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On s’emballe trop sur l’IA : l’avis surprenant de ce chercheur d’Oxford

Un scientifique britannique estime que l’augmentation de la productivité permise par l’IA est peut-être surestimée.

C’est un chiffre choc. Dans une étude publiée cette année, l’OCDE a estimé que 27 % des emplois actuels sont fortement menacés par l’IA. Dans le détail, les experts affirment que les emplois à compétences faibles à moyennes sont les plus menacés par l’automatisation. Et c’est loin d’être la seule recherche à aboutir à ce type de conclusion.

L’IA, la montagne va-t-elle accoucher d’une souris ?

Dans une analyse récente, l’économiste en chef d’Oxford Economics, Adam Slater, se demande quant à lui si l’augmentation de la productivité permise par ces technologies n’est pas surestimée. Cité par Investor Daily, le chercheur souligne ainsi : “Nos données historiques incitent à la prudence quant à l’extrapolation de hausses spectaculaires de la croissance de la productivité à l’échelle de l’économie à partir de l’adoption de l’IA”.

Comment expliquer ce scepticisme ? Le scientifique suggère que ces innovations peuvent nécessiter de très lourds investissements avant de produire des bénéfices. Il faut également former les salariés, ce qui a également un vrai coût. Dès lors de nombreuses entreprises pourraient se montrer prudentes dans l’implémentation de l’IA. Il en va notamment ainsi des PME qui n’en auront peut-être tout simplement pas les moyens.

Quant aux sociétés qui décideront de sauter le pas, il n’est pas certain que les avantages de ces innovations perdurent dans le temps. “C’est une chose d’augmenter les niveaux de productivité d’un secteur donné ou même de toute une économie, mais c’en est une autre d’augmenter de façon permanente le taux de croissance de la productivité”, ajoute Adam Slater.

Et l’expert d’égrainer une série de nouvelles technologies qui auraient dû provoquer un bouleversement de l’activité économique : les avions supersoniques (on pense au Concorde) ou l’énergie nucléaire qui ne se sont pas concrétisés par une explosion de la productivité ni de la croissance économique.

Ces propos ont le mérite de la clarté et d’apporter un peu de nuance dans l’emballement observé autour de l’intelligence artificielle. Cela n’empêche pas le secteur de s’envoler. Pour ne citer qu’un chiffre frappant, le cabinet Tractica estime que ce marché générera 90 milliards de dollars de revenus en 2025. Le gouvernement a de son côté décidé d’investir 2 milliards d’euros dans l’IA dans le cadre de son plan France 2030.

Ce qu’il faut retenir :

  • Un chercheur d’Oxford Economics pense que l’on surestime l’impact économique de l’IA
  • Un apport majeur de ces innovations sur la productivité n’est pas garanti
  • Cela n’empêche pas des investissements massifs dans ce secteur à forte croissance

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