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« Les startups comme Mistral AI mettront la clé sous la porte » : le Prix Nobel d’Économie tacle la Taxe Zucman

Quelques heures seulement après l’annonce de son Prix Nobel d’Économie 2025, l’économiste Philippe Aghion s’est exprimé fermement contre la taxe Zucman, visant à taxer les hauts revenus, qu’il perçoit comme une grave menace pour l’innovation et pour l’avenir des startups françaises, à l’image du fleuron de l’IA, Mistral AI.

Lors d’une conférence de presse, Philippe Aghion, tout juste primé du Prix Nobel d’Économie, n’a pas mâché ses mots au sujet de la taxe Zucman. « C’est une très mauvaise idée, parce que ça décourage l’innovation », a-t-il déclaré. La taxe Zucman, du nom de l’économiste Gabriel Zucman, a pour but de taxer les patrimoines privés supérieurs à 100 millions d’euros. Pour Philippe Aghion, cette mesure présente des risques pour de nombreuses entreprises. Si cette taxe était appliquée, de nombreuses jeunes entreprises innovantes ayant une forte valorisation mais peu de liquidités, comme Mistral AI, pourraient se retrouver dans une impasse financière. « Il part ailleurs immédiatement, ou alors il met la clé sous la porte », martèle-t-il, évoquant le cas d’Arthur Mensch, patron de Mistral AI. Selon lui, cette entreprise serait alors contrainte de chercher des investisseurs non pas pour financer sa croissance, mais pour distribuer un impôt jugé contre-productif.

Selon le chercheur, cela signifie que la révolution de l’intelligence artificielle pourrait tout simplement passer sous le nez de la France, alors même que le pays dispose de talents et d’écosystèmes capables de rivaliser avec les géants américains.

Philippe Aghion (dont les travaux sont mondialement reconnus pour montrer l’importance de l’innovation dans la croissance durable) reproche ouvertement au modèle de Gabriel Zucman de ne pas placer l’entreprise au cœur du système. Il rappelle que le modèle schumpétérien, sur lequel il fonde ses recommandations, mise précisément sur la capacité des startups à transformer la société et l’économie. Il souligne également une faiblesse structurelle française : le manque de dispositifs incitatifs pour que les assurances-vie financent l’innovation. Pour lui, fiscaliser à outrance ces acteurs revient à freiner les moteurs de la croissance et de l’emploi.

La Taxe Zucman secoue la French Tech

La rentrée de la French Tech s’est elle aussi transformée en arène politique. Philippe Aghion et Gabriel Zucman se sont opposés publiquement, parfois avec virulence, devant un parterre d’entrepreneurs tricolores, dont une bonne partie exprimaient leur inquiétude face à une mesure qu’ils jugent punitive. Si certains dirigeants, comme Arthur Mensch, ont réclamé une fiscalité plus juste, ils ont aussi précisé ne pas soutenir la taxe Zucman.

Pourtant soutenue dans l’opinion publique française par souci de justice fiscale, la taxe Zucman soulève d’intenses débats chez les économistes, les entrepreneurs et même les journalistes spécialisés. Les partisans de Gabriel Zucman expliquent que la mesure vise d’abord à équilibrer la répartition des richesses dans une société de plus en plus polarisée, tandis que ses opposants alertent sur l’urgence de protéger le secteur des entreprises innovantes.

  • Le Prix Nobel d’Économie Philippe Aghion alerte sur la menace que représente la taxe Zucman pour les startups françaises, à commencer par Mistral AI.
  • Selon lui, cette taxation risque de décourager l’innovation et de pousser les entrepreneurs à financer l’impôt au lieu de la croissance.
  • Le débat divise l’opinion et le monde de la tech, alors que la mesure est soutenue par une partie des Français au nom de la justice fiscale.

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