C’est un dossier extrêmement glissant. Selon une enquête menée par l’AFP, les clubs de football français réfléchissent à implémenter des systèmes de reconnaissance faciale pour assurer la sécurité dans les stades.
De nombreux incidents sont en effet venus perturber les matches depuis le retour des spectateurs en tribune et les dirigeants réfléchissent à des moyens de rectifier le tir. L’utilisation de cette technologie fait donc son chemin.
Pas de reconnaissance faciale aux JO de Paris 2024
Cité par l’agence de presse, le patron d’une boîte de sécurité privée spécialisée explique ainsi : « L’outil est séduisant pour les clubs de football, ça remplace le profilage humain qui peut être défaillant ». Ainsi, ce dispositif prendrait tout son sens pour repérer les personnes interdites de stade qui tentent quand même de rentrer.
La reconnaissance faciale avait d’ailleurs déjà été utilisée par le FC Metz début 2020 mais cela avait beaucoup fait réagir la Cnil qui avait averti le club. Les clubs de supporters voient aussi d’un très mauvais œil cette idée.
C’est notamment le cas de Kilian Valentin, un des porte-paroles de l’association nationale des supporteurs : « nous sommes résolument contre ce genre de dispositif liberticide. Les clubs n’en ont pas besoin », explique-t-il.
Lors de l’expérimentation messine, la ministre des sports, Roxana Maracineanu, avait pourtant soutenu cette initiative. Elle expliquait alors que « ce ne sont pas les supporters qui sont visés expressément mais la sécurité autour de l’événement sportif de manière générale ».
Depuis, le gouvernement semble plutôt rétif à l’utilisation de cette technologie. Michel Cadot, délégué interministériel aux Jeux olympiques et paralympiques, a récemment indiqué que le gouvernement n’entend pas recourir à la reconnaissance faciale pour assurer la sécurité des JO de Paris 2024. Selon lui, « il y a besoin d’une loi pour pouvoir le faire. Nous avons écarté ce type de solution qui ne fait pas aujourd’hui consensus. C’est un sujet qui nécessite du temps. »
De son côté, la Ligue de Football professionnel (LFP) veut se donner du temps et précise mener « une veille technologique et juridique sur le sujet ».
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