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Libra : le guide A-Z de la crypto-monnaie Facebook

Facebook a publié le document fondateur de sa crypto-monnaie : Libra.

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Crypto-monnaie Libra
© Libra

Genèse du projet

Alors que les rumeurs couraient depuis maintenant plusieurs mois, le groupe Facebook a officialisé mardi 18 juin 2019 sa propre crypto-monnaie baptisée « Libra » basée sur une blockchain privée. Avec l’appui de nombreux partenaires, cette devise virtuelle a pour ambition de créer un nouvel écosystème financier au delà des réseaux sociaux du groupe américain (Messenger et Whatsapp).

Libra devrait surtout permettre à Facebook de diversifier ses activités et trouver un nouveau levier de croissance, alors qu’il tire aujourd’hui 98% de son chiffre d’affaires de la publicité en ligne. Lou Kerner, un expert en crypto-monnaies particulièrement reconnu, affirme même que ce nouveau projet « pourrait être une des décisions les plus importantes de l’histoire de Facebook ».

Depuis le scandale Cambridge Analytica en mars 2018, Facebook est sous le feu des critiques pour sa gestion controversée des données de ses utilisateurs. Pour rassurer les futurs usagers sur sa crypto-monnaie, le groupe a décidé d’en confier la gestion à une entité indépendante basée en Suisse, à Genève. Cette dernière est composée d’entreprises et d’associations dont l’objectif est d’assurer la neutralité des décisions.

Objectifs de Libra

Avec cette devise virtuelle, Facebook a pour projet de répondre aux limites du transfert d’argent actuel. Au delà du fait qu’elle souhaite donner une vraie chance aux exclus du système bancaire (et notamment aux habitants de pays émergents), la Libra a pour objectif d’offrir un système gratuit qui permette de transférer de l’argent via un smartphone « aussi facilement et instantanément que lorsque vous envoyez un message » dixit le communiqué de Facebook. Ce dernier précise aussi que « près de la moitié des adultes dans le monde n’a pas de compte bancaire actif », ce qui justifie encore un peu plus sa raison d’être.

Taux de bancarisation

© Libra

Avec Libra, le groupe Facebook se positionne ainsi sur plusieurs créneaux très porteurs :  tout d’abord, il s’expose au gigantesque marché des « remittance » (transfers d’argent de migrants vers leurs familles dans les pays en développement) qui s’élèverait à 529 milliards de dollars en 2018 selon les chiffres fournis par la Banque Mondiale. Il viendrait rivaliser directement avec des acteurs traditionnels comme Western Union ou MoneyGram, qui facturent parfois jusqu’à 20% de commission sur les transferts, en incluant un taux de change entre les devises.

Facebook veut aussi permettre aux détenteurs de la crypto-monnaie de payer des biens et des services, ou encore réaliser des échanges d’argent entre utilisateurs (cagnottes, paiements) avec l’ambition de les aider à « économiser, envoyer et payer » toujours sans aucun frais, et de manière instantanée. Cette stratégie ne va pas sans rappeler le géant chinois WeChat, qui offre déjà des fonctionnalités similaires.

Caractéristiques de Libra

Caractéristiques de la crypto-monnaie Libra © Libra

Calibra, une société et un portefeuille

Comme toutes les crypto-monnaies, les utilisateurs devront s’équiper d’un portefeuille électronique sur mobile pour les stocker – sur le même principe qu’une solution comme PayPal. Pour cela, Facebook a crée une filiale baptisée « Calibra » qui a elle-même mis au point son premier produit – un portefeuille éponyme qui permettra de stocker ses Libra de manière sécurisée.

Portefeuille Calibra

© Calibra

Si les applications Whatsapp et Messenger vont intégrer cette solution nativement, quiconque pourra utiliser le portefeuille Calibra pour stocker la devise virtuelle. Cette application permettra également aux utilisateurs d’acheter et vendre des Libra contre des devises classiques, ou de régler ses achats à l’instar d’un Apple Pay. Facebook a mis en place un système sécurisé de contrôle de l’identité des utilisateurs (avec une pièce d’identité obligatoire) pour éviter tout risque de blanchiment d’argent. Calibra est d’ailleurs enregistrée comme une entreprise de transfert d’argent aux États-Unis, et elle se conforme ainsi à un certain nombre de règles.

Paiement Calibra

© Calibra

Pourquoi choisir le modèle d’association ?

Alors que Facebook a été vivement critiqué ces derniers mois pour ses manquements dans protection de la vie privée de ses utilisateurs, le groupe américain a voulu légitimer sa crypto-monnaie en créant une association à but non lucratif et indépendante à Genève, en Suisse (Libra Association), qui s’occupera de gérer le projet Libra.

Cette association est composée aujourd’hui de 28 membres fondateurs, mais elle pourrait rapidement être amenée à dépasser les 100. Parmi eux, on retrouve des spécialistes du paiement (Visa, Mastercard, PayPal, Stripe, PayU), des entreprises de l’internet (Uber, Lyft, Booking, eBay, Farfetch, Spotify, Mercado Pago, Facebook / Calibra), des entreprises télécoms (Vodafone et le français Iliad, maison-mère de Free), des géants de la blockchain (Coinbase, Xapo, Anchorage, BisonTrails), des fonds de capital risque (Andreessen Horowitz, Ribbit Capital, Thrive Capital, USV, Breakthrough Initiatives) mais également des associations sans but lucratif (Kiva, Mercey Corps, Women’s World Banking et Creative Destruction Lab).

Association Libra

© Libra

Si Facebook fait partie des membres fondateurs via sa filiale Calibra, elle restera toutefois « un membre comme les autres » dans une gouvernance démocratique. Chacun des ces membres s’est engagé à verser 10 millions de dollars dans une réserve commune, qui permettra d’opérer un noeud et de protéger la Libra contre une forte volatilité.

Comme on peut le lire dans le document fondateur (white paper) de Libra, cet argent sera placé sur des actifs réels peu volatils, mais pas de l’or : « Libra sera soutenue par un ensemble d’actifs à faible volatilité, tels que des titres gouvernementaux dans des devises provenant de banques centrales stables et réputées « . Il est intéressant de souligner qu’aucune institution financière n’a été intégrée dans l’association Libra.

Comment éviter la volatilité du Bitcoin ?

Contrairement au Bitcoin, la Libra se classe dans la catégorie des « stablecoin » – à l’instar d’une autre crypto-monnaie populaire, le Tether. La devise virtuelle est adossée à une réserve d’actifs stables comme des devises classiques ou des obligations d’État, ce qui permettra de limiter sa volatilité. Cette réserve est entièrement contrôlée par la Libra Association, qui explique raisonnablement dans son communiqué : « Pour qu’une nouvelle monnaie inspire confiance et soit adoptée, il fallait garantir que les billets émis puissent être échangés contre de vrais actifs, comme l’or ».

Dans une allocution, David Marcus, le responsable du projet chez Facebook, a donné davantage de détails sur la méthode pour stabiliser cette crypto-monnaie : il s’agira « d’une réserve comprenant des actifs de première qualité, un panier de devises comme le dollar, l’euro, la livre sterling, le yen, et des bons du Trésor des plus grandes banques centrales (Fed, BCE, BoE, BoJ), selon une parité d’un pour un ».

Si la Libra parvient à maîtriser sa volatilité, la crypto-monnaie pourrait bien s’imposer comme une alternative crédible aux devises dans les pays émergents à forte instabilité économique, où l’inflation est un véritable fléau. Ces dernières années, le Bitcoin – bien que considéré comme volatil – a déjà servi de devise refuge dans de nombreuses crises économiques (Argentine, Vénézuéla, Grèce…). David Marcus précise que la Libra a « vocation à être un vecteur d’échanges quotidiens, pas un instrument spéculatif ».

Comment acheter des Libra ?

Si la phase d’expérimentation a officiellement commencé au mois de juin 2019, la crypto-monnaie Libra sera toutefois accessible au grand public un peu plus tard, « au premier semestre de l’année 2020 ». A ce moment-là, les utilisateurs auront alors la possibilité d’acheter des Libra en l’échange de devises fiduciaires (euros, dollars) ou électroniques, et notamment via l’application Calibra.

Au delà de l’application Calibra, les réseaux sociaux Whatsapp et Messenger vont aussi intégrer de manière native un portefeuille qui permettra acheter, vendre et stocker ces crypto-monnaies. Mais Facebook a annoncé que des points de vente physiques (bureaux de change, commerçants) permettront de réaliser ces mêmes opérations : les usagers pourront facilement récupérer sur leur smartphone des Libra en l’échange d’espèces.

Les plateformes d’échange de crypto-monnaies plus traditionnelles comme Coinbase ou Binance devraient aussi offrir un marché pour cette nouvelle crypto-monnaie. Le PDG d’eToro, Yoni Assia, a rapidement réagi suite à l’officialisation de Libra : « il s’agit d’un séisme dans la finance mondiale […] nous avons hâte de pouvoir lister Libra sur eToroX, notre plateforme d’échange de crypto-monnaies ».

Premières controverses

Pour rassurer ses futurs utilisateurs sur leurs données, Facebook a explicitement assuré que Calibra serait indépendante du réseau social : dans les conditions d’utilisation de cette dernière, on y apprend qu’elle a été créée pour « pour s’assurer que les données sociales et financières soient séparées » et elle « ne partagera pas d’information sur les comptes, ou d’informations financières, avec Facebook ou avec de tierces parties, sans le consentement de l’utilisateur ».

Le groupe ajoute toutefois une condition sur cet engagement fort : « A part dans certains cas limités pour assurer la sécurité des utilisateurs, nous plier à la loi, ou apporter des fonctionnalités basiques aux utilisateurs de Calibra ». Le groupe s’engage donc à ne jamais utiliser les données collectées par Calibra dans le but d’affiner son ciblage publicitaire à travers ses différentes plateformes sociales.

Le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, s’est rapidement exprimé sur ce nouveau projet : « que Facebook créé un instrument de transaction, pourquoi pas. En revanche, que ça devienne une monnaie souveraine, il ne peut pas en être question ». Le ministre réaffirme sa position sur le fait que les monnaies souveraines doivent « rester aux mains des États, pas des entreprises privées », et qu’il faut donc fixer des limites quant à cette nouvelle crypto-monnaie.

Libra, un écosystème financier ?

Selon les experts, Facebook pourrait être à un tournant dans son histoire avec cette nouvelle crypto-monnaie. Si sa filiale Calibra se contente aujourd’hui d’un portefeuille pour stocker les Libra, elle compte bien étendre son activité avec d’autres produits financiers.

Le groupe affirme explicitement dans son communiqué : « Au fil du temps, nous espérons ajouter d’autres services pour les gens et les entreprises, comme payer des factures en appuyant sur un bouton, régler un café en scannant un code, ou prendre les transports en commun sans avoir de liquide ou de titre de transport sur soi ». Facebook pourrait également s’étendre rapidement sur les crédits,

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1 commentaire

1 Commentaire

  1. CryptoChild

    19 juin 2019 at 1 h 20 min

    Aucune innovation ici, le transfert d’argent a moindre frais pour pays émergeant existe déjà: stellar lumens.
    Merci facebook vous avez 15 ans de retard

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