Ils façonnent notre monde numérique, mais comment les patrons de la tech façonnent-ils l’avenir de leurs propres enfants ? Une enquête de Business Insider lève le voile sur les pratiques éducatives étonnantes de ces figures emblématiques de la Silicon Valley. Loin des clichés d’une jeunesse baignée dans les dernières innovations, c’est une approche souvent restrictive et traditionnelle qui se dessine.
Écrans limités, responsabilités maximisées
Paradoxe saisissant : les créateurs des technologies qui captent perpétuellement notre attention cherchent a contrairo à en préserver leurs enfants. Mark Zuckerberg, le patron de Meta, donne le ton : « Je ne veux pas que mes enfants soient assis devant une télévision ou un ordinateur pendant une longue période ». Une philosophie partagée par Sundar Pichai de Google, qui, en 2018, refusait encore un smartphone à son fils de 11 ans.
Une restriction qui ne se limite pas aux écrans. Ces magnats du numérique misent sur la responsabilisation précoce. Chez les Zuckerberg, les tâches ménagères font partie du quotidien des enfants. Satya Nadella, PDG de Microsoft va plus loin en confiant à ses enfants la garde d’animaux de compagnie. Son épouse, Anupama, explique : « Il y a un sentiment différent de camaraderie et de responsabilité qui vient avec cela ».
Entre tradition et audace : des approches sur mesure
Bill Gates surprend en adoptant une méthode des années 70, « Love and Logic », une approche éducative qui vise à élever des enfants responsables et autonomes tout en maintenant une relation parent-enfant forte et aimante. Fini les cris et les réprimandes, place à une approche mesurée qui vise à éviter de gâter ses enfants. « Nous voulons trouver un équilibre où ils ont la liberté de faire n’importe quoi, mais sans qu’on leur donne beaucoup d’argent et qu’ils sortent pour ne rien faire » confie l’ex-couple Gates.
À l’autre bout du spectre, Jeff Bezos fait le pari de l’autonomie radicale. Couteaux tranchants à 4 ans, outils électriques à 7 ans : le fondateur d’Amazon prépare ses descendants aux défis de la vraie vie.
Entre ces deux extrêmes, Alexis Ohanian, cofondateur de la plateforme Reddit, prône même un retour aux sources. « Ma femme et moi voulons qu’elle s’ennuie » dit-il à propos de sa fille, valorisant le temps passé seule avec ses pensées et ses jouets.
L’ironie de ces témoignages ne manquera pas d’interpeller. Ces mêmes visionnaires qui ont forgé notre dépendance numérique s’évertuent à en protéger leur progéniture avec un zèle presque monastique. On pourrait presque y voir une forme d’aveu : leurs créations seraient-elles trop dangereuses pour leurs propres enfants ? Au final, cette quête d’une éducation « déconnectée » ressemble à s’y méprendre à une forme d’expiation high-tech. Comme si, conscients des démons qu’ils ont libérés sur le monde, ces nouveaux Dr. Frankenstein tentaient de racheter leur âme en élevant leurs enfants dans une bulle analogique. Une bien étrange manière de préparer l’avenir pour ceux qui prétendent le créer pour nous.
- Les patrons de la tech limitent drastiquement l’accès aux écrans pour leurs enfants.
- Ils favorisent la responsabilisation précoce via des tâches ménagères et la garde d’animaux.
- Leurs méthodes éducatives varient de l’approche traditionnelle à l’autonomie radicale, révélant un paradoxe entre leurs créations et leur vie familiale.
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Les dealers ne se cament pas, les dirigeants de fast-food mangent sainement, ceux des boissons gazeuses évitent leurs boissons infâmes.
Liste non exhaustive.
Ils sont tous autant qu’ils sont bien placés pour connaître les ravages occasionnées par leurs produits, en tous les cas par l’abus de ceux-ci.
Mais ils ne sont certainement pas les seuls à envisager le filtre, le tamis à même de débarrasser l’or des temps modernes (il y a de fort belles choses) de ses scories, le bon grain de l’ivraie. En dehors des parents, de certains d’entre-eux en tous les cas, on peut penser au Danemark, pays dont les autorités ont donné comme consigne aux établissements scolaires de mettre fin au tout-numérique comme support de l’apprentissage et de retourner au bon vieux livres, papier et crayon, de laisser au placard de l’école leurs smartphones : à la récré les gosses se sont remis à bavarder entre eux, à jouer au ballon plutôt qu’être perpétuellement occupés, préoccupés par leurs écrans.