Dans une lettre ouverte rédigée sous l’impulsion de Meta, plusieurs entreprises, dont Spotify et Ericsson, s’insurgent contre le paysage réglementaire européen. Selon elles, la politique en vigueur sur le Vieux Continent constitue un frein à l’innovation, particulièrement dans le secteur de l’intelligence artificielle (IA).
Des règles « incohérentes » qui freinent le développement de l’IA
« Nous voulons voir l’Europe réussir et prospérer, y compris dans le domaine de la recherche et de la technologie de pointe en matière d’IA. Mais la réalité est que l’Europe est devenue moins compétitive et moins innovante par rapport à d’autres régions, et qu’elle risque maintenant de prendre encore plus de retard dans l’ère de l’IA en raison d’une prise de décision réglementaire incohérente », écrivent les signataires.
Ils citent, notamment, le RGPD, qui vise à prévenir l’utilisation des données personnelles des citoyens européens à leur insu. Pour rappel, l’Union européenne (UE) est l’une des seules institutions à avoir légiféré sur l’intelligence artificielle. En vigueur depuis le 1er août, l’AI act entrera en application progressivement jusqu’en 2026.
Les entreprises, elles, appellent à « des règles consistantes » et harmonisées pour que l’Europe puisse bénéficier de tous les bienfaits des grands modèles de langage ouverts et multimodaux (capables de générer, texte, images, sons et vidéos). « Sans elles, le développement de l’IA se fera ailleurs », préviennent-elles, citant les États-Unis, la Chine et l’Inde.
La publication de cette lettre intervient alors que le rapport de Mario Draghi, remis la semaine passée à la Commission européenne, a tiré la sonnette d’alarme sur la compétitivité européenne, en baisse nette.

Meta a besoin de données
L’initiative marque une nouvelle escalade dans les relations entre Meta et l’UE. Au mois de juin, la firme de Mark Zuckerberg a en effet interrompu ses plans pour collecter les données Instagram et Facebook de ses utilisateurs européens pour l’entraînement de ses IA. En cause, le non-respect du RGPD.
Dans la foulée, elle a annoncé que sa prochaine génération d’IA multimodale ne serait pas déployée en Europe. Même son de cloche chez Apple, qui a retardé la sortie d’Apple Intelligence sur le Vieux Continent en raison d’« incertitudes réglementaires ».
Meta assure que l’utilisation des données des Européens est nécessaire pour que ses modèles soient adaptés à leur culture ; en bénéficiant d’IA formées sur des données uniquement américaines, le résultat serait beaucoup moins efficace et adapté.
Mais il y a aussi la question de la course aux données, véritable enjeu pour les fournisseurs d’IA. Ils ont besoin d’accéder à toujours plus de données pour entraîner leurs modèles, c’est un aspect essentiel pour qu’ils puissent évoluer et s’améliorer.
De leur côté, les signataires sont catégoriques. Si l’UE « continue à refuser le progrès », elle « regardera le reste du monde développer des technologies auxquelles les Européens n’auront pas accès ».
- Plusieurs entreprises, dont Meta, Spotify et Ericsson, signent une lettre ouverte appelant à un changement dans le paysage réglementaire européen
- Selon elles, l’Europe est déjà en retard dans le secteur de l’IA, et les choses vont empirer si rien n’évolue
- Il y a quelques mois, Meta annonçait que sa prochaine génération d’IA multimodale ne serait pas déployée sur le Vieux Continent
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