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Mobilités Urbaines

Les deux erreurs d’Uber

La Cour de Cassation a confirmé que le lien entre Uber et ses chauffeurs relevait du contrat de travail. Uber aurait-il pu éviter ce jugement ?

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Les 2 principales erreurs d’Uber.

Posted by Presse-citron on Monday, March 9, 2020

 

Uber est-il en train de payer – à retardement – sa réputation sulfureuse et les frasques passées de ses dirigeants et de son organisation ?

La Cour de Cassation a confirmé le 4 mars la requalification en contrat de travail du lien unissant Uber et un chauffeur, indiquant par cette décision que son statut d’indépendant ne serait que fictif.

Ce n’est pas une bonne nouvelle pour la plateforme de VTC, mais il n’est pas certain pour autant que ce soit une bonne nouvelle pour tous les chauffeurs, ni pour l’économie des autres plateformes collaboratives, qu’elles œuvrent dans le secteur du VTC ou dans d’autres secteurs, comme la livraison de repas à domicile par exemple.

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Rappelons qu’Uber fait travailler à ce jour 28.000 chauffeurs, ce qui n’est pas rien. Souvent des collaborateurs peu qualifiés qui ont vu arriver ce nouveau type de travail comme une aubaine : peu de barrières à l’entrée (trop peu ?), des rémunérations qui dans les premiers temps étaient plus que décentes, et surtout une liberté et une indépendance que permet le statut d’autoentrepreneur. Car dans l’équation, contrairement à ce que l’on peut lire ici où là sur une prétendue exploitation (certains parlent même d’esclavage, tant qu’à faire…), les chauffeurs Uber sont des entrepreneurs indépendants, avec ce que cela peut induire de précarité, une situation que connaissent des dizaines de milliers d’autres indépendants, qu’ils soient artisans, graphistes, développeurs ou webmasters.

Cela étant, la première erreur d’Uber, et c’est ce qui – probablement à juste titre – lui est reproché, est d’avoir créé contre la volonté de ses chauffeurs ce qui ressemble fort à un vrai lien de subordination, autrement dit avoir édicté des règles qui rapprochent davantage leur statut de celui de salariés que de véritables indépendants. Comme l’a rappelé la Cour de Cassation, “le chauffeur ne réalise pas sa prestation en qualité de travailleur indépendant mais en qualité de salarié”. Car pour que ce soit le cas, il aurait fallu que le chauffeur dispose de la possibilité de se constituer sa propre clientèle, de la liberté de fixer ses tarifs et également de celle de définir les conditions d’exécution de sa prestation de service.

Or aucune de ces conditions ne seraient respectées selon le jugement prononcé.

Cette décision pose cependant plusieurs questions. D’une part il est loin d’être acquis que la plupart des chauffeurs aient envie de devenir salariés d’Uber. Nombre d’entre eux tiennent probablement très fort à leur indépendance. D’autre part, pour de simples raisons pratiques, il se pourrait que cela soit simplement impossible, car c’est oublier un peut vite que l’écrasante majorité des chauffeurs travaillent pour plusieurs plateformes. Quid de leur statut s’ils deviennent salariés d’Uber ? Devront-ils faire une croix sur leurs autres contrats ? Car il est fort probable qu’en échange de l’obligation de mettre en place des contrats de travail, Uber impose davantage de règles, comme par exemple une exclusivité ou règle de non-concurrence…

La deuxième erreur d’Uber réside probablement dans le fait que le contrôle et la vérification du sérieux des chauffeurs qui travaillent pour la plateforme ne sont peut-être pas assurés avec suffisamment de rigueur. Ce qui n’a sûrement pas plaidé en la faveur d’Uber.

Quoiqu’il en soit, les plateformes devront trouver un nouveau modèle économique, plus vertueux plus éthique, et plus respectueux du droit des collaborateurs.

Dans cette vidéo je vous donne d’autres éléments de point de vue sur cette décision.

2 Commentaires

2 Commentaires

  1. Tamerejelacitronne

    11 mars 2020 at 21 h 05 min

    qui si rigolo

    • Bourel

      2 avril 2020 at 10 h 30 min

      Bonjour à tous,

      Je ne suis en aucun cas d’accord avec la décision que la cassation a prise contre Uber.
      Cela fait 3 ans que je travaille en tant que chauffeur VTC, 1 an salarié pour un Capacitaire d’où oui la c’était de l’esclavage car il prenait ce qu’il voulait sur le chiffre fait.
      Mon indépendance m’a permis la liberté, le droit de géré seul mon entreprise. (en aucun cas uber impose des temps de travail, un chiffre à exécuter etc…)
      Au contraire pour ce qui est du temps de travail c’est l’état qui a fixé un temps de conduite à 10h /jours pour la sécurité,
      Mais cela ne veut pas dire qu’il faut les faire à la suite comme un forçat, c’est la l’avantage d’être en indépendant.
      Deusio : une clientèle est très facile à se faire avec ou s’en uber, et uber ne s’interpose en aucun cas sur ce point et cela a toujours été.
      Pour ce chauffeur qui attaque uber je suis désolé pour lui mais ce ne sont que des et balivernes…
      Il y a en a marre de toujours critiquer et dire n’importe quoi sur uber…
      Ce gars veut encore gagner 2000€ par mois sans travailler comme beaucoup j’en ais vu…. Exemple
      1 fois je me suis arrêter à une boulangerie dans le 18ème arrondissement de Paris (Tous les chauffeurs connaissent car c’est la seule boulangerie ouverte 24/24 et 7/7.
      6 vtc étaient garé, ils discutaient tous, mangeaient, rigolaient….
      À un moment mon application à sonner à un peine 3 minutes ou j’étais rentré dans cette boulangerie tout juste pour prendre mon café…
      Une autre fois
      J’emmène ma voiture en révision..
      Nous étions 3 chauffeurs
      L’un d’eux faisait à peu près le même chiffre que mois à la semaine et le 3ème se demandait comment nous faisions..
      Bref tout simplement celui ci commençai ses journées à 10h du matin pour finir à 16h….
      J’en ait vu d’autres se donner des rdv à nation pour faire leurs affaires..

      Tout ça pour dire que le vtc c’est un métier avec des valeurs et responsabilités.
      Ils n’ont rien compris à la signification de l’indépendance au contraire c’est la ou il faut prendre ses responsabilités et se bouger le cul.
      Ne pas se dire qu’il y a une plate-forme de mise en relation qu’elle doit devenir leur porte-feuille.
      Plate-forme n’est pas une sarl, sas, etc
      À vous de juger

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