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Pétrole : les États-Unis prennent les clés de la plus grande réserve de la planète

La deuxième compagnie pétrolière américaine, Chevron, vient d’obtenir de nouveaux gisements de pétrole au Venezuela. Depuis la capture du président Nicolás Maduro, et en marge d’une visite du ministre américain de l’Énergie Chris Wright à Caracas, Washington continue de sécuriser sa présence dans le pays où se trouvent les plus grandes réserves de pétrole de la terre.

De 250 000, Chevron passera à 600 000 barils, par jour. Voilà le plan, présenté ce mercredi 2 septembre par le géant pétrolier américain, au sujet de l’extraction de l’or noir sur ses sites au Venezuela. En marge d’une visite à Caracas du ministre américain de l’Énergie, Chevron a annoncé l’obtention de nouveaux gisements dans la ceinture pétrolière de l’Orénoque, où se trouve une grande partie des réserves du pays. Après Ayacucho 8 obtenu au printemps, il est désormais l’heure pour l’entreprise de récupérer Carabobo-1 et Carabobo-2-South-A. Le tout sera opéré par sa coentreprise Petroindependencia, que Chevron détient à 49 %.

En plus de ces nouveaux gisements, Chevron a chiffré à 7 milliards de dollars ses investissements sur les cinq prochaines années. En vue de la vieillesse des installations au Venezuela, les fonds seront surtout utilisés pour moderniser les infrastructures actuelles, plutôt que pour en créer de nouvelles. Au sein du pays, l’extraction d’hydrocarbure demande encore plus de ressources qu’ailleurs : les réserves qui se trouvent sous terre sont d’un pétrole très lourd, qui a besoin d’agents diluants légers pour pouvoir être transporté par pipeline et raffiné. Mais Chevron a tout intérêt d’investir, puisque, même si le pétrole y est difficilement transportable, il est l’un des moins cher à extraire. Et aucune autre Major occidentale ne se trouve au Venezuela.

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© Steve Travelguide / Shutterstock

Pour rappel, dans la nuit du 2 au 3 janvier dernier, les États-Unis et leurs forces spéciales capturaient celui qui était alors le président du pays, Nicolás Maduro. Après des mois d’entraînement sur des répliques de ses résidences, les équipes de commandos récupéraient l’homme d’État et sa femme. À ce moment, Donald Trump justifiait l’opération militaire par les accusations de trafic de drogue et narco-terrorisme, en plus des contestations de la population sur la réélection de Maduro. Mais au-delà de jouer les justiciers, les États-Unis se débarrassaient surtout d’une présidence qui ne rendait pas les affaires propices, et le pétrole vénézuélien continuait d’être boudé et à être à portée des Chinois (via la flotte fantôme).

L’ombre de NABEP, l’autre pion américain derrière Chevron

Si les réserves de pétrole du pays sont les plus importantes au monde, avec une quantité estimée à 300 milliards de barils, on ne compte aujourd’hui qu’une production de 1,2 million de barils par jour. Au plus haut, la production quotidienne était de 3 millions. C’était dans les années 90. On comptait alors de nombreux acteurs, dont ExxonMobil et ConocoPhillips. Ces derniers ont dû quitter le pays quand le nouveau président Hugo Chávez, en 2007, décidait de nationaliser le secteur. C’est à ce moment-là que Chevron était le seul à décider de rester et accepter de ne détenir qu’une part minoritaire dans les entreprises locales.

Dix ans après, lors de l’élection de Donald Trump en tant que 45e président des États-Unis, le Venezuela perdait l’accès aux investissements étrangers à la suite d’un embargo financier. Deux ans plus tard, après la réélection contestée de Nicolás Maduro, un embargo total avait été installé par les États-Unis avec un effet dévastateur pour la production. L’embargo avait ensuite été levé dans un premier temps par l’administration Biden lorsque la guerre en Ukraine éclatait en 2022. La capture du président Maduro avait fait suite, en décembre 2025, à la décision d’un retour de blocus total par les États-Unis sur le pétrole vénézuélien.

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© JBula_62 / Shutterstock

Ainsi, pour la première fois depuis des années, la production de pétrole de Chevron a atteint 270 000 barils par jour en juillet, et progressait de 15 % depuis le début de l’année. Mais dans ce nouvel équilibre établi, les États-Unis ne misent pas seulement sur Chevron. Un consortium appelé NABEP (North American Blue Energy Partners) est désormais au cœur d’un accord géopolitique majeur, et la raison même de la venue du ministre de l’Énergie, Chris Wright. Dans le détail, un bail a été signé pour que NABEP puisse exploiter pendant 100 ans un total de 17 gisements, l’équivalent d’une capacité de 65 milliards de barils de réserve de pétrole.

Comme le rappelait Reuters, l’entreprise soutenue par les États-Unis possède à sa tête une figure vénézuélienne du nom d’Alejandro Betancourt, un homme d’affaires. Sans passer par quelconque appel d’offres, Caracas a cédé ces gisements à NABEP et son chef, soupçonné de blanchiment d’argent par la justice suisse, dont le parquet de Zurich demandait son extradition depuis le Royaume-Uni. En mai 2026, à quatre mois de ce nouveau contrat avec le Venezuela pour NABEP et Alejandro Betancourt, la RTS observait que la requête avait été retirée en aval de discussions entre les autorités américaines et Zurich.

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