25,04 milliards de dollars, c’est la somme que le sous-comité du commerce, de la justice et des sciences (CJS) vient d’annoncer dans son projet de loi pour le budget de la NASA sur l’exercice 2022. Ce chiffre est légèrement en hausse par rapport aux premières propositions faites, mais il obligerait toujours l’agence américaine à faire des choix dans son développement, cette enveloppe n’étant pas suffisante.
Dans l’ensemble, la NASA aura droit à une augmentation de son budget de 7 % par rapport à l’année 2021, mais seulement 1 % au-dessus des demandes initiales de la NASA faite en mai à la chambre de commerce américain. Dans le détail, ce nouveau budget comporte plusieurs points importants comme le développement du SLS (Space Lauch System) le futur lanceur de l’agence qui doit ramener des hommes (et des femmes) sur la Lune, dont l’unique production annuelle ne convient pas à tous.
Le SLS : ou l’avenir du programme Artemis
Robert Aderholt, un membre historique de ce sous-comité regrette : « le Congrès doit s’assurer que l’avenir du SLS comprend une variante cargo, qui fait partie du plan de la NASA depuis longtemps. » La version “cargo” du SLS est un projet de longue date à la NASA, mais l’agence américaine s’est toujours résolue à trouver une autre solution, le developpement d’une telle version du lanceur alourdirait beaucoup trop la facture finale du SLS, qui est déjà hors budget de plusieurs milliards de dollars.
L’agence spatiale américaine préfère donc miser sur le développement d’un autre vaisseau : Orion. Ce dernier prenant la place de la version « cargo » du SLS sans en avoir toutes les qualités. Orion est un vieux projet de la NASA, lancé à l’époque de Constellation en 2006 (l’ancêtre du programme Artemis). Il doit être le successeur du plus célèbre des vaisseaux de la NASA : Apollo. Selon les plans de l’agence américaine, il serait deux fois plus grand que son prédécesseur et disposerait de panneaux solaires pour récupérer de l’énergie au cours du vol. Le premier test d’Orion a eu lieu en 2014, mais depuis le projet piétine à la NASA, l’agence faisant passer le développement du SLS en premier. Un vol test avec le vaisseau au complet devrait avoir lieu au cours de cette année 2021, sans qu’aucune date n’ait encore été donnée.
Les vols nucléaires : bientôt une réalité
Demi-surprise dans le projet de loi du Congrès, la mise en place d’un financement pour le développement de technologies de propulsion nucléaire thermique, une première pour l’agence américaine qui n’avait pas inclus ce nouveau mode de propulsion dans ses demandes de budget. Pour Aderholt, le Congrès aurait même dû aller plus loin sur ce point, la propulsion nucléaire étant selon lui nécessaire « pour rivaliser avec la Chine alors que les deux pays poursuivent l’exploration de l’espace lointain ».
Afin de nuancer ces propos, il est bon de rappeler qu’Aderholt fait partie de l’opposition républicaine au sein du Congrès, et qu’il porte de facto un regard très critique sur les choix faits par la majorité démocrate, et dans un second temps, qu’il est un homme politique de l’Alabama, État dans lequel sera développée la technologie de propulsion nucléaire par la NASA. Il est donc tout à fait normal qu’il défende becs et ongles ce nouveau projet et demande à ce que le Congrès oblige la NASA à réaliser un vol test d’ici 2024, pérennisant ainsi le developpement de cette technologie à haut risque.
La question du HLS toujours en suspens
Dernier point discuté dans le projet de loi, et peut-être le plus important au vu du reste de l’actualité spatiale, le HLS (Human Lauch system) ou système d’atterrissage humain en français. Le Congrès est resté très flou concernant le financement de ce dernier ce que regrette Aderholt « Ce projet de loi ne répond pas de manière adéquate aux récentes décisions imprudentes de la NASA qui ont mis en péril le système d’atterrissage humain.» Faisant ainsi une référence au choix de la NASA d’avoir sélectionné non pas deux, comme c’était prévu, mais un seul système d’atterrissage pour son retour sur la Lune. Pour rappel, cette partie du programme Artemis a été confiée au privé, trois entreprises s’étaient alors présentées à l’agence spatiale américaine : SpaceX, Blue Origin et Dynetics.
Alors qu’un premier choix devait sélectionner deux des trois projets, la NASA n’en a finalement gardé qu’un seul, à cause d’un manque de budget, celui de SpaceX. Une décision qui avait mis l’agence de Bill Nelson dans la tourmente et que Jeff Bezos avait très fortement contestée, lui qui était le grand perdant (avec Dynetics) de cette histoire. Le projet de loi allonge donc légèrement l’enveloppe allouée à la NASA pour cette partie de son développement, sans atteindre les 5 milliards de dollars pluriannuels, demandés par l’agence américaine.
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