Note2be.com et Lespipoles.com : le web 2.0 serait-il soluble dans les tribunaux ?

Deux drôles d’affaires nous concernant tous, directement ou indirectement, ont fait la une au cours de ces derniers jours, et posent plusieurs questions sur les limites de l’expression sur internet, que ce soit dans les sites  au contenu généré par les utilisateurs ou dans les agrégateurs ou mash-ups.

Deux drôles d’affaires nous concernant tous, directement ou indirectement, ont fait la une au cours de ces derniers jours, et posent plusieurs questions sur les limites de l’expression sur internet, que ce soit dans les sites  au contenu généré par les utilisateurs ou dans les agrégateurs ou mash-ups.

Tout d’abord la condamnation du site Lespipoles.com et cette décision de justice, rendue par le Tribunal de Grande Instance de Nanterre
Début février, Eric Duperrin, créateur et webmaster du site www.lespipoles.com est assigné en référé par l’avocat du réalisateur Olivier Dahan (La Môme) pour avoir fait un lien, à partir de son site, vers un article du site Gala.fr, faisant état d’une rumeur concernant une relation entre ce dernier et l’actrice Sharon Stone (pas de quoi avoir honte :-)).
Le lien se présentait de la facon suivante : "Sharon Stone et Olivier Dahan, La star roucoulerait avec le réalisateur de la môme", suivi d’un lien "lire la suite" redirigeant vers l’article original sur Gala.
Le lien était issu de l’analyse automatique du flux RSS que Gala met à disposition sur son site.
Eric Duperrin indique n’avoir même pas eu la possibilité de lire l’article en question puisqu’au moment ou l’huissier de justice à débarqué chez lui
(sans aucune mise en demeure ou lettre recommandée préalable), l’article avait déjà été retiré du site de Gala.fr.
Il faut savoir que le site Lespipoles.com est un mash-up qui combine flux RSS, API youtube et API Flickr. Il n’a donc pas de contenu propre et s’auto-alimente presque tout seul.
Malgré cela Eric Duperrin vient d’être condamné à payer 1800 euros de dommages et intérêts au plaignant (en plus d’importants frais d’avocat).

Ensuite le coup d’arrêt porté hier au site Note2be, qui permettait à quiconque de noter les enseignants, et qui avait fait l’objet d’une plainte de trois syndicats d’enseignants (Snes, FSU, Snep) ainsi que d’une trentaine d’enseignants.
Le site, qui n’est plus accessible au moment où j’écris ces lignes, permettait aux internautes de trouver un prof dans une liste via le moteur de recherche interne, et de lui attribuer une note fondée sur 6 critères, et de voir les notes déjà attribuées par enseignant.
Comme sur tout bon site 2.0, une liste faisait apparaître dynamiquement un Top10 des profs les mieux notés.
Les plaignants n’ont apprécié que très modérément d’être ainsi soumis publiquement à l’appréciation populaire, mais ont réagi de façon somme toute assez modérée puisque plutôt que demander la fermeture du site, ils ont simplement exigé (avec pénalités à l’appui) que toute mention nominative soit retirée du site, ce qui est humainement compréhensible.

Ces deux affaires judiciaires visent directement le Web 2.0 est ses principales caractéristiques :

  • dans le premier cas ce sont les mash-ups et autres contenus repris par agrégation automatique qui se retrouvent sur la sellette, puisque la décision du Tribunal de Nanterre dit clairement que l’éditeur d’un site d’agrégation est directement responsable du contenu publié, et que c’est à lui de faire le ménage à priori, ce qui est évidemment impossible. Si l’on s’en tient à la lettre de cette décision de justice, tous les sites reprenant du contenu peuvent se retrouver un jour où l’autre dans le collimateur de la justice, de Youtube à Fuzz, de Wikio à… Google.
    C’est le principe même du mash-up et de l’agrégateur public qui est remis en cause, et par là-même un pan entier du web.
    Pour citer un exemple personnel, il m’est arrivé une seule fois de devoir retirer une info publiée dans Fuzz, et je l’ai fait sans regret car il s’agissait de propos diffamatoires en provenance d’un blog qui avait été monté spécifiquement par l’ex-employé licencié d’une société qui avait choisi ce moyen pour régler ses comptes. La demande avait été faite à l’amiable par la société en question et j’avais effectivement accepté de retirer les billets et bannir le membre de Fuzz.
    Bien sûr, la décision de justice à l’encontre de Lespipoles peut paraître un peu abusive, voire expéditive, mais comment réagirions-nous si nous étions nous-même victimes d’une grave diffamation reprise dans la même journée dans plusieurs sites d’agrégation ?
    La voie juste ne serait-elle pas de négocier à l’amiable site par site le retrait de l’info portant préjudice, plutôt que de les mettre de facto devant les tribunaux ?
  • Dans le deuxième cas, c’est en quelque sorte le principe du contenu généré par l’utilisateur et de l’évaluation très à la mode dans les web 2.0 (notamment depuis l’éclosion de Digg) qui posent question. J’imagine bien que pour un professeur il n’est certainement pas très agréable de voir son nom affiché à côté d’une note (médiocre ou pas) sur un site recevant plusieurs dizaines de milliers de visites par jour. Cependant, selon l’un des créateurs de Note2be, ce type de site existe déjà dans de nombreux pays (USA, Allemagne…) et ne semble pas poser problème. Faut-il en déduire que la frilosité des enseignants à se remettre un tant soit peu en question (bien aidés il est vrai par des syndicats pas vraiment portés sur le changement) serait donc une autre exception française ?
    Cependant, Note2be pose donc également une question plus générale : si l’on note les profs, ne risque-t-on pas ensuite d’assister à des dérives qui consisteront à mettre une note à tous les corps de métier, puis à tout ce qui bouge ? Peut-on réduire la compétence et l’expérience d’un professionnel, quelque soit son secteur d’activité, à une simple note et quelques appréciations sur un site web ?
    Là encore n’y a-t-il pas une voie intermédiaire à trouver, qui permettrait de satisfaire tout le monde, comme par exemple proposer une sorte de Note2be uniquement accessible sur l’intranet d’une école ou d’une fac ?

Agrégation, re-publication automatisée d’informations via leurs flux RSS, contenu généré par l’utilisateur, systèmes de notation… Ce qui constitue une bonne part de l’essence même du web 2.0 vient de prendre un sacré coup de semonce suite à ces deux jugements.
Le législateur va devoir se pencher sérieusement sur la question et trouver des solutions satisfaisantes pour toutes les parties si l’on veut éviter une judiciarisation abusive d’internet tout en protégeant les intérêts des personnes et de leur vie privée.


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36 commentaires

  1. Bonne nouvelle pour note2be, on reste malgré tout dans un pays ou l’humiliation publique, la délation et la calomnie sont punis par la loi (enfin, depuis 50 ans…).

    A ceux que le concept séduirait : vivement que je puisse vous noter et mettre des commentaires et que vos enfants puissent les lire.

  2. Pour moi la décision de justice concernant note2be est une mauvaise nouvelle (j’en parle brièvement sur mon blog). Surement car je viens de finir mes études, je me rappelle donc encore fraichement de la "qualité" de certains de mes profs… je trouve qu’un service comme celui là permettait surtout au prof d’avoir un retour de la part des élèves sur leur façon d’enseigner, et ainsi améliorer leurs cours. Mais c’est vrai qu’il est souvent difficile de se remettre en question, surtout dans le corps enseignant…

    J’imagine même un site basé sur le même principe mais ouvert pour tous les corps de métier, notamment les commerçants. Attribuer une bonne note aux commerces accueillants et serviables, et une mauvaise à ceux qui par exemple ne répondent même pas quand on dit bonjour, j’en rêve (mais j’extrapole un peu là)

  3. Pour avoir un peu plus d’éléments sur note2be, je vous invite à jeter un oeil au "buzzcast" de son cofondateur Stéphane Cola : http://www.culture-buzz.fr/blog/... … qu’on aime son concept ou pas…
    Cette histoire n’est pas sans rappeler l’arrivée du P2P et des débordements/réactions virulentes provoquées par Napster et autres qui ont certes disparus mais laissé la place à d’autres acteurs… avec des variations/corrections sur le modèle des 1ers players sur cette approche….

  4. Ce que je ne comprends pas avec note2be, c’est qu’on empêche la notation d’un prof, alors que partout ailleurs, on laisse libre court à la notation de joueurs de football au cours d’un match, la notation de grands chefs de restaurants (guide michelin et autres), la notation de titres de chanteurs(deezer et autres), la notation de photos de personnes (hotornot et autres), la notation de ministres au travers de leur cote de popularité, on note aussi les écoles / lycées en eux memes… pourquoi ne peut on alors pas noter un professeur (pour lequel on ne peut pas écrire de mots négatifs évidemment)

  5. D’une part, on laisse des enfants – qui douterait de leur objectivité, bien sûr qu’ils ne sont pas revanchards… – et d’autre part, quel intérêt à ce que ce soit en accès public sur Internet ?
    Pourquoi pas dans l’Intranet de l’école ?
    Je travaille dans une entreprise privée et je seras choqué de voir mon nom sur Internet accolé à des notes et des commentaires d’une objectivité au mieux douteuse.
    Sinon, Stéphane Cola est un "Libéral réformateur", ami de longue date et présent sur la liste du député Lellouche, le fameux "Il n’y a qu’à castrer les homosexuels."
    Et sinon, oui au droit de réciprocité, je veux les bulletins des enfants, avec les commentaires des enseignants en accès libre sur Internet. >:-)

  6. J’en discutais la semaine dernière avec un élève de seconde qui avait noté, lui et 80% de sa classe, tous ses profs.
    Il trouvait le site Note2be amusant et utile pour pousser les profs à être meilleur.
    Mais le plus intéressant, c’est que les profs eux mêmes étaient séduit à partir du moment où une majorité des élèves avaient donné leur avis. Ils s’amusaient aussi à comparer entre eux leurs notes respectives !!
    Comme quoi bien maitrisé, ce type de site n’est pas si dénué de sens.

  7. Concernant lespipoles.com, il s’agit d’un référé et l’affaire n’est certainement pas terminée sur le fond.

    Concernant note2be, on a la grande chance en France d’avoir la CNIL (même si on ne lui donne plus actuellement les moyens humains et financiers pour agir avec un minimum d’efficacité) et donc le droit de radiation (suppression) des données nominatives.

    @Antonin> as-tu pendant tes années d’études ne serait-ce qu’UNE fois fait état via tes délégués de classe, ton conseil de classe, la direction de ton établissement, l’académie ou les associations de parents d’élèves de ce que tu reprochais à tes professeurs? Je me doute que non. Pourquoi pas? C’était pourtant le bon moment et le bon endroit pour le faire, pas 2 ou 10 ans plus tard.

    Un site tel que note2be n’est certainement pas la meilleure solution à ce que tu évoques: c’est lâche et contre-productif: ça ne fait que braquer les profs contre tout système de feedback de meilleure qualité.
    Je pense que pas mal de profs sont pour un feedback mais pas ce feedback-là avec la foule qui leur lance des pierres sans qu’ils puissent faire quoi que ce soit …

    @titlap> la différence est que ça se fait sur la base du volontariat (hotornot, guide Michelin dont ils peuvent demander à être sortis mais qui constitue un énorme avantage en termes de visibilité et de comm’ donc peu vont le faire!) ou que ça ne concerne pas les personnes elles-mêmes: sur Deezer, si ce sont les titres de chanson qui sont notés, ce ne sont donc pas les chanteurs eux-mêmes!
    Les établissements (enseignement mais aussi hôpitaux) sont notés selon des critères *objectifs* tels que réussite au bac ou nombre d’infections nosocomiales, etc (sur des statistiques publiées par les minstères eux-mêmes d’ailleurs) mais pas à la tête du client par des anonymes!

  8. @opl je suis, dans l’ensemble, d’accord avec toi pour les éclaircissements que tu apportes sur mes exemples
    Peut etre devrait-on laisser les professeurs désireux d’etre évalués l’initiative de s’inscrire sur ce site 😉 cela choquerait certainement moins, mais le site perdrait une bonne partie de son interet

    pour ma part, je parlerais du peu de réactivité que j’ai pu constater vis à vis des remarques qu’on avait pu faire sur un professeur.
    Voilà mon histoire..

    En seconde, j’ai eu un professeur de physique-chimie très bon.
    En première, je choisis la voie du scientifique. Mon prof de physique-chimie change, et nous nous retrouvons avec une prof qui, durant toute l’année scolaire, n’aura pas réussi à faire preuve de sa compétence pédagogique auprès de l’ensemble de notre classe. Cette professeur, certes très forte, très aux faits sur ce qu’elle enseigne, n’arrivait pas à le restituer à sa classe (la mienne). L’année se termine, et nous priions pour ne plus l’avoir en terminale, ce qui a malheureusement été le cas. C’est là que nous avons tenté auprès de notre prefesseur principal, de notre principal et de l’académie, de faire en sorte de changer de professeur de physique-chimie pour notre année décisive de terminale. En vain !! l’académie a pourtant envoyé un inspecteur qui a lui meme qualifié notre prof de "peu compétente pour enseigner", mais on l’a eu toute l’année. La moitié de la classe a dû faire 2h de soutient par semaine pendant toute l’année ! résultat : 9 au bac, coefficient 6 !! Une grosse surprise pour quelqu’un qui visait le 15-16 lorsqu’il était en seconde et comprenait encore parfaitement ces matières !!

  9. Vous savez quoi. Dans cette affaire note2be ce qui perverti le principe c’est que les profs sont notés et que les élèves le font anonymement. Que les étudiants soient déclarés et les profs avoir un droit de réponse serait nettement plus équitable et juste et démocratique ! 🙂

  10. Ben moi je me demande bien ou tout cela nous emmène peut etre que universal va finir par attaquer google parce qu’il index les MP3 ou autres fichier video.

    Moi ce qui me revolte c’est que rapidshare se gave et qu’on fait chier des "petits" en comparaison … c’est pOs juste :'(

  11. A part ca je suis prof a la fac, j’aurais bien aimé connaitre ma note avant que ca ferme 🙂

    Non je deconne, c’est bien mieux comme ca, c’est de mauvaise foi de comparer le metier de prof a celui d homme politique comme les gars de note2be le faisait hier.

  12. Donc si il ya d e mauvaise note pour un restaut sur Cityvox, il vont porté plainte pour enlevé les différents avis sur les pros (Ciao va etre aussi touché comme tout les autres ! tout site avec Avis de consommateur et d’utilisateur…)

    La notation et les commentaires sur tout ce qui bouge est un droit (et quasiment un devoir de citoyenneté !)

    A mon avis biensur…

  13. Moi je suis pour, mais seulement si c’est réciproque : il faut que tout le monde ait accès aux bulletins de note des élèves, avec les commentaires des professeurs.
    On verra après ça si les élèves crient "Vive la liberté d’expression", ou si ils considèrent que c’est de l’humiliation publique.
    Ca fait du bien parfois de passer de l’autre côté de la barrière…

  14. @shamanphenix il y a à mon avis une réelle différence entre les notes qu’attribuent des profs à des élèves (ces notes ont une influence sur son passage en niveau suivant, en poursuite d’études, etc.. ) et une note attribuée à des profs sur un site qui n’a aucune légitimité ! Il ne s’agit pas là de la note de l’académie qui, elle, a une influence (ou pas) sur la carrière d’un prof..

  15. @shamanphenix c’est marrant comme tu assimiles systématiquement notation et humiliation. Tu penses que les profs ne méritent que des mauvaises notes ?

  16. Les (syndicats de) profs s’illustrent une fois de plus par leur archaïsme. Je comprends qu’ils réagissent, qu’ils soient inquiets, mais de là à imaginer toujours le pire, à sortir l’artillerie…
    Ca manque de classe.

  17. Non, mais je pense que ces enfants sont ça : des enfants revanchards qui ne sont pas aptes à noter la pédagogie ou le programme qu’ils ne connaissent pas, et que surtout ils ne sont aucunement objectifs.
    Je n’assimile pas note et humiliation, mais les notes données par CES ENFANTS en PUBLIC comme de l’humiliation.
    Comme l’a dit titlap : "une réelle différence entre les notes qu’attribuent des profs à des élèves (…) et une note attribuée à des profs sur un site qui n’a aucune légitimité !"

  18. Le problème, c’est que n’importe quelle professeur pouvait être mis en avant sur le site not2be, sans qu’il le veuille. Pour les professeurs ayant des bonnes appréciations, cela devait clairement les flatter, à contrario, pour ceux ayant de mauvaises notes, leur estime devait en prendre un certain coup.
    Imaginons nous si demain vous voyez votre nom et prénom sur un site permettant d’évaluer par exemple le physique.
    Je ne pense pas que ce soit, une bonne solution, ça permet surtout les coups bats des élèves qui souhaitent se venger après avoir eu une note très faible à leurs devoirs.

  19. @shamanphenix c’est vrai mais je crois à la sagesse des foules même chez les enfants, ce que je veux dire par là c’est qu’avec une masse critique importante de votants les notes s’équilibreraient et les excès seraient noyés dans la masse. Tous les gamins ne vont quand même pas voter négativement contre tous les profs, ou alors c’est vraiment qu’il y a un problème dans l’éducation nationale, non ?

  20. Tu crois à la sagesse des foules, moi je crois à la bêtises des foules, on reste des croyances… Et là on parle en plus de gens que l’on ne considère pas assez matures pour voter en tant que citoyens et qui en plus sont impliqués et donc dont on peut douter de l’objectivité.
    Quand je me souviens de la bêtise et de la méchanceté de mes camarades de classe au collège, qui donnaient des surnoms raciste, sexistes ou autres selon la tête du prof, laisse-moi douter du bien-fondé de leur vote. Surtout lorsque l’on considère que leur angle de vue est totalement biaisé : que connaissent-ils aux programmes ? A la pédagogie ?

  21. oui mais leur donner le droit à la parole permet aussi de leur apprendre à se responsabiliser. Il faut leur montrer qu’avoir la chance de donner son avis est à saisir, pas à gacher.
    Le site interdisait les appréciations pour éviter les dérives potaches.

    La bétise de masse s’exprime en niche, si le principe est généralisé, ça s’autorégule. C’est pour ça que les wikis fonctionnent.

    Rien n’est jamais sur, mais si dérive il y avait eu, il aurait alors été temps de porter plainte. Encore eut-il fallu oser attendre l’épreuve du feu.

  22. Pour Lespipoles, je trouve ça vraiment incroyable. Gala n’est pas responsable de ses articles peut-être?

    Pour poursuivre ta réflexion, Eric, sur la notation par corps de métier, certains profitent du buzz de Note2be pour lancer le concept pour… les médecins! Même s’il n’y pas grand chose encore, gageons que ça finira par sortir un jour:
    http://www.note2bib.com/

  23. A quand note2web.com le site qui note les webmasters ou note2con.com celui qui note les cons (vaste programme)? Tout cela me fait beaucoup rire en tout cas à défaut de me navrer.

  24. ""Là encore n’y a-t-il pas une voie intermédiaire à trouver, qui permettrait de satisfaire tout le monde, comme par exemple proposer une sorte de Note2be uniquement accessible sur l’intranet d’une école ou d’une fac ?""

    Certains profs de fac le font en faisant paraître une feuille (ou une page web) anonyme en fin de semestre. Ils en tirent les conséquences qu’ils veulent mais en tiennent généralement compte.

    Pour ce qui est des profs de lycée, voir de collège ou même de primaire, c’est autre chose amha

    Note2be fut.
    Pendant 3 semaines.
    …Heureusement 🙂

    ps(hs): ton captcha est quand même assez difficile à lire pour qui n’a pas une bonne vue….

  25. NicolasH on

    Concernant note2be.com, je pourrais éventuellement trouver contestable la notation sur Internet par n’importe qui d’un "travailleur public" comme un enseignant, fonctionnaire ou autres.
    Je ne remets pas en cause la notation des fonctionnaires mais pour moi, celle-ci doit rester dans le cadre de leur travail. Je suis pour que les élèves notent leur profs, mais dans le cadre des établissements scolaires uniquement. N’oublions pas que le but d’un professeur n’est pas de vendre un service et je ne vois pas bien en quoi moi, en tant qu’utilisateur du net, j’ai besoin de savoir si tel ou tel professeur est bon ou mauvais.
    PAR CONTRE, je trouverais tout à fait normal de proposer un site qui permette de noter des médecins, des dentistes, avocats, plombiers et autres commerçants. Pourquoi ? Parce que ces professions tirent une partie de leur « bénéfices » de leur réputation et de leur capacité à satisfaire un patient ou un client.
    Si un avocat est bon, il faut que les gens le sachent. Si un plombier est mauvais, que les gens soient au courant. Pourquoi interdire sur le Net tout ce qui est autorisé dans la vraie vie, dans les Intranets d’entreprises, dans les réunions de famille, dans les discussions de bistrot où le bouche à oreille a un sens et est utile !
    Notez également que c’est déjà plus ou moins faisable avec Google Maps ou chacun peu donner un avis et entrer un commentaire sur chacune des entreprises inscrites dans l’annuaire.
    Je pousserais personnellement pour ce genre de service, si je ne le développe pas moi-même…. Mais pas pour les fonctionnaires.

  26. @Opl : j’ai évidemment plusieurs fois formulé des reproches en conseil de classe, au CPE, voir directement auprès du prof lui même (comment peux tu préjuger du contraire comme tu le fais ?) Lorsque j’ai quelque chose à dire, je n’hésite pas, cela m’a d’ailleurs souvent déservi durant ma scolarité (les profs détestent plus que tout la contradiction!) D’ailleurs c’est amusant tu préjuges aussi que je vais noter mes profs ‘2 ou 10 ans après’, comme si à l’heure d’aujourd’hui j’allais perdre mon temps à noter mes anciens profs ! Je te rassure, je ne garde pas une telle rancoeur vis à vis du corps enseignant, d’ailleurs cela s’est dans l’ensemble très bien passé. De toute façon le débat n’est pas là. Je me mettais simplement à la place des élèves d’aujourd’hui en me disant "j’aurais bien aimé avoir un service comme celui là"

    Je te trouve particulièrement excessif quand tu juges le concept "lache et contre productif", tu te trompes complètement car le service n’est pas là pour "jeter des pierres sur les profs" bien au contraire… la note est basé sur des caractéristiques définissant la qualité pédagogique d’un prof, et non pas son physique ou sa manière de parler. Bref je vois plus ça comme une excellente démarche pédagogique !

    Après dans le fond un tel outil serait certainement plus adapté s’il était limité aux élèves de l’établissement du prof(d’ailleurs certaines écoles ont un système similaire en intranet) On pourrait attribuer un mot de passe par école, afin de ne pouvoir voir/noter uniquement sur ce qui nous concerne…

  27. ce genre de service existe depuis pas mal de temps, pour tout et n’importe quoi.

    Je me souviens de cela sur papier dans les revues motos (noter son équipement, sa moto), sur des sites de motards (je sais je suis mono manique 🙂 ) dont le repaire des motards et dernièrement j’ai donné mon avis sur mon garagiste voiture (ah non, pas que mono manique finalement) sur allogarage

    Mais je suis d’accord avec antonin, ce genre de sites à plus d’impact autre que le lynchage toujours possible s’ils portent sur des services aux usagers, pour éviter de se faire arnaquer….

    On devrait plutôt juger les écoles privées d’informatique, pour éviter de dénigrer les élèves qui sont passé par l’… ou par le … dans les entreprises plus tard 🙂

    PS: je ne suis pas passé par ses écoles mais d’anciens camarades recalés dans la mienne si, dommage pour eux (pas de nom, que des amis…)

  28. Pour note2be, sans vouloir faire une confrontation sur l’enseignement privé et public la notation par les élèves de leurs professeurs se fait déjà dans de nombreux établissements (en interne bien sûr, et pour ce que je connais dans l’école de commerce que j’ai faite et dans d’autres dont j’ai entendu parler) et n’est pas vu comme de la délation mais comme un moyen d’améliorer le contenu et la présentation des cours et donc les performances des profs…et des élèves
    et puis en enlevant les noms et mettant juste établissement + matière enseignée + classes en charge, chacun (élève comme prof) pourra tout aussi facilement s’y retrouver non ?

    Pour LesPipoles là c’est plus dur, il va falloir trouver un moyen que la responsabilité soit uniquement mise sur le lanceur original de l’info avec obligation pour lui d’intervenir sur ceux qui reprennent l’info car taper sur les doigts des seuls "repreneurs" d’infos est plus qu’injuste et arbitraire étant donné la quantité d’infos qui s’échange aujourd’hui via le net…si cette décision doit faire jurisprudence on est pas sorti de l’auberge et il pourrait exister de petits malins pour lancer délibérement et discrètement des fausses infos et poursuivre ensuite tous les repreneurs…

  29. Bob Marcel on

    Cher M. Dupin
    le web n’est pas un monde à part, ce n’est pas un monde du tout d’ailleur, le droit s’y exerce commme partout.

  30. Eric -> ben oui, c’est pas un scoop qu’il y a un problème dans l’éducation nationale, et ce n’est pas un service comme note2be qui va aider en quoi que ce soit. Pour ma part je ne suis pas convaincu du rôle bénéfique de l’effet de masse dans ce contexte là. Je ne suis pas convaincu pour autant que note2be créerait forcément beaucoup de tord à beaucoup de profs, je pene juste que c’est quelquechose d’inutile (si son but est d’améliorer l’enseignement) , les auteurs du site le savent bien d’ailleurs, leur unique but est de mettre un coup de pieds dans la fourmiliere juste pour foutre le bordel. C’est gratuitement provocateur. ya qu’a voir le discour de Cola, qui dit, en gros "ah ben voilà on s’attaque aux profs et ils se sentent merdeux alors ils répondent, en corporation, par voie de justice". Discourt sous-jacen : "il faut que ca change parceque c’est intolérable"
    N’importe quel corps de métier repondrait de la meme manière, mais il est tellement habituel de stigmatiser les fonctionnaires comme contres productifs et incapables de toute autocritique … Moi perso ce mec et sa démarche me degoutent, ya pas d’autre mot. Ya de nombreuses autres façons d’améliorer l’école et les conditions de travail des profs (avoir un salaire correct, déjà, ca serait pas mal)
    La décision de justice est une bénédiction, de mon point de vue.

  31. Concernant les noms des professeurs notés sur Notes2be, si je ne m’abuse, c’est bel et bien leur performance professionnelle qui est jugée, mais, en principe, par leurs propres élèves, à savoir des personnes, généralement mineures et irresponsables (au sens juridique du terme), ce qui peut effectivement poser un problème. Les notes ne sont pas sensées représenter un aspect non professionnel. Sachant cependant que le professionnel et le personnel sont tous deux confondus du fait d’un nom unique (et d’un identifiant, associé à l’établissement, qui devient unique), ce type de sites peut gêner, et cela se comprend.

    Cela dit, d’autres sites visant à noter des individus existent, et pas uniquement sur leurs qualités professionnelles. C’est le cas des sites de vente aux enchères, notamment, où les vendeurs sont notés par les acheteurs, notamment, et parfois vice-et-versa. Des services tels que LinkedIn permettent de recommander des individus de son réseau professionnel. Personne ne semble s’en offusquer (les recommendations doivent cependant être validées par l’intéressé). Je m’étonne que ce type de principe ne soit pas proposé aussi sur les sites de rencontres : problème juridique ou marketing ?

    Enfin, pour ce qui est des flux RSS, ton propre cas, Eric, enfin celui de Fuzz, va être intéressant à suivre… (Je te souhaite de trouver un excellent avocat qui saura défendre avec brio tes intérêts, quitte à l’emporter sur la forme, et non le fond, car les jugements de fond en matière de relai d’information risquent d’être particulièrement difficiles à obtenir, et serviront pourtant à mettre en place des jurisprudences qui s’appliqueront par la suite aux grands acteurs du web. Une piste d’entreaide peut peut-être être exploitée auprès des grandes entreprises du milieu qui relayent des flux RSS ou autres contenus tiers et qui n’ont aucun intérêt à ce qu’une jurisprudence défavorable se mette en place ?)

  32. Web2=2 fois plus d’attention à ce que l’on fait, c’est à dire entre autres écrit…ou publie.
    C’est à dire un web passé à l’âge adulte puisque coolaboratif…
    Non?

  33. Francois_C on

    Le cas de note2be montre quand même le peu de fiabilité du système. Je suis prof dans un tout petit lycée privé. Je m’occupe par ailleurs d’un certain nombre de sites et de groupes de travail de profs. Quand j’ai appris l’existence de note2be, c’était tout au début. Pour tenter le diable, et avant de savoir quels scandales le site allait provoquer, j’y ai inscrit mon nom en tant que prof dans mon lycée (j’étais le seul), puis je me suis « dégonflé » et je n’ai pas confirmé mon inscription au site. Mon nom est resté – inscrit sans aucune confirmation. Il y avait mon IP, mais peut-on penser que M. Cola soit à ce point passionné de vérité qu’il allât la vérifier ?
    Je me suis retrouvé avec une note proche de zéro au bout d’un moment. Mais elle a pu m’être attribuée par n’importe qui, puisqu’il n’y avait pas à se justifier d’être élève ni de connaître un prof pour le noter.
    Il n’est pas impossible qu’un élève soit allé sur le site, ait trouvé le nom que j’y avais imprudemment laissé, et se soit défoulé. Mais c’est statistiquement assez improbable, car j’avais très peu d’élèves (CPA d’agrégé, 7 h 1/2 par semaine, très peu d’élèves). N’importe qui a pu me noter, y compris un collègue, jaloux ou même désireux d’envenimer le conflit autour de ce site.
    Trop d’information, ce n’est plus que du bruit.

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