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Mountainhead (HBO Max): on zappe ou on mate le film du créateur de Succession ?

Jesse Armstrong signe un retour remarqué avec ce long-métrage dédié aux grands patrons de la Tech.

Sorti le 1er juin sur HBO Max, Mountainhead, premier film de Jesse Armstrong (Succession), plonge dans l’univers impitoyable des géants de la Tech et de leurs patrons capables du meilleur et surtout du pire. Après l’avoir visionné, voici notre avis garanti sans gros spoilers.

Une descente aux enfers propulsée par l’IA

Quatre milliardaires de la Silicon Valley — Randall (Steve Carell), Hugo (Jason Schwartzman), Venis (Cory Michael Smith) et Jeff (Ramy Youssef) — se retrouvent dans un chalet de montagne luxueux. Sur le papier, tout semble réuni pour passer un bon week-end entre « amis ».

Mais pile au même moment, une crise mondiale éclate à cause de Traam, le réseau social de Venis, qui a lancé une IA générative créant des deepfakes ingérables. Désinformation, effondrement des marchés, violences… On imagine que cela vous rappelle quelque chose. Loin de paniquer, le quatuor voit dans ce chaos une opportunité. Les alliances se nouent, les trahisons fusent, et le huis clos vire à la farce tragique.

Sur la forme, la production de Jesse Armstrong emprunte son ton à certaines grandes satires récentes (The Big Short, Don’t Look Up) : humour noir, dialogues cinglants, personnages pathétiques. Le cinéaste à la plume ciselée excelle dans la peinture de ces hommes déconnectés, capables de disserter sur l’« upload de conscience » tout en organisant un coup d’État virtuel.

Steve Carell, en capitaliste new age à la philosophie tape à l’œil, et Jason Schwartzman, en « petit riche » complexé (ses 521 millions font de lui le parent pauvre du groupe), nous ont particulièrement marqués dans leurs prestations.

Une satire qui manque un peu de profondeur

Les personnages de Mountainhead sont inspirées des figures de la Tech américaine. Venis (Cory Michael Smith), avec ses obsessions spatiales et sa plateforme Traam, est un calque à peine voilé d’Elon Musk. Randall, renvoie directement à Peter Thiel et à son idéologie libertarienne. Jeff agrège les traits de Mark Zuckerberg et Sam Altman, jonglant entre éthique et opportunisme. Quant à Hugo, son appli de méditation le rapproche des fondateurs de Calm ou Headspace, tout en incarnant un patron plus humain qui prône la régulation.

Malgré ces nombreux atouts, la critique reste malheureusement un peu trop en surface. Oui, les milliardaires sont cyniques. Oui, l’IA est un danger. Mais Mountainhead ne creuse pas assez ces enjeux. Les personnages sont des archétypes (le visionnaire mégalo, le philosophe cynique…) plutôt que des êtres complexes. Leur aventure, bien que divertissante et drôle, n’apporte rien de vraiment marquant au point où on ressort un peu sur notre faim alors que ce long-métrage aurait pu nous marquer plus profondément.

Pour résumer notre point de vue : les fans de Jesse Armstrong et les amateurs de joutes verbales et huis clos façon Succession devraient passer un moment très agréable en visionnant Mountainhead. Pour les autres, ce sera sans doute un divertissement correct, mais oubliable.

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