Les craintes d’une future pandémie parmi la communauté scientifique s’appuient sur des faits vérifiables : augmentation des maladies zoonotiques, virus émergents, voyages internationaux rapides et fréquents, surpopulation, etc. L’Université de Cambridge a choisi de prendre les devants en lançant un programme de recherche baptisé Engineered Pandemics Risk Management Programme.
Une initiative qui rassemble des sommités mondiales en immunologie, politique scientifique et biotechnologie pour faire face à une éventualité glaçante : une pandémie délibérément conçue par l’Homme.
Technologie moderne et agents pathogènes : un cocktail explosif
L’utilisation d’agents pathogènes comme armes remonte à plusieurs millénaires ; certains historiens attribuent l’apparition de la Peste Noire en Europe à une tactique délibérée de la Horde d’or mongole qui, lors du siège de Caffa en 1346, aurait catapulté des cadavres infectés par-dessus les murailles de la ville. La suite, nous la connaissons : un tiers de la population européenne fut décimée, même si cette hypothèse du siège de Caffa reste encore débattue. En effet, de nouvelles études tendent à prouver que la bactérie yersinia pestis, responsable du virus de la peste, était déjà présente en Eurasie bien avant cet épisode.
Cette stratégie rudimentaire préfigurait déjà les risques que le programme de Cambridge tente aujourd’hui d’anticiper, sauf qu’en un peu moins de 700 ans, nos civilisations ont légèrement évolué. Intelligence artificielle et édition génétique : deux technologies qui, en théorie, permettrait de modifier des agents pathogènes avec une précision et une efficacité redoutable pour les rendre plus agressifs.
« Nous avons aujourd’hui l’opportunité d’adopter une approche concertée pour gérer les risques posés par les pandémies artificielles », explique Clare Bryant, professeure au Département de Médecine de Cambridge et co-présidente du programme. « Il est impératif que des spécialistes et organismes de tous horizons collaborent pour identifier les acteurs potentiels de telles menaces et leurs impacts probables. Nous devons élaborer des politiques fondées sur des preuves scientifiques et des réseaux qui nous aideraient à réagir – ou mieux encore, à prévenir – de telles éventualités ». Sur le papier, l’idée est excellente, mais comment s’y prendre ?
Préparer l’impensable : logistique de crise et désinformation
En plus d’identifier les acteurs étatiques ou non-étatiques susceptibles de modifier des pathogènes dangereux, le programme aborde d’autres aspects. Premièrement, les défaillances révélées par la pandémie de COVID-19. Les experts travaillant pour ce dernier élaborent des modèles prédictifs pour anticiper les besoins en équipements de protection, en infrastructures médicales et en vaccins si l’on devait affronter de nouveau une grave crise sanitaire.
Autre levier sur lequel Cambridge veut appuyer : la méfiance envers la science et la propagation de fausses informations. Un volet indispensable lorsque l’on voit ce qu’il s’est passé lors du COVID-19. Encore plus lorsqu’on sait que c’est désormais Robert F. Kennedy Jr., désormais secrétaire à la Santé et aux Services sociaux aux USA depuis cette année. Un complotiste de bas-étage, anti-vaccins, connu pour des diatribes aussi absurdes que : « Les gouvernements aiment les pandémies, et ils aiment les pandémies pour les mêmes raisons qu’ils aiment la guerre. Parce qu’elle leur donne la possibilité d’imposer à la population des contrôles que celle-ci n’accepterait jamais autrement… ».
Pour le moment, le calendrier de publication des travaux reste indéterminé, mais il faudra suivre de près les publications qui sortiront de l’Engineered Pandemics Risk Management Programme. Si les risques sur lesquels il se penche peuvent nous apparaître pour l’instant assez lointains, ce n’est pas parce qu’ils n’existent pas, c’est parce que nous n’avons pas encore été confrontés à une telle catastrophe.
- L’Université de Cambridge lance un programme pour anticiper le risque de pandémies délibérément conçues grâce aux avancées en génétique et en IA.
- Les chercheurs travaillent sur la prévention, la gestion de crise et l’impact des fausses informations en cas d’épidémie artificielle.
- Face aux lacunes révélées par la propagation du COVID-19, ce programme vise à mieux préparer le monde à une menace sanitaire encore inconnue.
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