L’Institut de Virologie de Wuhan vient de détecter un nouveau membre de la famille des coronavirus, baptisé HKU5-CoV-2. Cette variante du virus HKU5-CoV, initialement découvert en 2006 chez des petites chauves-souris (Pipistrellus abramus) à Hong Kong, présente des caractéristiques particulières, toutes compilées dans la revue Cell le 18 février. L’une a retenu l’attention des chercheurs : il peut infecter un large éventail de mammifères, dont l’espèce humaine. Sera-t-il le vecteur de la prochaine pandémie crainte par tous les virologues ?
Un nouveau virus sous surveillance
Les expériences menées en laboratoire démontrent que certaines souches de HKU5-CoV-2 interagissent efficacement avec le récepteur ACE2 humain pour pénétrer dans les cellules. C’est une protéine présente à la surface de certaines cellules de l’organisme qui a servi de porte d’entrée au SARS-CoV-2, responsable de la pandémie de COVID-19. Cette similitude dans le mécanisme d’infection inquiète naturellement les spécialistes.
Le HKU5-CoV-2 présente une parenté plus étroite avec le virus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) qu’avec le SARS-CoV-2. Les chercheurs ont par ailleurs constaté que les anticorps spécifiques au SARS-CoV-2 n’offriraient probablement qu’une protection limitée contre ce nouveau virus.
Cependant, les scientifiques ont également identifié plusieurs facteurs restreignant la capacité de HKU5-CoV-2 à infecter efficacement l’homme. Parmi ces facteurs figurent des incompatibilités structurelles avec certains co-récepteurs cellulaires humains, des mécanismes d’entrée virale moins efficaces que ceux du SARS-CoV-2, et une disposition réduite à échapper aux défenses immunitaires innées.
Un point fondamental qui a d’ailleurs été souligné dans leur publication : « En raison de ces facteurs sous-optimaux pour l’adaptation humaine, le risque d’émergence du HKU5-CoV-2 dans les populations humaines ne doit pas être exagéré ».
Les coronavirus : l’Épée de Damoclès du XXIᵉ siècle
Si HKU5-CoV-2 pourrait ne jamais infecter l’homme, d’autres virus similaires pourraient éventuellement y parvenir, c’est pourquoi l’OMS dresse régulièrement une liste des agents pathogènes prioritaires.
Les coronavirus forment un groupe diversifié de virus infectant mammifères et oiseaux, dont sept sont actuellement connus pour toucher l’homme. Quatre d’entre eux provoquent généralement un rhume bénin, tandis que les trois autres ont causé des épidémies plus graves : le SRAS original au début des années 2000, le MERS (maladie zoonotique dangereuse, mais limitée, transmise principalement des chameaux aux humains), et enfin le SARS-CoV-2, à l’origine de la pandémie la plus dévastatrice depuis un siècle, ayant provoqué plus de 20 millions de décès dans le monde depuis fin 2019.
Aucun cas humain d’infection par HKU5-CoV-2 n’a été signalé à ce jour. De plus, la capacité théorique d’un virus à franchir la barrière d’espèce ne garantit nullement sa transmission interhumaine ultérieure – un phénomène qui demeure exceptionnel dans la nature.
Il n’a pas fallu attendre 2019 pour que les scientifiques s’inquiètent du potentiel pandémique des coronavirus, compte tenu de leur large distribution dans le règne animal : des préoccupations qui se trouvent aujourd’hui renforcées par la découverte de HKU5-CoV-2.
Dans tous les cas, qu’il s’agisse d’un coronavirus, d’une grippe aviaire ou d’un autre agent pathogène encore inconnu, les conditions propices à une prochaine pandémie se préparent inévitablement. Même si HKU5-CoV-2 n’en sera pas nécessairement responsable, nous devons nous y préparer : de nouvelles crises sanitaires mondiales éclateront dans les décennies à venir.
- Des chercheurs chinois ont identifié HKU5-CoV-2, un nouveau coronavirus capable d’infecter plusieurs mammifères, dont l’homme.
- Le virus utilise le récepteur ACE2 pour entrer dans les cellules humaines, comme le SARS-CoV-2, mais sa capacité à se transmettre reste limitée.
- S’il ne représente pas une menace immédiate, cette découverte rappelle que d’autres agents pathogènes pourraient un jour provoquer une nouvelle pandémie.
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