Cela devient un véritable rituel. Depuis 2019, la French Tech a mis en place deux indices phares pour distinguer les startups les plus prometteuses : le Next40 et le FT120. Une fois choisies, ces entreprises bénéficient d’un accompagnement privilégié pour les accompagner dans leur développement et les aider à créer de nouveaux emplois.
Deux évolutions majeures
Dès le début, les modalités de sélection de ces deux indices ont été critiquées par de nombreux acteurs de la Tech tricolore. Finalement, leurs demandes ont été entendues et le ministre délégué chargé de la Transition numérique, Jean-Noël Barrot, a accepté de revoir ces critères à compter de la promotion 2024.
Concrètement, la valorisation des startups ne sera plus autant primordiale que par le passé et le chiffre d’affaires sera plus fortement pris en compte. « Il fallait rééquilibrer les données conduisant à l’admission. Il y a une plus forte nécessité de générer du chiffre d’affaires qu’auparavant et il faut tenir compte de la fluctuation des valorisations au gré des cycles économiques », explique-t-il aux Échos. Quant aux licornes (entreprises valorisées à plus d’un milliard d’euros), elles ne seront plus automatiquement rajoutées dans ces deux promotions.
Jean-Noël Barrot veut également demander aux startups de fournir un index d’égalité professionnelle. Il s’agit ainsi d’établir l’écart de rémunération femme-homme, et la répartition des promotions. Autant de critères qui n’étaient pas pris en compte lors des précédentes sélections.
Le ministre espère ainsi répondre aux nombreuses critiques qui entouraient les précédentes promotions. Comme le rappelait récemment le quotidien économique, ces indices avaient un peu trop tendance à tenir compte des levées de fonds réalisées par ces entreprises sans tenir compte de leurs résultats économiques concrets.
Gardant l’anonymat, un dirigeant de startup expliquait ainsi aux Échos en février dernier : « Je ne comprends pas pourquoi il y a des places exclusivement réservées aux boîtes qui ont levé un certain montant. D’autant plus que leurs revenus ne suivent pas forcément. Cela a tendance à créer un ras-le-bol de beaucoup d’entrepreneurs qui ont moins ou pas levé mais qui font un meilleur chiffre d’affaires ».
Enfin, certains observateurs pointaient du doigt le fait que des sociétés lauréates en 2023 ont procédé à des licenciements, du fait de leurs difficultés conjoncturelles. Ce qui a tendance à faire désordre pour un indice créé dans le but d’encourager les recrutements.
Ce qu’il faut retenir :
- Les modalités de sélection du Next40 et le FT120 évoluent pour la promotion 2024
- Le chiffre d’affaires sera davantage pris en compte
- Des critères tels que l’égalité femme-homme au travail sont également intégrés
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