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Les licenciements abusifs sont en train de coûter très cher à X…

La société doit verser 550 000 euros d’indemnités à l’un de ses ex-employés en Irlande.

Un ancien employé de X, anciennement Twitter, vient de remporter son procès contre la plateforme. Cette dernière est condamnée à lui verser 550 000 euros d’indemnités, soit un montant record pour une affaire de licenciement abusif devant la Workplace Relations Commission (WRC), agence publique irlandaise responsable des relations industrielles.

Le fameux ultimatum

Lorsqu’il est arrivé à la tête de l’ex-Twitter en 2022, Elon Musk a décidé de se séparer de la majorité des salariés de l’entreprise. Pour ce faire, il a employé une méthode peu conventionnelle : l’envoi d’un message leur posant un ultimatum. « À l’avenir, pour créer un Twitter 2.0 révolutionnaire et réussir dans un monde de plus en plus compétitif, nous devrons faire preuve d’une extrême rigueur. Seules des performances exceptionnelles permettront d’obtenir la note de passage », a-t-il écrit.

Le personnel était invité à cliquer sur « oui » dans un délai de 24 heures pour accepter les nouvelles conditions de travail, bien que celles-ci n’aient pas été explicitement spécifiées. ​​Gary Rooney, qui évoluait au sein de l’entreprise depuis 9 ans, a expliqué lors du procès qu’il avait éprouvé un sentiment d’incrédulité à la vue de l’e-mail.

Et pour cause. Trois jours plus tard, il a reçu un autre courriel de X, lui indiquant que sa décision de démissionner avait été actée. Son accès aux systèmes de la société a été coupé dans la foulée.

Elon Musk
© Wikimedia Commons / Dan Taylor / Heisenberg Media

Le plaignant dénonce un manque de clarté de la part de X

Or, malgré le fait de ne pas avoir cliqué sur « oui », Rooney estime ne pas avoir quitté volontairement la société. Selon lui, le délai accordé par X pour prendre sa décision était inacceptable, d’autant plus après neuf ans passés dans l’entreprise.

Le manque de clarté de la firme sur la possibilité de travailler les week-ends et de faire des heures supplémentaires lui ont également mis la puce à l’oreille. Sans connaître de telles implications, il était impossible de faire un choix éclairé, a expliqué Arthur Cush, l’avocat de Gary Rooney.

Le 7 décembre 2022, Rooney s’est vu proposer un projet d’accord de service d’une valeur de 22 384 euros, qui serait retiré s’il n’était pas accepté dans un délai de deux semaines. Ce montant était nettement inférieur à ce qu’il aurait pu attendre en fonction de son ancienneté et de son package de rémunération, qui s’élevait à 369 937 euros par an. D’où sa décision d’en venir au tribunal.

Condamnation de X

Pour sa part, X nie tout licenciement, assurant que l’e-mail envoyé aux employés était précis et compréhensif. La société a également cité des messages envoyés par le plaignant peu de temps après la réception du courriel, dans lesquels il faisait part de son envie de la quitter. En outre, elle explique que sur les 270 employés en Irlande qui ont reçu l’e-mail, 235 ont cliqué « oui » et ont conservé leur rémunération et leurs fonctions inchangées.

La justice s’est rangée du côté de Gary Rooney. X est ainsi condamnée à verser 550 000 euros à son ancien cadre pour licenciement abusif. La plateforme n’a pour le moment pas réagi à ce verdict. Mais il est probable que des affaires similaires la forcent à mettre davantage la main à la poche. L’ancien PDG de Twitter, Parag Agrawal, ainsi que d’autres ex-dirigeants, exigent plusieurs millions de dollars d’indemnités de départ.

  • En Irlande, X est condamnée à verser 550 000 euros à l’un de ses anciens employés pour licenciement abusif
  • Le plaignant n’avait pas cliqué sur « oui » lors de la réception d’un e-mail décrivant les efforts à déployer pour construire le Twitter 2.0
  • 24 heures plus tard, X l’a notifié que sa démission était actée. L’homme nie avoir voulu quitter volontairement l’entreprise

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Par : Twitter, Inc.
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1 commentaire
1 commentaire
  1. Quand on vous dit qu’Elon Musk se moque du monde …
    Ce qui relie et différencie Musk de Trump c’est que tous deux se fichent éperdument de tous et balaient tout ce qui s’oppose à eux, Musk parce que s’opposer à lui c’est s’opposer à sa mégalomanie au services de rêves de gosse, Trump parce que s’opposer à lui c’est s’opposer à son portefeuille au service d’une pathologie vraisemblablement acquise de par une éducation dont le leitmotiv fut “N’abandonne jamais”. Les deux sont la plaie de l’Amérique, ce que ce pays a pu faire de pire.

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