Pendant l’Antiquité, des philosophes comme Théophraste ou Platon s’étaient déjà intéressés au sommeil. Toutefois, ce dernier est resté malgré tout très mystérieux jusqu’au XXᵉ siècle. C’est à ce moment-là que l’électroencéphalogramme a été développé, ce qui a permis aux scientifiques de mieux comprendre son rôle. Il est un pilier fondamental de notre santé et demeure encore l’un des phénomènes les plus fascinants et complexes de la biologie humaine.
Loin d’être un simple état de repos, il est constitué d’une série d’événements neurologiques et physiologiques précis qui restent indispensables à notre survie. Des cas extrêmement rares existent, comme celui de Paul Kern. Lors de la Première Guerre mondiale, il reçut une balle en pleine tête qui le priva d’une partie de son lobe frontal. À la suite de cette blessure, celui-ci n’a plus jamais dormi pendant 40 ans. Un mystère qui reste encore à ce jour non résolu.
Le sommeil, un allié indispensable
Lorsque nous rentrons en phase de sommeil, notre cerveau est loin d’être inactif. En réalité, celui-ci est même engagé dans une activité assez intense de consolidation de la mémoire. Il organise et renforce les connexions neuronales afin de transformer la somme des informations apprises pendant la journée en souvenirs durables. Ce phénomène cérébral intervient principalement lors du sommeil profond et paradoxal (nous y reviendrons plus tard).
Fondamentale pour l’apprentissage et la mémorisation, cette phase permet à notre cerveau d’organiser correctement les nouvelles connaissances, de traiter et de stocker les expériences vécues sans interférences.
Selon la Fondation pour la Recherche Médicale, ne pas assez dormir, même si ce n’est pas régulier, comporte déjà des risques. « Après une nuit trop courte, il y a des risques immédiats : troubles de l’humeur, baisse de l’attention et problème de vigilance. À moyen terme, c’est une irritabilité importante qui peut s’installer, un risque de syndrome dépressif et surtout des difficultés d’apprentissage » explique-t-elle sur son site.
Bien évidemment, le sommeil sert également à la récupération énergétique de l’organisme. Paradoxalement, cette économie d’énergie n’est pas si importante que l’on pourrait le penser. Par rapport à un sujet en état de veille passive, le sommeil diminue la consommation d’énergie du corps entre 5 et 11 %. C’est peu, mais cette stratégie d’optimisation énergétique est essentielle.
Un autre aspect fondamental du sommeil est son impact sur le système immunitaire. Lorsque nous dormons, un processus de réparation et de renforcement des défenses naturel a lieu, qui nous arme pour combattre plus efficacement les infections et les maladies par optimisation de la réponse immunitaire de l’organisme.
C’est aussi à ce moment-là que notre corps ajuste la production de certaines hormones essentielles à la vie, comme le cortisol (stress physique et émotionnel) ou la ghréline et leptine (régulation de la faim).
L’architecture complexe des phases de sommeil
Si l’on devait comparer le sommeil à une pièce de musique, celle-ci serait dirigée par deux chefs d’orchestre différents et ne pourrait pas commencer à être jouée sans eux. Le premier est l’horloge biologique, qui programme notre sommeil à un moment donné de la journée, généralement la nuit. Le deuxième est baptisé pression de sommeil, qui correspond à l’accumulation graduelle du besoin de dormir au fur et à mesure que nous restons éveillés.
Le sommeil est un processus très organisé, composé de plusieurs cycles distincts, que nous traversons plusieurs fois lors d’une nuit complète.
Le premier cycle est baptisé sommeil léger (Stade N1 et N2), qui correspond à la phase de transition entre l’éveil et le sommeil plus profond. C’est ce cycle qui représente la majorité du temps de sommeil total. Lors de cette phase, les muscles commencent à se détendre, la fréquence cardiaque baisse ainsi que celle de la respiration. La température corporelle, elle aussi, chute : pour le cerveau, c’est le signal qu’il est temps de dormir. À ce moment-là, il est encore très facile de se faire réveiller par des stimuli externes.
Vient ensuite le sommeil profond (stade N3), que l’on appelle également sommeil à ondes lentes. C’est le cycle le plus important pour la récupération physique et la consolidation de la mémoire. Lorsque nous sommes dans cette phase de sommeil, l’organisme se répare : réparation ou régénération des tissus, construction des muscles et des os, et renforcement du système immunitaire. Comme son nom l’indique, il est bien plus difficile d’être réveillé lors de ce cycle.
Le sommeil paradoxal ou REM (Rapid Eye Movement) est caractérisé par une activité cérébrale rapide, quasi similaire à celle du stade d’éveil. Les muscles sont paralysés, les mouvements oculaires involontaires rapides et c’est lors de cette phase que la plupart des rêves ont lieu. Ce cycle joue un rôle clé dans le traitement des expériences de la journée qui vient de s’écouler et dans la consolidation de la mémoire émotionnelle.
Tous ces cycles se répètent plusieurs fois au cours d’une nuit complète, et durent généralement entre 90 et 120 minutes chacun. En moyenne, nous traversons 4 à 6 cycles de sommeil chaque nuit.
Le sommeil peut être comparé à un des architectes de notre organisme, travaillant en silence pour que celui-ci fonctionne de manière optimale. Il régule et harmonise les différents systèmes du corps ; physiques ou psychologiques ; et veille à notre bien-être global. Si important soit-il, « entre 30 et 50 % des adultes en France ont déclaré la présence d’un trouble du sommeil » selon Santé publique France. Une condition touchant davantage les femmes que les hommes.
- Le sommeil joue un rôle clé dans le bon fonctionnement de notre organisme.
- Il consolide la mémoire, renforce notre système immunitaire, permet au corps de récupérer et régule la production d’hormones.
- Une nuit est décomposée en plusieurs cycles de sommeil, chacun avec des caractéristiques différentes.
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