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Meta accusé d’avoir volé des milliers de films X pour entraîner ses IA, l’un de ses cadres directement impliqués

Accusé d’avoir pillé des milliers de films X pour nourrir ses intelligences artificielles, Meta fait face à une plainte à 446 millions de dollars. Alors qu’un cadre du groupe vient d’être directement éclaboussé par l’affaire, le géant de la tech plaide le simple piratage personnel.

Un simple litige pour piratage individuel prend une tournure explosive pour Meta. Le studio de films pour adultes Strike 3 Holdings réclame jusqu’à 446 millions de dollars à l’entreprise, accusée d’avoir aspiré plus de 2 900 de ses œuvres via BitTorrent pour entraîner ses modèles d’intelligence artificielle, comme le générateur de vidéo Movie Gen.

Selon le plaignant, ces vidéos pour adultes offrent des données d’entraînement rares et précieuses. Leur haute résolution, la précision des interactions humaines et le détail des expressions faciales permettraient à l’IA d’apprendre à reproduire des mouvements complexes avec un réalisme inédit.

Et pour couronner le tout, Strike 3 tente désormais de rattacher à son action contre le géant américain une affaire « John Doe » visant une adresse IP résidentielle. Dans le jargon juridique américain, ce terme fait référence à une personne anonyme, ou dont l’identité exacte n’a pas encore été établie.

Mais ici, l’abonné en question ne serait autre qu’un cadre dirigeant de la division Reality Labs de Meta, l’entité en charge du développement de ses activités dans la réalité virtuelle et mixte. Car l’analyse de la ligne Internet visée a révélé le téléchargement de près de 20 000 fichiers via le protocole BitTorrent. Parmi eux, on retrouve de nombreux films X en réalité virtuelle, ainsi que des paquets comprenant séries, livres ou logiciels.

Meta Justice
© Sergei Elagin / Shutterstock.com

Meta nie en bloc

Strike 3 estime qu’un tel volume dépasse de loin la capacité de visionnage d’une seule personne sur son temps libre. Et le calendrier interpelle également les plaignants, puisque les premiers téléchargements via cette IP privée ont démarré quelques heures seulement après la réception par Meta d’un premier avertissement juridique concernant ses adresses IP d’entreprise.

Le géant est ainsi accusé d’avoir sciemment déplacé ses activités de collecte de données vers la connexion personnelle de son employé pour échapper à la détection. Des allégations rejetées en bloc par la société de Mark Zuckerberg. .

D’après la firme, il ne s’agirait que de téléchargements à des fins strictement personnelles, réalisés par des salariés, des prestataires ou des visiteurs connectés à ses réseaux. Pour elle, les activités détectées sur l’adresse IP du cadre de Reality Labs relèvent du même principe et ne peuvent lui être imputées. Aucun élément ne prouve que ces fichiers ont été téléchargés pour le compte de l’entreprise, souligne Meta.

À noter que plusieurs experts jugent peu probable que Meta alimente ses IA grand public avec du contenu pornographique. La justice américaine devra désormais trancher deux points centraux : accepter de lier ces deux affaires, et déterminer si la responsabilité de l’entreprise peut être engagée pour les habitudes de téléchargement de ses employés.

  • Le studio Strike 3 réclame 446 millions de dollars à Meta, l’accusant d’avoir piraté plus de 2 900 films X pour entraîner ses IA comme Movie Gen.
  • La justice a découvert qu’un cadre de la division Reality Labs de Meta avait téléchargé près de 20 000 fichiers illégaux depuis sa connexion personnelle.
  • La firme dément entraîner ses modèles sur du contenu pour adultes et affirme qu’il s’agit uniquement de piratage personnel réalisé par des salariés.

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