C’est un concurrent de taille à ChatGPT, Gemini et consorts. Et en plus, il est made in France. Depuis maintenant deux mois, j’utilise Le Chat, l’alternative tricolore aux mastodontes américains.
Mistral AI s’impose aujourd’hui comme une référence dans les startups d’intelligence artificielle (IA), et Le Chat comme la solution européenne la plus robuste face aux chatbots qui se sont rapidement immiscés dans nos vies. La jeune pousse a enchaîné les levées de fonds records et établi un partenariat clé avec Microsoft. De quoi l’ériger en tant que championne française de l’IA.
Une rapidité de réponse impressionnante
De prime abord, l’interface du chatbot s’apparente à celle de ses concurrents. Je dois toutefois avouer qu’au niveau du design et de l’ergonomie, je le trouve légèrement moins agréable que ChatGPT ou Copilot, qui semblent d’apparence plus ludiques. Sur la droite, on retrouve, comme sur l’interface d’OpenAI, les détails de son compte, la possibilité de passer en mode sombre ou inversement, l’historique des conversations ainsi que de nouvelles fonctionnalités encore en bêta (auxquelles nous reviendrons plus tard). Un encart que l’on peut cacher si l’on souhaite.
Au niveau du champ de saisie, Mistral AI fait plus simple que ses rivales avec moins d’options, semble-t-il. Mais l’entreprise a en réalité fait le choix d’instaurer des menus déroulants pour éviter de surcharger son interface.
Dans mon usage quotidien, deux éléments m’ont sauté aux yeux. Premièrement, les réponses du chatbot sont générées avec une rapidité saisissante, plus qu’avec n’importe quelle autre IA. La startup utilise, entre autres, les puces de l’entreprise Cerebras, qui se spécialise dans les processeurs dédiés à l’inférence. C’est tout bonnement impressionnant.
Ensuite, il faut savoir que j’utilise la plateforme gratuitement, sans souscrire à l’abonnement Le Chat Pro proposé à 17,99 euros mensuels. Et pour l’heure, je n’ai pas été limitée dans mon usage quotidien, contrairement à lorsque je me rends sur ChatGPT, Claude ou Copilot. C’est un point à ne pas négliger ; s’il existe une limite à l’usage gratuit, Mistral se montre bien plus souple.

Un ton neutre et des réponses concises
Concentrons-nous maintenant sur les échanges avec Le Chat, qui s’appuie sur les grands modèles de langage maison de Mistral. Au niveau du ton, je trouve l’intelligence artificielle très neutre, bien plus que les modèles américains qui paraissent plus « friendly ». De même, le chatbot de Mistral ne pose pas systématiquement des questions à la fin de ses réponses comme c’est le cas pour ChatGPT par exemple. Une spécificité qui vise, bien sûr, à pousser les utilisateurs vers un modèle payant à terme.
L’IA répond aux critères basiques que l’on attend aujourd’hui d’un tel chatbot : elle élabore parfaitement un concept scientifique, solutionne un problème de mathématiques en un instant, ou nous aide à formuler un message. Ses réponses sont claires et détaillées, mais il est vrai qu’elles peuvent parfois sembler moins élaborées. Pour un brainstorming par exemple, Le Chat est moins engageant et propose une syntaxe moins travaillée que ChatGPT. Il n’intègre pas d’émojis, non plus. Le travail est fait, mais l’échange plus timoré. De même, pour la rédaction d’un e-mail, alors même que je lui demande d’être amicale, l’IA reste plutôt impartiale, quand sa concurrente américaine joue le feu à fond.
Je remarque aussi que pour une utilisation optimale, Le Chat nécessite que ses prompts soit ultra précis et détaillés : il va s’exécuter très rapidement pour appliquer une requête, mais n’ira que très rarement plus loin. Tout dépend de l’usage qu’on en fait, mais cela peut rebuter car il faut parfois échanger longuement pour obtenir ce dont on a besoin.

Des fonctionnalités à l’appel
Côté fonctionnalités, il y a de quoi faire. Tout d’abord, il est possible de télécharger plusieurs documents dans Le Chat et de lui demander de les analyser. C’est très utile pour tout un tas de raisons, comme résumer une longue étude, par exemple. Cet outil m’a beaucoup aidée, mais a commis une erreur à une occasion lors de mes essais. Celle-ci s’est produite au bout d’un très long échange au sujet d’un rapport contenant de nombreux chiffres, et il est certain que ce type de défaillances touche l’ensemble des IA.
Le Chat est aussi capable de générer des images en intégrant le modèle Flux de Black Forest Labs. Le chatbot les crée très rapidement avec une bonne qualité, mais ne vous attendez pas aux performances de Grok ou de ChatGPT. Sans surprise, l’IA intègre des garde-fous qui l’empêchent de générer des visuels problématiques ou de personnes réelles.
Elle dispose également d’une fonctionnalité qui permet de rechercher sur le Web. De quoi lui octroyer le statut de moteur de recherche et concurrencer les autres chatbots. Dans l’ensemble, cela marche plutôt bien, avec les liens des sources indiqués en fin de texte. Mais pour ce type d’usages, je privilégie les IA qui ont spécifiquement été pensées pour, à l’image de Perplexity.
C’est loin d’être tout. L’outil Canva permet de créer, de modifier, de transformer et d’éditer du contenu généré par l’IA en temps réel et de façon interactive. Cela va de l’offre d’emploi à la page de présentation d’un produit. Les fonctions d’agents IA, elles, donnent la possibilité de mettre en place et d’exécuter des flux de travail automatisés et partageables. Idéal pour les tâches rébarbatives. Depuis peu, il est aussi possible de connecter le chatbot à certains outils, comme le Google Agenda, ou d’instaurer des bibliothèques de fichiers directement dans l’appli.
On regrette, tout de même, la présence d’un mode vocal sur l’appli mobile. D’autant plus venant d’une IA tricolore : le niveau linguistique serait encore meilleur que ce qui est proposé aujourd’hui.

Une alternative louable aux chatbots étrangers
Si vous cherchez une alternative européenne aux chatbots américains, surtout par les temps qui courent, n’hésitez pas. Le Chat remplit les fonctions de ses rivales et ne cesse de s’étoffer. Pour ma part, je continuerai de l’utiliser pour certaines tâches, notamment car il m’offre une grande flexibilité et une rapidité d’exécution hors pair. Mais je vais aussi alterner avec d’autres solutions, parfois plus intuitives.
Car plus globalement, j’ai l’impression que Le Chat est plus pensé comme outil professionnel qu’en tant que chatbot destiné aux particuliers. Les nouveautés récentes annoncées par la startup tricolore, comme le lancement de chatbots pour les entreprises, vont aussi dans ce sens. Et si vous êtes un adepte du code, foncez. C’est l’une des grandes forces de l’IA française, capable de générer du code dans plus d’une quinzaine de langages de programmation.
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