Mercure est une planète qui a toujours été un peu délaissée par l’exploration spatiale, malgré deux missions américaines dans les années 1970 et 2000. Non seulement elle s’avère difficile d’accès à cause de sa proximité avec le Soleil (58 millions de kilomètres seulement), mais sa surface abrite des conditions infernales, avec absence d’atmosphère et chaleur extrême. Cela la rend peu propice à l’exploration et la rend impossible à l’habitabilité. Elle n’est toutefois pas sans intérêt.
L’Agence spatiale européenne a décidé d’aller percer les secrets de Mercure en partenariat avec l’agence spatiale japonaise. La mission BepiColombo, qui comprend deux sondes MPO (Europe) et Mio (Japon), arrive dans la dernière partie de sa mission. La plus critique, en réalité.
Étudier Mercure sous tous les angles
La mission a entamé une opération délicate jeudi 3 septembre : les deux sondes, attachées ensemble, se sont enfin séparées du module de propulsion dans les alentours de Mercure, à 63 millions de kilomètres du Soleil. Les pieds qui reliaient les deux parties ont été découpés puis les sondes se sont éloignées du propulseur à une vitesse de 40 centimètres par seconde, ce qui est peu. Une manœuvre extrêmement délicate dans des conditions extrêmes (températures montant jusqu’à 450 degrés, auxquelles s’ajoutent les rayonnements solaires). Obstacle supplémentaire, elle a dû être effectuée à des millions de kilomètres de distance, comme le précise Ignacio Tanco, responsable de mission à l’ESA à l’AFP (via Le Monde) :
« A cette distance, toute opération en temps réel est impossible. Nous pouvons effectuer des vérifications à partir du sol, mais entre le moment où nous les réalisons et celui où la commande parvient au véhicule, au moins trente-deux minutes se sont écoulées et la situation peut avoir changé. »
Fort heureusement, l’opération s’est déroulée sans encombre. L’étape suivante sera d’entrer dans l’orbite de Mercure, puis, en décembre, les deux sondes se sépareront, allant rejoindre leur positionnement préétabli. En avril 2027, elles devraient arriver dans leur destination finale. La sonde Mio sera ainsi placée en orbite haute (590 x 11 640 km) et se chargera d’étudier l’espace proche de Mercure, notamment sa magnétosphère. La sonde MPO, plus basse (480 x 1 500 km), scrutera le sol. Avec divers instruments, elle cartographiera en 3D la surface de la planète grise et analysera sa composition.

Mercure, une planète difficile à atteindre
Mercure est une planète délicate à explorer. Une difficulté que l’on doit à sa proximité du Soleil, avec sa gravité importante qui vient perturber les trajectoires. La mission BepiColombo a été lancée en 2018, il a donc fallu 8 ans pour atteindre son objectif. Nulle question d’y aller en ligne droite, puisque la sonde a dû se servir des orbites des autres planètes du système solaire pour soigner sa trajectoire. Elle est ainsi passée autour de la Terre, puis deux fois autour de Vénus avant d’effectuer six survols de Mercure dans le cadre de sa manœuvre d’assistance gravitationnelle. Ajoutons à cela que l’ESA a été obligée de rallonger la mission d’un an à cause d’une perte imprévue de puissance. Un véritable tour de force scientifique qui va porter ses fruits.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.