Resident Evil est de retour avec Requiem ! Un volet qui a la lourde tâche de démarrer un nouvel arc narratif et de proposer de la fraîcheur. Pour séduire, les développeurs de Capcom ont fait le choix de reprendre ce qui a marché par le passé. Le but est de satisfaire tous les fans, aussi bien ceux qui adorent la trilogie originelle que les derniers titres horrifiques en passant par les épisodes axés sur l’action. Le résultat ? Une sorte de menu maxi best-of Resident Evil et la formule fonctionne étonnamment bien. On y a joué.
Retour aux origines
Resident Evil Requiem démarre une nouvelle histoire qui se base sur celle de la trilogie originale. Grace Ashcroft, une jeune enquêtrice du FBI, travaille sur une série de meurtres étranges. Les survivants de Raccoon City se font tous assassiner les uns après les autres. En parallèle, Leon Kennedy tente aussi de démêler l’affaire. Une histoire qui va amener nos deux protagonistes à se croiser et se recroiser dans des endroits épouvantables. Pas de scénario à choisir au début de partie, puisque nous jouons les deux héros à tour de rôle.

Requiem, c’est en réalité deux jeux en un. Resident Evil est une saga qui a toujours oscillé entre l’horreur pure et l’action décomplexée ; Requiem a fait le choix de ne pas choisir. Aux commandes de Grace, nous avons un pur jeu d’horreur, avec une héroïne démunie en ressources et sans cesse poursuivie par des monstres hideux qui se baladent dans les niveaux (un système hérité de Mr. X de Resident Evil 2 Remake). C’est avec elle que Requiem offre sans doute les moments les plus terrifiants de la saga. Un passage dans des souterrains a fait bondir notre rythme cardiaque à plusieurs reprises, nous n’en dirons pas plus. Capcom maîtrise son sujet sur le bout des doigts et le prouve.

Quand on incarne Leon, en revanche, c’est un tout autre jeu qui s’offre à nous. Véritable tank sur pattes, il rafale tout sur son passage. L’accent est mis sur l’action, le scoring, le fan service et une mise en scène digne des meilleures séries Z. C’est aussi avec lui que nous vivons les passages les plus originaux, à la limite de l’expérimentation où la bouffonnerie de la mise en scène est assumée à 100%. Cette dichotomie détonne, mais fonctionne étonnamment bien. Quel plaisir de rouler sur tous les zombies avec Leon, quand on a passé deux heures à stresser avec Grace ! Pas de personnage privilégié ici, puisque le temps de jeu est équitablement réparti entre les deux. Cerise sur le gâteau, Capcom laisse le choix aux joueurs entre la vue à la première personne et la troisième (qui fait moins peur). On aime cette flexibilité.

Tour à tour, nos deux personnages sont lâchés dans des niveaux labyrinthiques au level design très malin, entrecoupés de passages plus linéaires. La progression n’a pas changé depuis le premier jeu en 1996 : trouver telle clé pour ouvrir telle porte, qui amène à une énigme, qui se débloque avec un bidule qui se trouve à l’autre bout d’un manoir etc. Le sel, c’est évidemment la mise en scène ainsi que les monstres invincibles qui se baladent dans les niveaux. Une formule redoutable. On n’arrive pas à décrocher tant qu’une énigme reste en suspens.

Alors, on y joue ?
Resident Evil Requiem est une grande réussite. Avec ses deux gameplays distincts, nous craignions qu’il s’éparpille, ne trouvant pas le ton juste. Capcom a réussi à éviter le piège avec un rythme très maîtrisé, et surtout un level design intelligemment conçu. Le premier « gros » niveau, la clinique, est un exemple à suivre en la matière. Son modèle, c’est évidemment le commissariat de RE2 Remake (2019). Si vous l’avez fait, vous serez en terrain connu. Les autres zones (que nous ne dévoilerons pas) sont certes moins inventives, mais restent dans le haut du panier.

Requiem est à la fois un jeu d’action très amusant, oserait-on même dire un peu débile, mais aussi un très grand titre d’horreur. Capcom a réussi la prouesse de satisfaire tous les joueurs, qu’ils soient attirés par la formule « concon » de RE4 ou qu’ils cherchent l’épouvante pure de RE7. Un titre qui parlera aux fans, évidemment, mais également aux profanes, qui peuvent profiter de ce nouveau départ narratif pour débuter la série.
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