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Lutte contre les incendies : le rêve fou du fabricant de drones DJI

Le leader mondial des drones de loisirs et professionnels rêve de créer un « aqueduc aérien » avec une armée de drones pour lutter contre les incendies en renfort des pompiers.

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Incendie Notre-Dame drone DJI
© Source : Préfecture de police de Paris

Les drones au service de l’histoire et du patrimoine. Alors que le monde entier était sous le choc de l’incendie de la cathédrale Notre-Dame, peu de gens se sont rendu compte du rôle surprenant joué par les machines dans cet incident. La technologie des drones, pourtant si souvent décriés, a joué un rôle crucial dans la lutte contre le sinistre. Les pompiers de Paris ont utilisé des drones DJI pour surveiller l’incendie et évaluer leur plan d’attaque – ce qu’un porte-parole des sapeurs-pompiers de Paris a considéré comme fondamental dans le sauvetage du bâtiment historique. « C’est grâce à ces drones, à cette technique nouvelle absolument incontournable aujourd’hui, que l’on a pu faire des choix tactiques pour arrêter ce feu à un moment où il allait potentiellement occuper les deux beffrois, a affirmé à Franceinfo le porte-parole des pompiers de Paris, Gabriel Plus. Les drones ont permis d’engager correctement les moyens dont on disposait. »

Arnaud Thiercelin, Directeur de la Recherche et Développement de DJI, a fait part de son obsession pour la lutte contre les incendies à l’aide de drones dans ce qu’il appelle un « aqueduc aérien », lors d’un événement Techcrunch AI et robotique qui s’est tenu jeudi dernier à l’université de Berkeley en Californie. L’idée d’utiliser plus de drones dans la lutte contre les incendies est apparue pour la première fois à Thiercelin il y a environ un an, alors qu’il étudiait comment les drones peuvent transporter l’eau pour surmonter la sécheresse en Californie, a-t-il déclaré à nos collègues de VentureBeat dans une interview téléphonique.

« L’idée est d’utiliser une flotte de drones – des milliers d’entre eux travaillant dans une chaîne constante qui luttent de façon continue – en collaboration avec d’autres drones qui collectent des données et des satellites en orbite terrestre basse. C’est ce qui m’enthousiasme vraiment, et je vois les éléments de différentes industries se réunir pour créer ce type de solution ».

Un essaim de drones pour constituer un aqueduc aérien

Aujourd’hui, un nombre croissant de services d’incendie et d’autorités d’État utilisent des drones pour fournir des images qui aident les pompiers à faire leur travail. DJI vend actuellement des drones équipés de caméras et d’imagerie thermique pour combattre les incendies qui ont secouru les équipes de Santa Rosa et de Paradise en Californie. Des drones de télé-présence sont même testés par les pompiers de San Diego, également en Californie du Sud. Les systèmes de vision par ordinateur déployés en complément – parallèlement aux actions des robots et des drones – pourraient changer radicalement la façon dont les gens combattent les incendies à l’avenir. Arnaud Thiercelin prédit que sa vision de la lutte contre les incendies pourrait être réalité dans les trois à cinq prochaines années, et envisage la prochaine étape, où un camion chargé de drones accompagnerait les équipes de pompiers.

Il s’agirait alors de fabriquer un « aqueduc aérien », qui nécessiterait des drones capables d’apporter des capacités de réseau pour établir une communication comme l’ont démontré de récents tests 5G d’AT&T avec les drones. Ensuite, des groupes de drones utilisant la vision par ordinateur pour recueillir des données et assembler des images seraient nécessaires pour évaluer la position des pompiers et de la ligne de feu. Les systèmes prédictifs qui peuvent fournir une projection de ce que sera la ligne de feu dans le cours des huit heures à venir tout en tenant compte des données historiques et météorologiques peuvent ensuite être calculés. Ces prédictions peuvent alors déclencher les extincteur ou l’eau lâchés par les drones de façon automatisée. L’automatisation du vol, semblable aux essaims de drones légers d’Intel, serait nécessaire pour coordonner les activités et éliminer le besoin de pilotes humains.

Les équipes de DJI souhaitent simplifier le travail collaboratif de mille drones avec un système automatique capable de créer au niveau du centre de commande une application simple qui visualise la position des pompiers, leurs paramètres de santé, la ligne de tir, et les modèles prédictifs pour voir où les diriger. Une approche qui permettrait en outre de ne plus risquer des vies humaines dans la lutte contre certains incendies.

Après les caméras volantes, les extincteurs volants

Mais DJI n’est pas le seul acteur du secteur des drones à avoir des projets dans la lutte contre les incendies. Aerones, une société spécialisée dans la fourniture de services d’entretien des bâtiments et éoliennes à l’aide de drones alimentés en eau et en électricité depuis le sol, est en pourparlers avec de nombreux fabricants de camions de pompiers pour développer de nouvelles solutions. Puisque les drones de l’entreprise ont la particularité d’être reliés par câble et de tirer leur énergie et leur eau du sol, ses concepteurs affirment que ces machines peuvent atteindre des hauteurs allant jusqu’à 70 étages en une minute et maintenir une activité pendant 30 minutes. Il s’agit quand même de machines professionnelles pesant une soixantaine de kilos, et qui contrairement à celles de DJI, ne sont certainement pas opérables par le premier pompier venu, étant donné les enjeux de sécurité que suppose un tel poids.

Une autre entreprise chinoise s’est également invitée sur le marché du drone anti-feu : Walkera, également connue pour ses petits drones de loisirs. L’entreprise a récemment envoyé deux-cent drones à des pompiers travaillant avec l’armée chinoise. Le drone Walkera Zhun peut utiliser un extincteur aéroporté pour pulvériser des produits ignifuges à travers un conduit en fibre de carbone. Le drone peut également utiliser une lunette 9X et un lance-roquettes pour tirer un projectile de six livres dans un bâtiment en feu. Les « bombes », comme Walkera les appelle, peuvent être tirées à quarante mètres. Ces projectiles peuvent être tirés pour briser une fenêtre ou une porte vitrée et ensuite répandre de la poudre sèche anti-feu. Le drone possède également une caméra de vision nocturne, un lidar et une caméra haute définition, et voler jusqu’à 35 minutes.

Souvent critiqués, objets de nombreux fantasmes, et réglementés parfois d’une façon qui frise le délire paranoïaque par les autorités, les drones démontrent tout leur potentiel quand il s’agit de les utiliser de façon vertueuse. Il est d’ailleurs fort à parier que vu l’urgence de la situation, les vols salvateurs effectués par les pompiers de Paris en vue de circonscrire l’incendie de Notre-Dame ont été faits sans autorisation préalable, ce qui tendrait à démontrer que le carcan administratif autour de ces machines peut être non seulement nuisible (vol en ville de nuit strictement interdit), mais également à géométrie variable. D’ailleurs, ce sont les drones du Ministère de l’Intérieur mais aussi ceux du ministère de la Culture – deux DJI Mavic Pro – qui ont été utilisés, les sapeurs-pompiers de Paris ne disposant étonnamment pas encore de leur propre flotte.

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