En matière d’énergie, la fusion nucléaire fait figure de Graal. Une récente annonce du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) est justement significative à cet égard. La France vient en effet de battre un nouveau record mondial.
Une prouesse majeure
C’est à Cadarache en Provence-Alpes-Côte d’Azur que le tokamak West est parvenu à maintenir un plasma pendant 1337 secondes. C’est mieux que le précédent record du tokamak East établi en Chine : 1066 secondes.
Au delà de l’aspect “cocorico”, cette évolution est essentielle en matière de technologie nucléaire. En effet, comme l’explique le CEA, des machines comme Iter, le réacteur actuellement développé en France, vont devoir maintenir des plasmas de fusion pendant plusieurs minutes pour fonctionner.
Et les scientifiques de préciser : « Il faut en effet maîtriser le plasma, instable par nature, et s’assurer que les composants placés face à lui sont capables de supporter ses rayonnements, sans dysfonctionner ni le polluer. »
Loin de s’endormir en si bon chemin, les équipes vont donc poursuivre leurs efforts en tentant de tenir le plasma pendant plusieurs heures et le réchauffer à plus haute température afin de se rapprocher des conditions attendues pour la fusion. Avec ses atouts en main, la France est donc bien placée pour accueillir la première centrale fusion prototype.
La fusion nucléaire contre le changement climatique ?
Quoi qu’il en soit, cette prouesse donne le sourire à Anne-Isabelle Etienvre, Directrice de la recherche fondamentale au CEA :
West a franchi une étape technologique importante en maintenant un plasma d’hydrogène pendant plus de vingt minutes grâce à l’injection de 2 MW de puissance de chauffage. Les expériences vont se poursuivre en augmentant cette puissance. Cet excellent résultat permet à West et à la communauté française de se positionner au premier plan pour préparer l’exploitation d’Iter.
Si la fusion nucléaire aiguise autant les convoitises, c’est notamment, car elle pourrait nous permettre de disposer d’une source d’énergie abondante et sûre. De même et, contrairement à la fission, actuellement massivement utilisée, elle ne produit pas de déchets radioactifs à longue durée.
Mais le CEA tient à tempérer les espoirs de tous ceux qui y verraient un remède miracle contre le changement climatique et conclut : « Compte tenu des infrastructures nécessaires pour produire cette énergie à grande échelle, il est peu probable que les technologies de fusion contribuent significativement à l’atteinte du net 0 d’émissions de CO2 en 2050. »
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