Selon le Comité National Contre le Tabagisme (CNCT), face aux nombreuses réglementations nationales et internationales en matière de lutte antitabac, l’industrie du tabac et de la nicotine, désireuse de préserver ses parts de marché, n’hésite plus à en conquérir de nouvelles, en particulier auprès des jeunes. “Elle déploie des stratégies commerciales sophistiquées, mêlant innovations technologiques, ciblage comportemental et exploitation des failles juridiques, avec pour objectif de réduire l’efficacité des politiques publiques” indique le CNCT.
Un nouveau dérivé de la nicotine qui inquiète les scientifiques
Parmi les nouveaux produits au coeur du débat, la 6-Méthyl-nicotine, commercialisée sous le nom de NoNic, attire l’attention de la communauté scientifique en raison de son potentiel addictif jugé particulièrement élevé. Dérivée de la nicotine classique (déjà très addictive), cette substance pourrait être jusqu’à 3,3 fois plus addictive, selon des études précliniques.
Outre son action puissante sur les circuits de récompense du cerveau, notamment via une stimulation accrue de la production de dopamine, la 6-Méthyl-nicotine serait également impliquée dans des processus inflammatoires au niveau cellulaire. Des recherches suggèrent qu’elle favorise la formation d’espèces réactives de l’oxygène dans les cellules pulmonaires, pouvant entraîner des dommages tissulaires.
Si ses effets à long terme restent encore méconnus, ces premiers résultats suscitent de vives préoccupations quant à l’innocuité de ce composé récemment introduit sur le marché. De ce fait, le CNCT engagera une procédure en justice à l’encontre du fabricant Aroma King, qui commercialise des produits contenant cette nouvelle molécule pour publicité illicite. L’appellation « NoNic », ainsi que la mention « Ne contient pas de nicotine », est susceptible d’induire les consommateurs en erreur quant à la sécurité et le contenu des produits.

L’autre problématique concerne évidemment la cible visée par ces mêmes produits. L’industrie intensifie le marketing promotionnel dans les points de vente, elle diversifie les arômes, en particulier les arômes sucrés et fruités, dans les produits de vapotage, sans oublier des emballages toujours plus attirants, ce qui favorise l’initiation des jeunes consommateurs. Elle commercialise également de nouveaux dispositifs de vapotage dits « intelligents », intégrant des éléments ludiques tels que des mini-jeux, dans une logique de banalisation de l’usage, et toujours cette volonté de séduire un public jeune et vulnérable.
Pourtant, du côté de chez Aroma King, on explique que la “NoNic” est une alternative non-addictive et moins nocive à la nicotine traditionnelle, issue des laboratoires R&D du groupe. “Identifiée comme 6-méthylnicotine, elle reproduit les mêmes sensations tout en étant classée moins toxique selon les normes européennes” indique la société.
Aussi, le CNCT appelle à étendre l’interdiction de vente en ligne aux produits du vapotage, et limiter leur distribution à des points de vente physiques strictement encadrés, mais aussi à faire appliquer l’interdiction effective des produits nicotinés non autorisés, ainsi que de toute publicité les concernant. A cela s’ajoute le renforcement des contrôles pour garantir l’application des mesures existantes, et le fait d’alourdir les sanctions afin que celles-ci aient un véritable effet dissuasif face aux contournements répétés.
En mars dernier, une nouvelle étude démontrait les premiers dangers en ce qui concerne le vapotage, cette alternative moderne et supposée moins dangereuse à la cigarette classique. Rappelons également que depuis le 26 février 2025, il est interdit de vendre ou d’offrir gratuitement des cigarettes électroniques jetables, communément appelées « puffs », cette cigarette électronique à usage unique qui séduisait notamment les plus jeunes.
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