Hier, l’AFP (pour Australian Federal Police et non Agence France Presse) a annoncé avec fierté les résultats d’une longue collaboration avec le FBI, la DEA, et les polices de 15 autres pays. Cette collaboration sur 3 ans a pour nom de code Opération Ironside et vient de réaliser l’un des plus gros coups de filet contre le crime organisé à l’échelle mondiale. Ce qui nous intéresse ici, c’est comment l’Opération Ironside est parvenue à interpeller 800 personnes, saisir 8 tonnes de cocaïne, 22 tonnes de cannabis, 2 tonnes d’amphétamines / méthamphétamine, 250 armes à feu, 55 voitures de luxe, et plus de 40 millions d’euros en cash ou en crypto ?
Avant tout, il est important de revenir en 2018, lorsque FBI contraint Vincent Ramos de fermer son entreprise Phantom Secure. Cette société canadienne fournissait des smartphones ultra-sécurisés qui ont rapidement attiré les plus grands criminels. Au total, Phantom Secure a permis d’écouler 300 kg de cocaïne, 5 kg de méthamphétamine et 24 kg de MDMA entre 2015 et 2017.
La fausse relève de Phantom Secure
Cependant, suite à la disparition de Phantom Secure, les criminels se sont mis à chercher une nouvelle solution pour contourner les solutions classiques peu sécurisées. C’est alors qu’une nouvelle société fait son apparition sous le nom d’ANOM. Les services proposés par ANOM sont quasi similaires à ce que proposait Phantom Secure. Rapidement, ANOM attire de plus en plus de clients, dont la grande majorité appartient au grand banditisme.
Toutefois, si en apparence ANOM ressemble en tout point à Phantom Secure, un détail à son importance… ANOM est une idée qui a été soumise par une poignée d’agents du FBI suite à la fermeture de Phantom Secure. Il ne s’agit donc en aucun cas d’un service confidentiel et sécurisé, mais d’un cheval de Troie entièrement imaginé et déployé par le FBI dans le cadre de l’Opération Ironside.
Afin d’attirer un maximum de criminels, des agents infiltrés ont décidé d’approcher des pointures du grand banditisme à commencer par Hakan Ayik. Décrit comme étant “l’homme le plus recherché d’Australie”, Ayik aurait été séduit par les services proposés par ANOM, et aurait ainsi converti des centaines d’autres utilisateurs. Grâce à ANOM, le FBI, la DEA, l’AFP, et des dizaines d’autres polices du monde entier ont pu surveiller les conversations, les appels, et autres échanges à travers ces “cryptophones”. Un scénario qui mériterait d’être adapté en une série palpitante.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.
