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Les hallucinations des IA, un outil pédagogique à l’école ? La vision fascinante de cet expert

Le concepteur de Siri estime que l’IA peut être utilisée en classe, à une condition…

Auditionné par la commission des affaires économiques du Sénat, Luc Julia, l’un des concepteurs de Siri, a évoqué l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) dans un contexte éducatif. Et il apporte un point de vue inédit sur la question.

Repérer les erreurs

C’est un fait. Les élèves sont de plus en plus nombreux à utiliser l’IA pour leurs devoirs, souvent au grand dam des professeurs. Mais il est aussi vrai que cette technologie possède un réel potentiel pour l’éducation, à condition de savoir l’exploiter et surtout, d’en connaître les limites.

C’est justement sur ce point que Luc Julia s’est penché avec un exemple concret. Il a imaginé une classe dans laquelle l’enseignant utilise ChatGPT pour générer rapidement une biographie de Victor Hugo. Il insiste sur le fait que ce n’est qu’un point de départ, pas une fin en soi : ce qui compte, c’est ce que l’on fait du contenu généré. Et c’est là que l’apprentissage commence, selon l’expert.

Il explique que dans les deux pages générées par l’IA, il existe statistiquement au moins cinq erreurs, en faisant référence à un défaut inhérent aux intelligences artificielles génératives : les hallucinations. Le professeur peut alors relire le texte en compagnie des élèves, et leur apprendre à repérer les faits qui sont faux. Cela permet de leur enseigner un sujet, tout en leur faisant comprendre que l’IA n’est pas fiable à 100 %. Et ceci est vital, alors que la technologie est toujours plus adoptée.

Enfants Ecole Smartphone
© Pexels / RDNE Stock project

Un problème inhérent aux IA

Lors de son intervention, Luc Julia a également évoqué un problème majeur des IA : le manque de données disponibles pour leur entraînement. En effet, quasiment tout le contenu disponible sur la toile a déjà été ingéré par les modèles, mais pour les rendre plus performantes, les entreprises ont besoin de données supplémentaires.

Elles ont donc recours à des données synthétiques, c’est-à-dire générées par d’autres IA. Cela peut causer des ravages car les textes contiennent
parfois des erreurs, approximations ou formules appauvries. Les chercheurs sont catégoriques : si les compétences des modèles dans certains domaines comme les mathématiques s’améliorent, leur maîtrise des faits devient plus fragile.

Dans cette optique, l’IA peut avant tout être utilisée comme un déclencheur de réflexion critique dans les salles de classe, plutôt que comme une source fiable. De quoi pousser les élèves à vérifier et croiser les informations. Pour rappel, le gouvernement souhaite former les jeunes et les enseignants à l’intelligence artificielle dès la rentrée 2025.

  • Luc Julia, l’un des concepteurs de Siri, rappelle que l’on ne peut pas faire confiance aux IA sur les faits.
  • Il estime que les chatbots peuvent être utilisés en classe pour développer l’esprit critique des élèves.
  • Les IA ont propension à halluciner, et les chercheurs peinent à remédier à ce problème.

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