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Alors que le monde a les yeux rivés sur le hantavirus, une épidémie de norovirus touche un autre bateau de croisière : 100 cas confirmés de troubles gastro-intestinaux

Sale période pour l’industrie des croisières : après le MV Hondius, un autre bateau a été frappé par une épidémie. Le Caribbean Princess, un immense paquebot, a vu une partie de ses occupants contaminée par un autre virus ; ses symptômes sont beaucoup moins graves, mais restent très désagréables.

Ces derniers jours, l’hantavirus était au centre de l’attention médiatique après avoir causé trois morts à bord du navire d’expédition MV Hondius. Depuis, ses passagers, dont une Française, ont tous été rapatriés dans une douzaine de pays différents, après confirmation qu’ils avaient bien été contaminés par la souche andine du virus.

Cette fois, c’est le Caribbean Princess qui est concerné ; un navire de croisière de la flotte de l’entreprise américaine Princess Cruises, parti de Fort Lauderdale (Floride) le 28 avril pour une traversée de treize jours dans les Caraïbes orientales. Sur les 3 116 passagers et 1 131 membres d’équipage à bord, 102 et 13 respectivement ont développé des troubles gastro-intestinaux sévères, contraignant la compagnie à mettre en place des mesures sanitaires renforcées. Le responsable : le norovirus, un vieux compagnon des voyages maritimes.

Le norovirus : qu’est-ce que c’est ?

Appartenant à la famille des Caliciviridae, le norovirus est un agent pathogène très fréquent, résistant à bon nombre de désinfectants, lui permettant de survivre plusieurs jours sur des surfaces inertes. Il est d’ailleurs possible que vous l’ayez un jour attrapé, puisqu’il est l’une des causes les plus fréquentes de gastro-entérites aiguës à l’échelle mondiale. Selon l’OMS, il est responsable chaque année de « 685 millions de cas, dont 200 millions concernant des enfants de moins de cinq ans ».

Il se transmet très facilement dans les espaces clos ou semi-clos : hôpitaux, écoles, crèches, centre de vacances, et bien sûr, navires de croisière. Il suffit d’être au contact direct avec une personne déjà malade ou une surface souillée pour le contracter, ou encore d’ingérer des aliments ou de l’eau contaminée. Seules quelques dizaines de particules virales peuvent déclencher une infection, alors qu’il faut parfois des milliers ou des dizaines de milliers de bactéries pour provoquer une intoxication alimentaire.

Très contagieux, ses symptômes surviennent entre 12 et 48 heures après l’exposition : fortes nausées, crampes abdominales, vomissements en jets et violentes diarrhées. Ils disparaissent généralement en deux à trois jours maximum, et il n’existe pas de traitement spécifique pour le soigner.

Dans la grande majorité des cas, il reste bénin, mais la déshydratation qu’il provoque peut amener des complications sérieuses chez les personnes âgées ou immuno-déprimées, ainsi que les nourrissons. Toutefois, dans les pays à faibles revenus, il cause près de 200 000 morts annuellement, car il est impossible de trouver de l’eau propre pour compenser les pertes.

Le Caribbean Princess dans de sales eaux

Le Caribbean Princess est un paquebot long de 290 mètres, disposant de 900 cabines et de 13 ponts, capables d’accueillir à son bord 3 100 touristes et 1 200 membres d’équipage. Il naviguait entre les Bahamas, Porto Rico, les Antilles néerlandaises et la République dominicaine quand l’épidémie a été signalée au Programme de surveillance sanitaire des navires (Vessel Sanitation Program) du CDC (Centers for Disease Control and Prevention), le 7 mai.

La compagnie est obligée de déclarer une épidémie lorsque 3 % de ses passagers sont touchés ; avec 102 cas sur 3 116 personnes à bord, le seuil était dépassé, à 3,3 % exactement.

Princess Cruises a donc réagi conformément à son protocole de gestion sanitaire : isolement des passagers et membres d’équipage malades, renforcement immédiat des procédures de désinfection dans l’ensemble des espaces communs, collecte d’échantillons de selles pour analyses en laboratoire. Les buffets en libre-service ont été suspendus ; le personnel de restauration assurait désormais le service à l’assiette.

Des zones de lavage des mains tenues par le personnel de bord et des distributeurs de gel hydroalcoolique ont été mis à disposition aux points de passage les plus sensibles. Des passagers interrogés par NBC News ont décrit une ambiance à bord restée « étonnamment normale », malgré les restrictions. « La compagnie a pris toutes les précautions pour freiner la propagation », témoigne l’un d’eux. « Ils étaient très professionnels », ajoute-t-il.

Ce n’est pas la première fois que Princess Cruises se retrouve dans la panade depuis le début du printemps 2026. Elle exploite 17 navires de croisière, et l’un d’entre eux, le Star Princess, avait également été touché par le même virus. En tout, 141 passagers et 52 membres d’équipage avaient été infectés lors d’une croisière d’une semaine dans les Caraïbes occidentales.

Le Caribbean Princess a accosté hier, le 11 mai, à Port Canaveral, en Floride, où une décontamination complète du navire a été menée avant tout nouvel appareillage. Il pourrait être tentant de croire à une série noire entre le MV Hondius et ces deux navires, mais ce n’est pas le cas. Le premier est un cas vraiment à part, concerné par un virus peu fréquent. Pour les deux autres, le norovirus est un pathogène qui se retrouve facilement à bord des navires de croisière ; c’est même un grand classique, plutôt routinier pour les autorités sanitaires et les opérateurs touristiques maritimes. Rien de bien grave donc, même s’il est un peu dommage de finir aux biscottes et à l’eau claire dans sa cabine lorsqu’on a dépensé quelques centaines de dollars pour admirer les eaux cristallines des Caraïbes et profiter des spécialités locales des îles visitées.

  • Une épidémie de norovirus a touché le Caribbean Princess, avec 102 passagers et 13 membres d’équipage souffrant de troubles gastro-intestinaux.
  • La compagnie Princess Cruises a mis en place des mesures sanitaires strictes, incluant l’isolement des malades et la désinfection des espaces communs.
  • Le norovirus, très contagieux, est fréquent sur les navires de croisière et provoque des symptômes bénins mais désagréables.

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Par : Gouvernement français
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