Alors que ses principaux contributeurs refusent de payer, l’Organisation des Nations unies (ONU) décrète l’état d’urgence financière et lance un vaste plan d’austérité. Une situation qu’il ne faut absolument pas prendre à la légère, tant elle reflète l’état du monde actuel.
L’ONU n’a plus assez de liquidités
Fondée en 1945 au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’ONU a pour objectif principal de maintenir la paix et la sécurité internationales, de promouvoir la coopération entre les États et de protéger les droits humains tout en favorisant le développement durable. L’idée était claire : ne pas reproduire ce qu’il s’est passé dans la première moitié du XXe siècle.
Mais il semblerait que certains États membres ne soient plus vraiment intéressés par ces idéaux. L’ONU traverse aujourd’hui une crise de liquidités sans précédent. En 2025, elle avait besoin de 3,5 milliards de dollars pour fonctionner, mais n’a récolté qu’1,8 milliard à mi-parcours, laissant un trou béant dans ses caisses.
En cause, les retards ou refus de paiement des grandes puissances qui devraient pourtant garantir la stabilité de l’organisation. Les États-Unis, premiers contributeurs, cumulent près de 3 milliards de dollars d’arriérés, conséquence directe de la doctrine « America First » et du désengagement multilatéral amorcé sous Donald Trump.
La Chine, deuxième financeur, a elle aussi pris l’habitude de régler ses contributions à la dernière minute, accumulant plus d’1,1 milliard de retard. Le pays a pour habitude d’utiliser ces délais comme un levier politique pour accroître son influence.

Des conséquences concrètes pour les personnes vulnérables
Les arriérés de paiement se sont accumulés pour atteindre 2,4 milliards de dollars, forçant l’organisation à tailler dans ses dépenses pour l’année prochaine : suppression de 2 700 postes, fermetures ou relocalisations de bureaux et une réduction de 17 % de son budget, soit 600 millions en moins. Une austérité inédite depuis 1945, au moment même où les besoins humanitaires et de maintien de la paix explosent. Il y a 30 ans, on recensait 30 conflits armés à travers le monde, contre plus de 120 aujourd’hui, rappelle BFMTV.
Les conséquences de ces mesures sont terribles. Le budget humanitaire de l’ONU a dégringolé, passant de 44 à 29 milliards de dollars en quelques mois. Résultat, au lieu de venir en aide à 180 millions de personnes comme prévu, l’organisme ne pourra en secourir qu’environ 114 millions, selon ses estimations.
Cela va se traduire par la fermeture de 400 centres de soins en Afghanistan, l’arrêt pur et simple de la lutte contre la tuberculose au Bangladesh, ou encore une baisse de 40 % des financements du Programme alimentaire mondial, qui alerte déjà sur des famines imminentes. Le constat est sans appel : la situation de l’ONU reflète l’état d’un monde de plus en plus fracturé sur le plan géopolitique. Et ce sont les plus vulnérables qui en payent le prix.
- L’ONU traverse une crise financière sans précédent, avec plus de 2,4 milliards de dollars d’arriérés accumulés par ses principaux contributeurs.
- Les États-Unis et la Chine, premiers financeurs, retardent ou bloquent leurs paiements.
- L’organisme est contraint de mettre en place un plan d’austérité historique qui réduit drastiquement l’aide humanitaire et met en danger des millions de vies.
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