« On se croirait en 1999 ». Paul Tudor Jones, investisseur en fonds spéculatifs et fondateur et directeur des investissements de Tudor Investment Corporation, n’a pas caché ses craintes lors du forum DealBook organisé récemment par le New York Times, et diffusé sur CNBC. Le milliardaire redoute en effet que la période d’euphorie actuelle sur les marchés ne soit qu’un trompe-l’œil avant un éclatement de la bulle financière qui sera pire que celle de l’année 2000.
« La fin sera très mauvaise »
D’après ce dernier, cet automne rappelle en effet la même période en 1999, lorsque le Nasdaq avait doublé en l’espace de quelques mois avant une chute brutale liée à la faillite de plusieurs sociétés qui faisait partie de l’économie d’Internet naissante. Il prévient ainsi : « Si vous ne jouez pas, vous passez à côté de l’opportunité. Si vous jouez, vous devez… être vraiment heureux, car la fin sera très, très mauvaise ».
D’après lui, le crash sera même plus brutal que ces années-là, car les montants engagés sont encore plus massifs. Il pointe notamment du doigt les taux bas de la Réserve fédérale américaine (ils sont eux même lié à la crainte d’un retour de l’inflation) qui incitent à placer l’argent sur les marchés.
Autre facteur déstabilisant : les montants massifs qui se déversent sur des entreprises d’IA qui n’ont pas encore su trouver le chemin de la rentabilité et qui, pour certaines d’entre elles, n’y parviendront jamais. Interrogé au sujet de la circularité du financement dans ce secteur qui relie des acteurs tels que Nvidia, OpenAI, Oracle, Microsoft, ou AMD à travers des accords sur les centres de données, il précise : « Cette circularité me rend nerveux ».
L’avertissement de Jeff Bezos et Sam Altman
Le milliardaire n’est clairement pas le seul à faire part de son inquiétude. Récemment plusieurs personnalités éminentes du monde de la Tech ont même tiré la sonnette d’alarme à l’image de Jeff Bezos, qui a souligné à ce sujet : « C’est une sorte de bulle industrielle. Les investisseurs ont du mal, dans cet engouement, à faire la distinction entre les bonnes et les mauvaises idées ».
Même Sam Altman, qui doit tout à cette bulle IA, n’a pas masqué sa préoccupation cet été : « Quelqu’un va perdre une somme colossale. On ne sait pas qui, et beaucoup vont gagner des sommes colossales ». Les États-Unis et, par ricochet le reste du monde sont prévenus, d’autant qu’une grande partie de la croissance actuelle américaine repose sur cet élan en faveur de l’IA.
Ce qu’il faut retenir :
- Un célèbre investisseur tire la sonnette d’alarme
- Une bulle financière, qui n’est pas sans rappeler la bulle Internet des années 2000, est sur le point d’éclater
- Les taux trop bas de la FED et l’euphorie autour de l’IA augmentent le danger
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.