients.

N26 se retire du Royaume-Uni

Tout n’était pourtant pas si mauvais pour N26 au Royaume-Uni. La néo-banque devait effectivement jouer des coudes sur un territoire qui a vu naître les principaux acteurs de la fintech actuelle, mais elle comptait pas moins de 200 000 clients depuis son arrivée en octobre 2018, et accueillait plus de 1 000 nouveaux utilisateurs chaque jour.

La raison pour laquelle N26 va mettre fin à son activité sur le marché indique le Brexit comme « un facteur », comme le précise un représentant du service clients sur Twitter. « Nous ne pourrons plus opérer normalement au Royaume-Uni avec notre licence bancaire européenne », explique l’homme.

Pour mieux comprendre ce choix, il faudra voir dans le départ du Royaume-Uni une conséquence économique pour N26. La licorne ne possédait pas de licence bancaire avec la banque britannique, et opérait ainsi avec sa simple licence BaFin allemande. Maintenant que le Royaume-Uni ne fait plus partie des 28, la néo-banque aurait été dans l’obligation de demander une licence ou de s’allier avec un partenaire bancaire à la manière de ce que nous expliquait le responsable du marché français de la néo-banque Monese. N26 aurait ainsi été dans l’obligation de « prendre des mesures réglementaires complexes et de modifier le produit », expliquait le groupe dans un communiqué publié ce mardi 11 février 2020.

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« Nous avons examiné en profondeur nos opérations au Royaume-Uni, et nous ne pensons pas que nous pouvons continuer sur le marché dans ces circonstances », ajoutait sur Twitter l’un des représentants de N26. Un choix certainement très réfléchi en vue de la concurrence locale, et qui permettra à la banque de conserver ses fonds pour investir davantage aux États-Unis, où elle est en avance sur ses concurrents, en particulier Revolut.

Quelles conséquences pour les clients N26 ?

Bien évidemment, le départ de N26 n’est pas précipité, et suit la transition douce des discussions entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Les clients britanniques de N26 verront leur compte clôturé le 15 avril prochain, soit dans plus de 8 semaines. A partir de cette date en revanche, les clients ne pourront plus effectuer de paiements avec leur carte bancaire N26, et les prélèvements automatiques ne seront plus accessibles. Ils « recevront sous peu un avis de résiliation officiel », et ils devront retirer leurs fonds avant la date limite. Par la suite, leur argent pourra toujours être récupéré, mais la procédure sera plus longue. Un choix de taille dans le paysage fintech, où le concept de la néo-banque jouit par son caractère international.

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