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PasTech 🍉 Episode 10 : la Nintendo 64, une console « vraiment dĂ©gueulasse Â» ?

C’était il y a 25 ans, la Nintendo 64 arrivait enfin en France. Une console adulĂ©e par certains, mal aimĂ©e par d’autres, mais qui a surtout eu le malheur de croiser sur sa route une certaine PlayStation… Rappelez-vous !

Au milieu des annĂ©es 90, alors que Nintendo est en position de force avec sa Super Nintendo, le constructeur lĂšve le voile sur sa future console, nom de code : Project Reality. Une machine (Ă©galement baptisĂ©e durant quelque temps Ultra 64) dĂ©veloppĂ©e en collaboration avec Silicon Graphics, qui jouait allĂšgrement la carte de la « puissance Â» du haut de ses 64 bits. Alors que le CD se dĂ©mocratise, Nintendo rĂ©itĂšre son amour pour la cartouche, et lance sa Nintendo 64 au Japon en juin 1996, laquelle s’accompagne d’une manette pour le moins « Ă©tonnante Â». A l’occasion de son 25Ăšme anniversaire en France, retour sur cette console Nintendo qui a rapidement divisĂ© les fans de la firme japonaise.

Parce qu’on n’a pas toujours eu un Ă©cran 4K devant les yeux, un smartphone OLED HDR dans la main et des manettes sans-fil sur les genoux, PasTech vous propose un petit retour rafraĂźchissant dans le passĂ©, Ă  la (re)dĂ©couverte de certains produits emblĂ©matiques qui ont fait (ou pas) l’Histoire de la tech. Alors on dit 5, 4, 3, 0, et puis paf, PasTech !

Nintendo 64, 25 ans déjà !

Si vous avez grandi dans les annĂ©es 90, difficile d’ĂȘtre passĂ© Ă  cĂŽtĂ© du phĂ©nomĂšne Nintendo 64. En effet, alors que la Super Nintendo trĂŽne fiĂšrement dans les salons et les chambres de nombreux foyers, les joueurs attendent impatiemment l’arrivĂ©e de la « nouvelle console Nintendo Â». AprĂšs sa console 16 bits, Nintendo dĂ©cide de faire le grand saut, et de proposer directement une machine 64 bits, contrairement Ă  la SEGA Saturn ou encore Ă  la PlayStation, “limitĂ©es” Ă  32 bits. C’est indĂ©niable, la Nintendo 64 va littĂ©ralement Ă©craser la concurrence, et la firme n’hĂ©site pas Ă  vanter la « puissance Â» de sa console dans les magazines de l’époque, de longs mois avant son lancement.

Via Nintendo-Museum

D’ailleurs, dans les magazines spĂ©cialisĂ©s, Nintendo n’hĂ©sitera pas Ă  comparer sa Nintendo 64 Ă  la concurrence, en conseillant notamment aux joueurs d’attendre l’arrivĂ©e de la console, plutĂŽt que de se prĂ©cipiter sur une console 32 bits.

Si la Nintendo 64 trouve son chemin vers les boutiques nippones le 23 juin 1996, il faudra attendre le 1er mars 1997 pour la voir dĂ©barquer en version PAL. Toutefois, les joueurs français vont devoir patienter quelques mois supplĂ©mentaires, puisqu’en raison d’une restructuration chez Nintendo France, la machine dĂ©boulera le 1er septembre en boutiques, au prix de 999 Francs. L’occasion pour les joueurs de dĂ©couvrir enfin cette nouvelle machine, dotĂ©e de quatre ports manette en façade, et qui s’accompagne d’une manette au look dĂ©routant, avec un joystick central et un bouton en forme de « gĂąchette Â» situĂ© sur le dessous du pad.

© Stéphane Ficca / Presse-citron.net

Et pour la petite histoire, si vous vous souvenez avoir achetĂ© votre Nintendo 64 durant l’étĂ© 1997, il s’agissait d’une version EUR importĂ©e, venue d’Allemagne ou encore d’Espagne, et affichĂ©e Ă  un tarif supĂ©rieur au prix « officiel Â» de 999 Francs.

C’est flou, ça bave, c’est quoi ?… C’est la Nintendo 64

Contrairement Ă  ce que l’on pourrait croire de prime abord, la Nintendo 64 arrive dans les boutiques françaises aprĂšs la PlayStation de Sony
 Pas loin de deux ans plus tard en rĂ©alitĂ©. Et force est d’admettre que la nouvelle PlayStation a dĂ©jĂ  Ă©bloui bon nombre de joueurs dans le monde avec Tomb Raider, WipeOut, Resident Evil, Destruction Derby, Crash Bandicoot, Final Fantasy VII
 Certes, la console est commercialisĂ©e chez nous (le 1er septembre 1997) avec Mario Kart 64, Super Mario 64, Turok ou encore Wave Race, mais nombreux sont ceux qui avaient dĂ©jĂ  fait le choix de la PlayStation Ă  l’époque. L’Ă©dition de septembre 1997 du magazine Player One proposait d’ailleurs un “match PlayStation vs Nintendo 64“, au verdict sans appel…

Dans une interview pour Konbini, le streamer MisterMV n’hĂ©sitait pas Ă  revenir sur la Nintendo 64, en qualifiant cette derniĂšre, non sans amour, de « console vraiment dĂ©gueulasse Â». Et force est d’admettre que malgrĂ© son cĂŽtĂ© 64 bits et la promesse sur la boite de la machine “d’images 3D d’une finesse inĂ©galĂ©e“, la console de Nintendo affichait un rendu pour le mois baveux et flou sur nos TV cathodiques de l’époque.

En face, le format CD-ROM souffrait certes de longs chargements et d’une durĂ©e de vie qui peut soulever certaines problĂ©matiques, mais proposait en contrepartie des musiques en qualitĂ© CD (la gestion audio de la N64 est d’ailleurs trĂšs complexe), des cinĂ©matiques, une capacitĂ© de stockage bien plus importante… Par ailleurs, la cartouche Ă©tait plus chĂšre Ă  produire qu’un CD-ROM, d’oĂč le tarif trĂšs Ă©levĂ© des jeux N64 Ă  l’Ă©poque…

Page Nintendo 64
© Presse-citron.net

A ce vilain affichage sur nos TV une raison (parmi tant d’autres) trĂšs simple, l’absence pure et simple de sortie RGB, contrairement Ă  d’autres machines. Certes, il est dĂ©sormais possible de “modder” certaines Nintendo 64 pour sortir un signal RGB sur nos bonnes vieilles TV françaises, mais Ă  l’Ă©poque, il fallait se contenter de cet affichage RCA…

Par ailleurs, la N64 fut la premiĂšre console de Nintendo Ă  devoir affronter un nouveau challenger de taille, Ă  savoir la PlayStation. En effet, dĂšs 1995, Sony inonde le marchĂ© avec sa rĂ©volutionnaire PlayStation, dont le lecteur CD et le cĂŽtĂ© « arcade 3D Â» laissaient alors bouche bĂ©e de nombreux joueurs. Cela sans compter les publicitĂ© incroyables signĂ©es Sony Ă  l’époque, qui firent aussitĂŽt de la PlayStation  « la console du moment Â», en plus d’un cĂŽtĂ© ado/adulte pleinement assumĂ©, face Ă  une Nintendo 64 « Ă  l’ancienne Â» qui prenait, avant mĂȘme son lancement chez nous, un terrible coup de vieux


© Stéphane Ficca / Presse-citron.net

Des jeux exceptionnels, et un cĂŽtĂ© « convivial Â» incroyable

Soyons clairs, malgrĂ© des ventes (et une rĂ©putation) plombĂ©es, entre autres, par la PlayStation de Sony, la Nintendo 64 reste une machine d’exception, de par sa ludothĂšque qui inclut quelques titres mĂ©morables. En effet, si de nombreux Ă©diteurs tiers ont privilĂ©giĂ© la console de Sony (coucou Square Enix et Final Fantasy !), cela n’empĂȘchera pas la Nintendo 64 d’accueillir des titres extraordinaires, Ă  mĂȘme parfois de faire baver d’envie
 le possesseur de PlayStation.

En effet, quand bien mĂȘme nous Ă©tions ravis de pouvoir jouer Ă  Formula 1, Ă  Crash Bandicoot ou Ă  Resident Evil, difficile Ă  l’époque de ne pas Ă©carquiller les yeux la premiĂšre fois que l’on se voit confrontĂ© Ă  GoldenEye 007. Un FPS de toute beautĂ©, dont l’immersion est renforcĂ©e par la manette de la N64, et qui se paie le luxe d’offrir un mode 4 joueurs en local tout simplement survoltĂ©. Idem face Ă  Mario Kart 64, et son cĂŽtĂ© convivial extraordinaire. C’était le cas aussi de Mario Tennis, de Mario Party


Bien sĂ»r, impossible de passer sous silence Super Mario 64, lequel avait rĂ©volutionnĂ© la sĂ©rie, puisqu’il s’agissait alors du premier Ă©pisode intĂ©gralement rĂ©alisĂ© en 3D temps rĂ©el. Il deviendra le jeu le plus vendu de la Nintendo 64 (11 millions d’unitĂ©s) et reste aujourd’hui encore considĂ©rĂ© comme l’un des pionniers du genre plateforme 3D, voire du jeu vidĂ©o en 3D tout court pour certains.

Super Mario 64
© Nintendo

Certes, la Nintendo 64 rĂ©servera aussi son lot de dĂ©ceptions, avec notamment Yoshi’s Story ou encore Kirby 64 : The Crystal Shards, mais n’oublions pas que la console 64 bits de Nintendo a permis la naissance de Zelda : Ocarina of Time, sans oublier l’excellent F-Zero X ou mĂȘme un certain Paper Mario, qui reste aujourd’hui encore considĂ©rĂ© comme l’un des meilleurs opus de la saga. A cela s’ajoutent bien sĂ»r Lylat Wars (la suite de Starwing) et Star Wars : Rogue Squadron pour les amoureux de joutes aĂ©riennes, ainsi que PokĂ©mon, avec pas moins de cinq jeux distincts.

On peut aujourd’hui profiter de nombreux jeux Nintendo 64 directement sur la Nintendo Switch, via l’abonnement Online.

Nintendo pouvait Ă©galement compter Ă  l’époque sur le studio amĂ©ricain RARE, pour lui proposer des jeux incontournables comme Banjo & Kazooie, Diddy Kong Racing, Perfect Dark et l’ovni Conker’s Bad Fur Day. A noter que la Nintendo 64 est la seule console de Nintendo Ă  ne pas proposer le moindre jeu Metroid, et qu’un certain Animal Crossing fut lancĂ© sur la console en 2001, avant d’ĂȘtre portĂ© quelques mois plus tard sur sa petite sƓur, la GameCube. Aujourd’hui encore, 25 ans plus tard, on prend un vrai plaisir Ă  relancer ces titres emblĂ©matiques, via la Nintendo Switch chez certains, mais encore plus en reliant sa Nintendo 64 en RCA sur un Ă©cran cathodique, “comme avant“, histoire d’apprĂ©cier pleinement ce cĂŽtĂ© flou et baveux si dĂ©criĂ© Ă  l’Ă©poque. Oui, oui !

La Nintendo 64, un semi-échec pour Nintendo

Toutefois, malgrĂ© une ludothĂšque fournie, quand bien mĂȘme la console fut boudĂ©e par les Ă©diteurs tiers, la Nintendo 64 n’est pas parvenue Ă  s’imposer, la console affichant environ 33 millions de ventes au compteur, quand la Super Nintendo culmine Ă  50 millions (et la PlayStation Ă  plus de 100 millions).

Fiche Nintendo 64

LancĂ©e avec un support cartouche alors que le monde a les yeux rivĂ©s sur le format CD-ROM, la Nintendo 64 accuse le coup techniquement parlant aux yeux des joueurs, sans oublier ce rendu flou et baveux aujourd’hui caractĂ©ristique de la machine, mais Ă  l’Ă©poque perçu comme un vĂ©ritable dĂ©faut.

Aussi, lancĂ©e en septembre 1997 en France, la Nintendo 64 est remplacĂ©e par la GameCube moins de cinq annĂ©es plus tard, Ă  savoir le 3 mai 2002. Une console cette fois Ă©laborĂ©e avec IBM, NEC et ATI, laquelle abandonne le format cartouche si cher Ă  Nintendo pour privilĂ©gier un format de type mini-DVD. Une console ambitieuse, dont la prĂ©sentation avait fait renaitre l’espoir chez bon nombre de fans de Nintendo, mais qui, malgrĂ© des qualitĂ©s techniques et vidĂ©oludiques Ă©videntes, ne parviendra pas Ă  faire mieux que sa grande sƓur, s’écoulant Ă  seulement 22 millions d’exemplaires. Mais ceci est une autre histoire


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6 commentaires
6 commentaires
  1. Pour ma part j’avais modifiĂ© le cĂąble Peritel de la 64 pour le mettre en Y/C (luminance et chrominance sĂ©parĂ©s) ce qui me donnait une image largement supĂ©rieure au Composite mais bien sĂ»r pas aussi bonne que le RVB, mais c’était vraiment confortable.

    1. Arf, disons que c’est un vieux dĂ©bat pour la Jaguar Ă©tant donnĂ© qu’on est sur une architecture Ă  plusieurs processeurs blabla… Bref, pour plus de clartĂ© (et Ă©viter certains dĂ©bats qui ne mĂšneront de toute façon Ă  rien) la mention Jaguar a Ă©tĂ© retirĂ©e 😉

  2. La grosse blague… Dire que les graphismes de la N64 sont dĂ©gueulasses et mettre une capture d’Ă©cran d’un magazine (qui lui est fait par de vrais journalistes) qui dit le contraire…

    1. A quel moment est-il Ă©crit que “les graphismes de la N64 sont dĂ©gueulasses” ?

      L’expression “console vraiment dĂ©gueulasse” est un petit clin d’oeil amical Ă  une interview de Mister MV. Et dans la seconde moitiĂ© de l’article, il est bien Ă©crit que malgrĂ© un affichage “flou et baveux” (je pense qu’on peut quand mĂȘme arriver Ă  ĂȘtre d’accord lĂ  dessus non ?), la N64 propose des “jeux exceptionnels” et aussi (entre autres) qu’il est “difficile Ă  l’époque de ne pas Ă©carquiller les yeux la premiĂšre fois que l’on se voit confrontĂ© Ă  GoldenEye 007”, sans parler de la “rĂ©volution” Super Mario 64.

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