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Non, les AirPods ne sont pas dangereux pour la santé !

Sur Twitter, une vidéo devenue virale accuse Apple d’avoir “tué plus de personnes que Pfizer” à cause des ondes émises par ses AirPods. C’est faux. Décryptage.

En début de semaine, un lecteur nous interpellait sur Twitter. Il nous partageait une vidéo surprenante dans laquelle un individu effectue un “test” d’émissions des ondes émises par les AirPods.

En accroche, on pouvait lire : “Apple a probablement tué plus de personnes que Pfizer”. Publié à l’origine le 2 mai, ce tweet est rapidement devenu viral, notamment sur les comptes aux relents complotistes.

Pour justifier son propos, l’auteur de la vidéo montre qu’en rapprochant les AirPods d’un appareil servant à mesurer les ondes, ce dernier se met à émettre une lumière rouge et des sons stridents. L’objectif est ici de démontrer qu’en insérant les écouteurs sans fil d’Apple dans le conduit auditif, on expose notre cerveau aux ondes.

Cette vidéo s’accompagne d’un second tweet renvoyant vers un article d’Ulyces, un site d’information. Il s’agit en fait d’un copier-coller d’un article de Tech Times, un média américain spécialisé dans les nouvelles technologies. L’auteur de l’article revient sur une pétition signée par 250 scientifiques qui alertent l’OMS en supposant que “les Airpods augmentent les risques de cancer”.

D’où vient cette vidéo ?

La vidéo partagée dans le premier tweet est l’œuvre de Safe Tech for Santa Rosa, “un groupe de citoyens ordinaires qui vivent à Santa Rosa”, en Californie. Ses membre veulent “sensibiliser aux enjeux de la technologie sans fil”. Sur le papier, rien de bien méchant.

Sauf qu’en s’intéressant d’un peu plus près à ce groupe, on découvre des propos plus inquiétants. Selon le collectif, la technologie bluetooth “perturbe l’ADN”, entraîne “un risque accru de certains cancers”, engendre une “déficience neurologique” et “peut être fatale aux oiseaux”.

Pour étayer ces propos, le collectif ne s’appuie sur… rien. Aucune analyse n’a été menée en laboratoire, aucune étude, aucun rapport, rien ne vient prouver un quelconque lien de cause à effet entre les ondes émises par les appareils bluetooth et d’éventuels problèmes de santé. D’ailleurs le groupe lui-même ne se revendique d’aucune expertise scientifique.

Mais alors pourquoi l’appareil de test d’ondes s’affole-t-il sur la vidéo ? Pour une raison très simple : c’est son rôle.

Sur la vidéo, le démonstrateur approche les écouteurs sans fil émettant des ondes radio d’un appareil mesurant ces ondes radio. Forcément, les deux appareils communiquent entre eux.

Les appareils sans fil réduisent l’exposition aux ondes par 10

Qu’en est-il de la pétition rédigée par 250 scientifiques ? En réalité, à aucun moment les scientifiques n’affirment que les AirPods sont dangereux pour la santé. D’ailleurs la première version du rapport a été publiée en 2015 indique TF1info, soit avant la commercialisation des premiers AirPods.

Et même dans sa dernière version publiée en 2019, la pétition ne mentionne jamais la technologie bluetooth ou les écouteurs sans fil. Les scientifiques s’inquiètent plus généralement des risques liés à l’exposition aux ondes de radiofréquences.

Depuis la publication de cette pétition, d’autres études ont vu le jour. En janvier dernier, l’ANFR (Agence nationale des fréquences) publiait sa première étude sur l’exposition du public aux ondes électromagnétiques, en particulier les écouteurs et kits mains-libres.

La conclusion est sans appel : ces kits “qu’ils soient filaires ou sans fil, permettent de réduire l’exposition maximale d’un facteur d’environ 10 par rapport à l’usage direct du téléphone contre l’oreille”. Non seulement les écouteurs sans fil ne sont pas dangereux pour la santé, mais ils réduisent l’exposition aux ondes de smartphone.

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