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Des voyages nocturnes économiques et luxueux ? Cette startup veut révolutionner le train européen

Nox Mobility veut proposer des cabines confortables au prix d’un vol petit-courrier.

Nox Mobility veut réinventer le train de nuit européen avec des cabines privées et confortables ; de quoi concurrencer l’aérien avec un impact CO₂ bien moindre. Une ambition claire et attrayante, mais qui risque de se heurter à plusieurs obstacles.

Trois cabines à prix très attractifs

« À l’heure actuelle, les trains de nuit sont peu fiables et inconfortables – vous êtes entassés dans une cabine bruyante avec des inconnus, et les cabines privées sont soit incroyablement exiguës, soit très chères. Et comme les tarifs sont souvent plus élevés que ceux de l’avion, ce n’est tout simplement pas une option attrayante pour la plupart des gens », constate Janek Smalla, ancien de chez FlixTrain et Bolt.

Aux côtés de Thibault Constant, il a cofondé Nox Mobility, une startup basée à Berlin qui entend révolutionner le train de nuit. L’idée : créer un réseau de trains-couchettes privés reliant les grandes capitales du Vieux Continent. Le tout en proposant une alternative confortable, abordable et bas-carbone aux vols court-courriers.

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© Nox Mobility

Ainsi, l’entreprise promet trois gammes de cabines privatives. La Single Loft (à partir de 79  euros) s’adressera aux voyageurs solo avec un lit en mezzanine et un coin assise-table. La Double Loft (149  euros) reprendra le même principe pour deux personnes, avec des lits superposés.

Enfin, la Double Vista, également à partir de 149 euros, sera plus luxueuse : lit double bas aligné sur le sens de marche, convertible en salon de jour, et large fenêtre panoramique. Toutes les cabines offriront des matelas de deux mètres et pourront, dans certains cas, être connectées entre elles pour accueillir des familles ou groupes. À noter que le prix sera appliqué par cabine, et non par passager.

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© Nox Mobility

Un parcours du combattant ?

À la différence de nombreuses initiatives passées, Nox entend développer des trains neufs, modulaires et standards, tout en maîtrisant la billetterie et les horaires en interne pour fluidifier l’expérience voyageur.

Et si le projet séduit sur le papier, le financement du projet s’annonce, lui, périlleux. Construire un réseau ferroviaire en Europe, qui plus est avec des trains neufs, accessibles et confortables, implique des investissements colossaux. Or, l’exemple de Midnight Train, une startup française au concept similaire qui a dû jeter l’éponge faute de fonds, montre à quel point convaincre les investisseurs reste un défi.

Au-delà du financement, s’imposer dans le rail européen relève presque du parcours du combattant. En plus d’une infrastructure fragmentée, les normes techniques varient d’un pays à l’autre et les créneaux horaires sont rares, souvent monopolisés par des opérateurs historiques peu enclins à faire de la place à un nouvel entrant. Sans parler des réglementations nationales, parfois opaques et longues à négocier.

Mais les dirigeants sont confiants : « Nous savons que ce que nous faisons n’est pas facile. Mais si nous y parvenons, cela pourrait ouvrir la voie à une nouvelle façon de se déplacer en Europe. Cela pourrait inciter davantage de personnes à quitter l’avion et la voiture pour prendre le train, ce qui, j’en suis sûr, est une bonne chose pour la plupart d’entre nous », souligne Janek Smalla.

Le premier service est attendu dès 2027, avec pour horizon un maillage de 100 lignes d’ici à 2036, couvrant des destinations comme Paris, Amsterdam, Barcelone, Berlin, Vienne ou Milan.

  • Nox Mobility veut rendre le train de nuit confortable et aussi abordable qu’un vol court-courrier.
  • L’entreprise promet des cabines privatives, un réseau européen et une expérience repensée.
  • Mais le financement et les lourdeurs du rail européen pourraient freiner ses ambitions.

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