Tout part d’une class action contre Meta, et d’une info troublante repérée au travers d’une austère quantité de documents en lien avec l’affaire. On y découvre des liens très problématiques entre ce qui était alors Facebook, et la firme Netflix. En 2011, Reed Hastings le PDG de la plateforme de streaming a rejoint le conseil d’administration de Facebook.
Or dès 2013, les deux firmes ont commencé à échanger des informations très sensibles sur les utilisateurs de Facebook sur fond ce qui semble être l’appât du gain et un manque manifeste de digues morales de la part de la direction de Facebook. Alors qu’en France, par exemple, la Loi protège le secret des correspondances privées, et que la messagerie Facebook Messenger est a priori un des véhicules de ce type de correspondances, Netflix aurait pendant un certain temps eu accès à tous les messages privés des utilisateurs du service – à leur insu.
Netflix et Facebook ont manigancé pour lire vos messages privés
This is shocking.
Facebook gave Netflix all your private messages on Messenger in exchange for all your watch history, while Netflix paid them $100M+ for ads.
Meta will sell your data at a heartbeat for profit. pic.twitter.com/GkrFdMoi4L
— Deedy (@deedydas) April 2, 2024
Un extrait des documents de cette class action repris par le twittos Deedy explique en effet : “Un mois [après la prise de fonction de Reed Hastings chez Facebook, ndlr], Netflix annonçait une intégration de Facebook permettant de partager des métriques utilisateurs en interne, et la firme a commencé à faire du lobbying au congrès pour autoriser ce type de partage aux États-Unis”.
Le document poursuit : “dès 2013, Netflix est entré dans une série d’accords baptisés Facebook Extended API, qui comprennent une Inbox API [un accès API aux boîtes de réception, ndlr], accord qui autorisait Netflix à accéder de façon programmatique aux boîtes de réception privées, en échange de quoi Netflix ‘fournirait à Facebook un rapport écrit chaque deux semaines montrant les décompes journaliser de recommendations envoyées et clics des destinataires par interface, surface d’initiation et/ou les variantes de l’implémentation (dont les destinataires membres ou non de Facebook)”.
Plus tard, en aout 2013, “Facebook a donné à Netflix un accès ‘Titan API’ une interface de programmation non publique donnant à une liste blanche de partenaires un accès à, entre autres, les ‘accès à l’application de messagerie Facebook des utilisateurs et à leurs amis n’étant pas sur l’app”. Pour ne rien arranger, tout était strictement d’ordre confidentiel : “chaque accord Extended API était censé rester confidentiel, ce qui recouvrait ‘l’existence même et le contenu des Extended API'”.
Le texte complet de la plainte (en Anglais) déposée le 31 mai 2023 et toujours en cours, peut être consulté en cliquant ici. L’info, assez choquante et potentiellement lourde de conséquences, semble ne pas avoir fait surface avant plusieurs mois. On peut penser que la Commission Européenne, la CNIL et plusieurs de ses homologues au travers de l’ensemble régional se pencheront attentivement sur cette nouvelle révélation sur Meta au cours des prochaines semaines.
Même s’il est vrai qu’à ce stade, à cause d’abus répétés de Facebook autour de ce type d’infos sensibles au mépris des conséquences, il y a peu de chances que cette nouvelle info accablante sur le réseau social de Mark Zuckerberg ne choque vraiment grand monde. On ne sait pas vraiment combien de temps ce partage de données a duré, ni si des accès aux données de ce type par Netflix sont toujours possibles.
- Un accord secret a été noué entre Facebook et Netflix suite à l’arrivée de Reed Hastings au conseil d’administration du réseau social.
- Celui-ci, totalement confidentiel, est révélé en marge d’une class action.
- On découvre comment pendant une durée indéterminée Netflix a eu accès aux messages privés des utilisateurs de Facebook et de sa messagerie.
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