Pepsi se met au vert. Le géant américain des sodas et snacks, propriétaire de marques comme Gatorade, Cheetos, Doritos ou encore Mountain Dew, accélère son virage vers les colorants naturels. Objectif : répondre à une demande croissante des consommateurs qui veulent des produits plus sains et débarrassés des additifs artificiels.
Des sodas « purs » à une déferlante de colorants
Lors de sa fondation en 1902, Pepsi met en avant l’absence de colorants artificiels dans son soda, se présentant comme « pur ». Une manière de se distinguer d’un Coca-Cola déjà chargé en additifs douteux pour l’époque. Mais au fil des décennies, la marque s’est, comme tous les autres industriels, convertie aux colorants de synthèse, moins chers et plus vifs. Encore aujourd’hui, environ 40 % de ses produits vendus aux États-Unis en contiennent.
Sauf que le vent tourne. « Nous ne lancerons pas un produit que le consommateur n’apprécie pas. Nous devons nous assurer que le produit est bon », assure Chris Coleman, directeur R&D de PepsiCo en Amérique du Nord. Le groupe a donc décidé de réinventer ses recettes et se tourne vers… le potager.
Patates douces violettes, carottes, paprika ou encore curcuma sont désormais testés pour recolorer les boissons et snacks stars de PepsiCo. Mountain Dew et Cherry 7Up pourraient ainsi être colorés avec de la patate douce, tandis que les emblématiques Flamin’ Hot Cheetos s’expérimentent avec du paprika et du curcuma. Côté chips et sauces, les Tostitos Salsa Verde abandonnent les quatre colorants de synthèse pour du caroube.

Des inquiétudes persistantes autour des colorants
Le problème est loin d’être purement esthétique. Six colorants artificiels sont toujours autorisés par la Food and Drug Administration (FDA), agence fédérale chargée d’autoriser les médicaments et substances consommables. Et ce, alors même que plusieurs études suggèrent qu’ils pourraient avoir des effets neurocomportementaux chez certains enfants.
Le plus utilisé, le Red 40, est présent dans près de 26 000 produits alimentaires et boissons aux États-Unis. « Nous pourrions suivre aveuglément la science, mais cela nous mettrait probablement en porte-à-faux avec ce que nos consommateurs croient et perçoivent », admet Amanda Grzeda, directrice senior de l’expérience consommateur chez PepsiCo.
L’entreprise ne veut pas seulement répondre à des impératifs de santé publique, mais aussi à une perception grandissante : celle que les additifs artificiels sont dangereux. Une équation délicate, d’autant que remplacer un colorant peut prendre deux à trois ans de recherche. Il faut trouver l’ingrédient naturel adapté, s’assurer qu’il résiste au temps et à la production industrielle, sans changer le goût ni alourdir les coûts.
L’Europe en avance
À noter que la réalité européenne est toute autre. Ici, plusieurs colorants controversés portent déjà depuis 2010 la mention « peut avoir des effets indésirables sur l’activité et l’attention chez les enfants », et certains sont interdits. Ainsi, les versions européennes de Gatorade, Cheetos ou Doritos utilisent déjà beaucoup plus de colorants naturels.
- PepsiCo veut tourner la page des colorants artificiels et miser sur des ingrédients naturels comme la patate douce, la carotte ou le curcuma.
- Aux États-Unis, six colorants synthétiques restent autorisés malgré des soupçons d’effets sur la santé.
- En Europe, la transition est déjà largement faite, avec des réglementations plus strictes et des produits reformulés depuis longtemps.
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