Alors qu’elle vient tout juste d’annoncer la prise en charge de la norme de paiement européenne Wero, N26 se retrouve dans le viseur du régulateur allemand, la BaFin. Ce 15 décembre, ce dernier a annoncé avoir imposé de nouvelles mesures contraignantes à l’encontre de la néobanque, pointant des carences persistantes dans son organisation interne.
Dans un communiqué, l’autorité de supervision indique que la N26, fondée en 2013 et basée à Berlin, « doit prendre des mesures appropriées et efficaces afin de rétablir une organisation d’entreprise conforme ». Concrètement, la BaFin a décidé de renforcer les exigences en fonds propres de N26 et de restreindre certaines de ses activités. La mesure la plus visible concerne les Pays-Bas : la banque « n’est plus autorisée à exercer de nouvelles activités de crédit hypothécaire » dans le pays.
Le régulateur allemand a également nommé un représentant spécial, chargé de surveiller la mise en œuvre des mesures imposées et d’en rendre compte directement à la BaFin. Pourquoi ? Selon l’autorité, une inspection spéciale menée en 2024 a mis en lumière « de graves déficiences, en particulier dans la gestion des risques et des réclamations, ainsi que dans l’organisation des activités de crédit », des manquements constitutifs de violations de la loi bancaire allemande.

Qui dit N26 ?
De son côté, N26 affirme, dans un communiqué transmis à l’AFP, être en « échange étroit et constructif avec les autorités de surveillance ainsi qu’avec le mandataire spécial désigné ». Elle précise « faire activement progresser la mise en œuvre d’un plan de mesures au cours des prochains mois », incluant « des ajustements des structures de gouvernance ainsi que des processus et mécanismes de contrôle ».
Ce n’est pas une première pour la néobanque, sous surveillance renforcée depuis plusieurs années. En 2021, la BaFin lui avait infligé une amende de 4,25 millions d’euros pour des failles dans son dispositif de lutte contre le blanchiment d’argent. À l’époque, un représentant spécial avait déjà été nommé, et la banque avait dû limiter drastiquement le nombre de nouveaux clients qu’elle pouvait accueillir chaque mois. Cette mission de supervision a pris fin en 2024.

Du changement dans la direction
Ces annonces interviennent dans un contexte de profonds changements à la tête de N26. Durant l’été, le cofondateur Valentin Stalf a quitté ses fonctions opérationnelles pour rejoindre le conseil de surveillance, après plusieurs années de pression de la part du superviseur, couplée à des tensions avec les actionnaires.
Ainsi, la néobanque vient tout juste d’officialiser la nomination de Mike Dargan comme futur président-directeur général, sous réserve de l’approbation de la BaFin. Actuellement membre du comité exécutif du groupe UBS, il doit prendre ses fonctions début avril. Active dans 24 pays européens, N26 revendique aujourd’hui plus de 7 millions de clients et environ 1 500 employés.
- Le régulateur allemand impose de nouvelles mesures contraignantes à N26, dont un renforcement des exigences en fonds propres et l’interdiction de proposer de nouveaux crédits immobiliers aux Pays-Bas.
- Un représentant spécial a été nommé pour superviser la mise en œuvre de ces correctifs.
- Ce nouveau revers intervient alors que N26 traverse une période de recomposition de sa direction, avec l’arrivée annoncée de Mike Dargan à la tête de la banque.
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