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L’Europe accepte, et désamorce le rachat de Fitbit par Google

La Commission européenne espère éviter de futurs abus, en barrant la voie des données de Fitbit pour la publicité de Google. Une porte ouverte aux monopoles, mais pas aux abus de position dominante selon Margrethe Vestager.

Après un an d’enquête et de questionnements, le rachat de Fitbit par Google pour 2,1 milliards de dollars a reçu le feu vert européen. Bruxelles a donné sa réponse alors qu’elle annonçait son verdict initialement entre le 23 décembre et le 8 janvier.

Fitbit pourrait appartenir à Google prochainement, une fusion que les autorités et des ONG comme Amnesty International craignaient. Fitbit, le spécialiste des objets connectés pour la santé, serait une parfaite source de données à Google pour optimiser ses pubs et en savoir toujours plus sur ses utilisateurs.

La Commission européenne accepte la transaction, en ajoutant des conditions dans l’espoir de désamorcer la puissance d’une telle acquisition. La plus médiatique concerne une période de dix années durant lesquelles Google ne pourra utiliser les données de santé à des fins d’optimisation des publicités.

La Commission a indiqué que cette période pourrait être renouvelée de dix ans supplémentaires, et qu’un mandataire sera attribué.

Google devra donc s’en tenir à son objectif initial : « investir encore plus dans Wear OS et introduire des appareils portables Made by Google sur le marché », comme l’annonçait l’un de ses cadres en novembre 2019, lors de l’annonce de la volonté de rachat de Fitbit. En revanche, l’Europe demande également à Google qu’il s’engage à respecter « une séparation technique » entre son activité et celle de Fitbit.

« Nous pouvons approuver le projet d’acquisition de Fitbit par Google parce que les engagements garantiront que le marché des objets connectés et le secteur naissant de la e-santé resteront ouverts et concurrentiels » a déclaré Margrethe Vestager, vice-présidente exécutive de la Commission européenne, dans un communiqué ce jeudi.

D’autres engagements annexes, pour la licence Android

Depuis l’ouverture d’une enquête « approfondie », le 4 août dernier par Bruxelles, la liste des conditions et des engagements à prendre pour Google commençait à prendre forme, et une autre piste de négociation a été validée ce jeudi. Elle concerne un point annexe au rachat, concernant la licence Android.

La Commission européenne a négocié pour que Google garantisse des licences Android gratuites pour toutes les fonctionnalités de base des appareils concurrents à Google. Le sujet fait bien évidemment écho aux interdictions faites à Huawei, et l’Europe compte protéger ses marques, pour éviter la même mésaventure.

Les API Android sont également concernées, et la Commission demandait à Google de ne pas dégrader la prise en charge du kit Android via API qui ferait fonctionner les services de façon moins optimale que sur les appareils natifs de Google.

Aux États-Unis, l’annonce de la Commission européenne est critiquée par ceux qui aimeraient réguler les GAFA en mettant de vraies mesures de démantèlement. La semaine dernière, la vice-présidente exécutive de la Commission avait déclaré devant les députés : « En Europe, nous n’avons pas d’interdiction des monopoles », rassurant en revanche de la bienveillance sur les marchés avec l’article 102, punissant les abus de position dominante.

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